Base-Ball City

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L'écriture est mon moteur, le sport son carburant  [+]

Image de Eté 2016
Une chemisette blanche. Le col fermé. La cravate noire. Le pantalon noir. Leurs chaussures noires aussi. Les autres n’aiment pas leur dégaine. Ils les appellent méchamment les corbacs, « Croa, croa » ils font sur leur passage. Pas moi. Je me suis tout de suite rangé de leur côté. Quand même pas en courant leur taper dans le dos ni marcher entre eux deux, faudrait vraiment être plus que taré pour chercher à se foutre la cité à dos, surtout à cette époque du début des vacances, mais n’empêche, dès leur première apparition dans la cité ils m’avaient repéré comme le pas hostile parmi les autres, le visage ouvert dans le groupe fermé.
Ici on n’aime pas les étrangers en général, c’est normal, personne ne veut d’intrus dans sa propriété, c’est partout pareil, nous aussi on se fait jeter si on n’est pas chez nous. Ceux des Audouze on les connaît bien puisqu’on est à l’école ensemble, ceux des Grandes Biennes aussi, on est tous de ce même côté de la ville et pourtant si on se fait prendre un pied sur leur territoire c’est tout de suite dégage, t’es pas d’ici, c’est pas ta cité. Mais au-dessus de l’intrus normal il y a l’intrus bien sapé qu’on regarde comme la peste noire. Bien sapé en semaine c’est l’uniforme des délégués aux emmerdes, des officiels des offices, des représentants, des assureurs, bref, tous ceux qui viennent pas pour donner un grand sourire à nos parents.
Donc, pour ces deux-là, vraiment aucune chance de se faire adopter avec leur chemise blanc nickel, leur cravate et leur futal noirs, surtout qu’en plus il avait pas fallu dix minutes pour savoir par les familles visitées en premier qu’ils avaient un accent étranger, vraiment d’ailleurs.
Moi les Américains je ne suis pas du tout contre, je serais même extrêmement favorable de par ma mère. De par la famille du côté de ma mère, plutôt. Par sa sœur, ma tante, donc, j’ai eu très tôt accès aux Américains. Elle bossait au camp de Chinon et elle était souvent raccompagnée le soir en Buick ou en Studbaker. Ça meublait drôlement la ruelle dans le quartier des p’tits pépés. Après c’était un militaire qui entrait dans la cuisine de mes grands-parents, soit en uniforme, soit en civil, soit un Blanc, soit un Noir, et moi, tout minus alors, sans qu’on me dise rien je trouvais qu’il avait vachement de la tenue. Tout le monde était pour eux dans la petite maison, puisqu’ils venaient tout le temps en Studbaker ou en Buick avec des bouteilles de whisky et des cartouches de Winston plein les bras et qu’après ils emmenaient ma tante au restaurant ou en soirée. Evidemment, si les autres avaient eu le pot d’avoir une tante aussi bien roulée pour attirer les gradés des camps chez eux ils n’en seraient pas à beugler leurs croa, croa qui finalement mettent encore plus en évidence mon sourire de welcome.

« Croa ! Croa ! » font les autres autour de moi, en voyant Paul et John traverser le rectangle d’herbe grasse entouré d’une barre de ciment qu’on appelle la grande pelouse mais qui a plutôt l’air d’un enclos à vaches. John porte la batte posée sur son épaule, comme un manche de pioche. Paul répète des petits lancers de balle secs au creux du large gant de cuir. Hier et avant-hier les leçons m’ont bien plu. Les autres ont fait la gueule mais ils sont quand même restés le long de la barrière à faire semblant de pas regarder. Si ça leur avait pris d’aller ailleurs faire un foot ou déconner cinq minutes avec les bécanes sous le balcon des sœurs Blanche-Neige j’aurais laissé tomber les Amerloques, évidemment je les aurais suivis. Mais les deux jours ils sont restés de l’autre côté de la barrière pendant que j’apprenais à lancer la balle, à manier la batte, et hier en dernier j’ai fini avec l’énorme gant, accroupi dans la position du receveur.
Paul est le plus sympa des deux. John est toujours en retrait, peut-être parce qu’il parle moins bien le français, avec tout le temps l’air de vous attendre à la faute.
— Hello ! Bonjour ! Vous voulez bien jouer base-ball aujourd’hui avec nous ? Naturellement Paul ne s’est pas adressé à moi parce que maintenant quand il dit nous j’en fais partie. John a tendu la batte sans dire un mot à un des autres qui l’a prise, après ils ne pouvaient plus refuser.
Moi j’avais déjà enfilé le gant et franchi avec Paul la barre en ciment qui entoure la pelouse. Paul s’éloigne d’une quinzaine de pas à peu près et il me lance la balle que je réceptionne au creux du gant et je lui renvoie aussitôt. Il donne un nom à chaque lancer, effet cassant, courbe, glissant. On comprend parfaitement bien tout ce qu’il dit avec quand même assez d’accent pour rappeler sa provenance.
John trie les six plus grands puis il dit aux petits « You reguiarde ». Ensuite il sort de son sac à dos des baguettes en plastique de toutes les couleurs qu’il va planter à quatre endroits sur la pelouse.
— Le dayamon, la tieuran. Le pointe are les baises. Le pointe rouge, home-plate, you know ?
Paul est obligé de traduire :
— Le terrain s’appelle le diamant, là et là c’est les bases. Bon, nous allons tenter une partie. John entraîne alors les autres vers le fond de la pelouse, plus loin que la baguette verte qui dépasse des touffes de trèfle. Paul a repris la batte et reste avec moi et mon gant. On regarde John répartir les autres en arc de cercle en leur baragouinant ce qu’ils doivent faire, puis il revient vers nous pendant que les autres attendent, les bras ballants, l’air vachement concernés.
Moi, plus besoin de dessin, j’ai pigé qu’on va mettre en pratique les leçons précédentes. Je me place donc comme je l’ai appris derrière la pointe rouge, la plus basse du losange, l’endroit que John a désigné comme étant le homeplate.
Je m’accroupis, j’ajuste le gant à ma main gauche. Paul vient se placer devant moi, le dos tourné, les jambes bien campées dans son pantalon noir, la batte tenue à deux mains, prêt à amorcer son swing. « Ready ? » demande John, et il lance la balle aussitôt. Paul ne me laisse aucune chance de réceptionner, il frappe la balle en souplesse de manière à l’expédier pas trop hors de portée des autres qui se bousculent pas pour autant pour l’attraper en vol.
En attendant, Paul, lui, il a lâché la batte et il s’est précipité d’une pointe à l’autre, de base en base, pour un tour effréné du diamant. Évidemment il revient au point de départ et claque le point sans problème vu le manque de conviction des autres à réexpédier la balle au plus vite.
Après on tourne, on fait chacun tous les postes, enfin, les autres ne participent pas vraiment malgré toute l’énergie que nous mettons, John, Paul et moi, à les entraîner dans la partie. Ils tiennent la batte comme un balai de chiottes, ils balancent exprès la balle trente mètres au-dessus du batteur pour que personne l’atteigne et même avec le gant ils ne font aucun effort pour attraper la balle qu’on va jusqu’à leur lancer au ralenti.
D’ailleurs ça ne met pas longtemps à s’effilocher. Ceux qui sont au fond à réceptionner lâchent l’un après l’autre et John qui s’était placé avec eux pour les motiver se retrouve vite tout seul.
Moi, d’abord, je ne vois que le jeu et rien d’autre que le jeu. Je suis à fond dans tout ça, il faudrait me capturer au lasso pour m’éliminer. J’enchaîne home run sur home run, swing après swing à m’en arracher les bras, poussé au cul par les « Yeah ! Great ! Fantastic ! » C’est seulement lorsque ma balle tape dans un volet en tôle au deuxième du bâtiment en face avec assez de force pour déclencher un dong ! foireux que la cité se reconstitue autour de moi et que je réalise que nous sommes encore plus que tous les trois sur l’herbe grasse. Les autres se sont regroupés dans l’allée, derrière la barrière, et ils font semblant de nous ignorer mais je les entends ricaner comme des faux-culs, le dos tourné, « Beurk ! baise balle, croa, croa ».
Moi, je suis tellement remonté, je dis à Paul, « Une dernière, please ! » Je dégouline de sueur dans mon tee-shirt, ça frappe à mes tempes et ça me brûle aux joues. Le soleil est pile au-dessus de la pelouse. Il y a bien un bâtiment de chaque côté mais de toute manière ce ne sont pas des gratte-ciel pour donner de l’ombre, juste des gros cubes de cinq étages avec des volets de couleurs différentes. Le mien c’est celui de derrière avec des volets verts. En face c’est les volets jaunes et merci au Bon Dieu des batteurs d’avoir guidé ma balle vers la seule fenêtre où ils étaient fermés.
« Ready ! » je crie à Paul qui me délivre un lancer bien propre, vraiment de connivence, que je frappe à m’en vider le corps une fois pour toutes. Les autres se sont tus. Paul et John ont levé la tête, la main en visière. Ma balle monte, monte devant les fenêtres, escalade les étages et après le cinquième le point blanc jaillit dans le bleu du ciel comme si ma balle s’arrachait à l’attraction de la cité.
Elle a disparu de notre vue. Elle va sûrement prendre l’autre pente du toit et retomber derrière le bâtiment, peut-être même qu’il faudra aller la chercher de l’autre côté de la rue, dans les jardins ouvriers. Paul me donne une tape sur l’épaule en disant quelque chose en américain à John qui me regarde bizarrement.
Je suis rentré chez moi avec la batte sur l’épaule, comme Paul la tient quand ils viennent jouer avec nous. Avant de nous séparer Paul me l’a remise.
— Je pense si tu le gardes ce soir c’est mieux pour nous revenu demain.

J’ai posé la batte debout contre le mur de ma chambre, sous la fenêtre, au pied de mon lit. À table je suis tellement gorgé de base-ball et d’Amérique que ça m’échappe et je le regrette aussitôt. Pourtant je ne suis pas pris en traître vu l’ambiance dans la cuisine et surtout la réputation de mon père à fond pour les ruskoffs, il suffit de l’entendre devant la télé ou la radio ou le journal comme il matraque l’impérialisme américain. Il bosse à la fabrique des bidons, à la galva, à deux coups de pédales de chez nous. Il veut pas qu’on le traite de coco mais cégétiste, c’est affiché avec un autocollant sur le garde-boue arrière de son vélo. Comme il ne s’occupe jamais des potins de la cité il n’était pas au courant, lui, que depuis le début de la semaine deux intrus étrangers faisaient du porte à porte. C’est donc tout à fait par hasard que l’autre soir il avait mis le doigt sur le sujet.
— Dis donc, toi, les vacances c’est pas fait pour flemmarder. Vous glandez pas à longueur de journée sous les fenêtres des voisins, j’espère ?
Je lui avais répondu que non, alors là au contraire, moi et les autres en bas on apprenait un nouveau sport extra avec deux gars supers, un peu comme des moniteurs de gym. Ma mère était intervenue, comme à chaque fois qu’il me questionne :
— Mais laisse-le donc manger tranquillement, ça va refroidir. C’est des Américains, ils ne font rien de mal.

La pente était glissante, on y était allé direct. Puisque chez moi on ne quitte pas la table avant que le calme soit revenu, c’est la loi, j’avais eu droit à une crise banale entre eux deux seulement. Mon père l’avait attaquée avec « C’est ça, vas-y, défends-le comme ton vieux bourgeois de père vous a toujours défendues, toi et ta sœur, on voit où ça l’a menée ta sœur ! » et elle l’avait contré avec « Oh ! la la ! toi et tes prolétaires ! Ah ils sont beaux tes prolétaires ! non mais, regarde un peu autour de nous ! » et elle fait tout le temps pareil, les bras écartés pour montrer notre cuisine et par la fenêtre la cité qui nous entoure. Il faut dire que ma mère elle est un cran au-dessus des bobonnes du quartier, elle travaille aux Galeries, en ville, au rayon prêt-à-porter féminin. On voit la différence quand elle va en courses à la Coopé, elle défile toujours avec un air contrarié.
Mais l’autre soir on n’avait pas dépassé le niveau un des alertes, ma mère avait juste tiré une petite gueule pour la forme jusqu’au dessert. Ce soir j’aurais vraiment dû me bouffer la langue tellement la tension pesait sur nos assiettes. Quand j’ai pris ma place à table, pas un mot, pas de discussion entre eux, même pas une réflexion sur mes mains jamais assez propres ou sur l’accroc à mon tee-shirt. Juste le blop, blop de la soupe dans la casserole et le sifflement du brûleur de la gazinière.
Ma mère tourne la louche en silence, mon père est attablé devant moi avec l’air d’attendre le signal pour me sauter dessus. C’est criant qu’ils ont déjà essuyé un conflit et aucun doute sur le degré de gravité. Normalement toutes les données m’indiquent de pas former plus qu’un petit tas sur mon tabouret, de me contenter d’enfiler les cuillerées dès que la soupe fumera sous mon nez et de gagner les abris sans attirer l’attention. Et pourtant il faut que je l’ouvre. C’est le contrôle de moi-même qui m’échappe. Certainement mes nerfs encore entortillés dans la partie de tout à l’heure et aussi par la responsabilité de la batte dans ma chambre. Je sens que je suis tout rouge aux joues quand je dis que ce tantôt j’ai fait un exploit et que Paul et John m’ont félicité pour ce Grand Slam par-dessus le bâtiment jaune.
Je n’aime pas du tout, mais pas du tout, ce silence qui suit ma déclaration. On dirait que pour la première fois on fait attention à ce que je dis à table. Ma mère sert la soupe. Tous les trois on commence à manger la soupe. Évidemment, en l’absence de toute réaction je ne peux pas me rendre compte si j’ai cherché la provocation ou bien si je voulais simplement faire partager ma fierté à mes parents.
Surprenant, c’est ma mère qui intervient en plein milieu de la soupe alors que pour elle c’est vraiment sacré de la finir tant qu’elle est chaude.
— Oh ! la la ! toutes ces histoires pour rien ! J’en ai marre ! mais marre !
Alors là, mon père montre bien qu’il s’agissait de provocation de ma part en se levant comme une bombe.
— Bon ! On va voir si je suis fou ! Il fonce dans la salle à manger, il dérange même la nappe sur la table en voulant attraper trop vite le dictionnaire en bas du buffet. Il revient moins vite en cherchant dans les pages et il s’arrête à la séparation entre la cuisine et la salle à manger.
— J... Jéo... Jéhovah. Témoins de Jéhovah. Secte religieuse fondée aux Etats-Unis en mille huit cent soixante-quatorze. Tu sais lire, non ? Dis-moi tout de suite que je suis fou !
Toujours avec son dictionnaire il passe derrière nous pour aller dans le couloir. Il revient avec en plus un petit journal gris qu’il tend sous le nez de ma mère. — Et ça ! J’en ai pris un rien que pour te montrer mais je te garantis qu’ils ne ramèneront pas leur doctrine de secte impérialiste décadente de sitôt sur le palier !
Là, il a gagné. Ma mère ne s’interposera plus en ma faveur parce qu’elle craint plus que tout au monde toutes les doctrines quand mon père parle des Russes, des prolétaires ou de la C.G.T et toutes les sectes en général lui font faire des cauchemars. Alors moi, puisque c’est ça, j’enfreins la loi de la table, j’abandonne la moitié de la soupe qui va refroidir et je me précipite au fond du couloir, dans ma chambre.
Mon père ouvre la porte deux secondes après moi. Il n’entre pas, la main sur la poignée, prêt à refermer sitôt expédiée la menace. Mais il reste sidéré de me voir planté devant lui, au milieu de la chambre, à côté de mon lit, avec la batte bien en main, dans la position du swing amorcé dans sa direction, prêt à frapper.
Moi-même, à mon âge, c’est que j’aimerais bien être éclairé sur mon intention réelle.

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Fred Panassac · il y a
Des fréquentations dangereuses... une histoire qui sonne juste, très bien écrite et témoignant bien de l'ambiance spéciale de cette époque. Mon vote.
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Guy Bellinger · il y a
L'atmosphère de la Cité, l'ambiance de Guerre Froide prolongée (j'ai eu un père idéologue comme celui de votre héros mais du côté des Yankees, lui), la problématique des sectes, la psychologie de l'ado et de ses parents, tout sonne juste, tout est amené avec finesse, porté par une écriture précise et efficace. Very good, comme auraient pu dire John, Paul (et pourquoi pas George et Ringo...)
Un tel plaisir de lecture me donne envie de vous présenter ma page, en commençant par "Fatum" (http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/fatum-1), en espérant que ce texte vous procurera un peu en retour, du plaisir.

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Alinev · il y a
Une tranche de société dans le gâteau du sport: très original et bien bâti!
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Leahill · il y a
L'embrigadement, l'intégrisme sournois, les sectes à l'œuvre... Tout ça en filigrane, le sport n'étant ici qu'un prétexte pour suggérer subtilement comment l'innocence peut être dévoyée par des meneurs souvent très bien masqués!
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Utilisateur désactivé · il y a
Votre nouvelle est une page d'enfance très bien racontée. J'ai pris plaisir à vous lire, donc, je vote.
Sur ma page, "le coq et l'oie" (poème/fable) : je vous invite à me lire.

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Nadine Gazonneau · il y a
Une famille et ses conflits . Les attentes différentes, les idées bien ancrées. J'ai beaucoup aimé vous lire. Tilee
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Philshycat · il y a
Très belle écriture !!
Mes textes en lice.
L'avenir de la justice :http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/reecriture
Portrait tragique :http://short-edition.com/oeuvre/poetik/jocaste

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Br'rn · il y a
Tranche de vie pas courante et très bien rendue !
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Keith Simmonds · il y a
Bravo pour cette belle peinture d'une tranche de vie sportive américaine! Mon vote!
Mes deux haïkus, BAL POPULAIRE et ÉTÉ EN FLAMMES, sont en compétition
pour le Grand Prix Été 2016. Je vous invite à venir les lire et les soutenir si le
cœur vous en dit, merci! http://short-edition.com/oeuvre/poetik/bal-populaire
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/ete-en-flammes

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Emma A · il y a
J'ai beaucoup aimé lire votre nouvelle. Elle est comme un instantané permettant de découvrir le monde où a grandi le narrateur. Une page d'enfance intense. Et bien écrite.

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