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Ballerines rosées
Parce que les porter vous feront perdre pied

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Le sol froid rencontra cette ballerine rosée, au fur et à mesure des pas, le sol se mettait à vibrer, à répondre, à s'exprimer face à ce contact régulier. Le sol merveilleusement bien lavé, merveilleusement chaleureux répondit à cet acolyte. D'ailleurs, en parlant de celui-ci, sa commissure se tordait de plus en plus, devenait de plus en plus difforme et disgracieux. C'est dommage, avant que cette ballerine rosée rencontre le sol frigorifié, la forme de celle-ci était époustouflante, était parfaite et neuve. Elle ne pouvait plus faire un pas en arrière, à chaque rencontre, à chaque dialogue avec le sol, sa forme devenait de plus en plus affaissée. La ballerine rosée n'était pas seule, elle était accompagnée de sa meilleure amie. Elles formaient une paire. Au moins, elle ne se sentait pas seule. Les deux amies étaient vêtues d'un magnifique ruban rose, formant à la fin, un nœud parfaitement noué.

Ces ballerines rosées étaient portées par une magnifique jeune femme. En la regardant de plus près, nous pouvions voir que ses sourcils étaient relâchés, ils étaient comme un couple : deux, unis, en enclin avec eux-mêmes et ensembles. Ils étaient paisible, ne montraient pas signe de colère, de tristesse ni de bonheur. Ils étaient seulement là, présents pour ce spectacle. Son front était légèrement plissé, montrant tout de même qu'elle faisait un effort surhumain pour rester impassible, une statue de verre qui bougeait au fil de la musique. Sans émotions, sans paroles, tout était calculé. Ses yeux étaient fermés, nous ne pouvions pas voir que ceux-ci étaient splendides, apportant une intensité pure et magique. Ses yeux étaient bleus azure, mais pas d'un bleu banal, plutôt d'un bleu irréel, peu commun, mais surtout, d'un vrai bleu. Son nez était retroussé, elle avait de petites narines, comment faisait-elle pour respirer convenablement en nous imposant son merveilleux spectacle ? Sa bouche fine, légèrement rosée n'exprimait rien, elle était fermée. Comment faisait-elle pour avoir l'air paisible ? Comment faisait-elle pour supporter ces ballerines rosées ?

Son allure était trompeur, ses ballerines étaient trompeuses. En effet, ces merveilleuses ballerines étaient en fait un cauchemars. Non... bien plus qu'un cauchemars, une torture ! Un mouvement gracieux, lui valait une ampoule, une seconde de souffrance, une seconde de douleur et une seconde de maîtrise d'elle-même. Nous pourrions l'imaginer sans ces ballerines rosées, comment était là-dessous ? C'était bien moins glorieux. Effectivement, il y avait de nombreuses hématomes, de nombreuses plaques, de nombreuses écorchures à cause de ces Ballerines. Étaient-elles aussi splendide après cela ? Méritaient-elles toute cette splendeur, cette beauté ? La réponse était Non.

Bien que son visage n'exprimait aucune douleur, intérieurement, c'était la troisième guerre mondiale. Oui, ces ballerines l'avait déclenchée. A chaque pas, à chaque mouvement, à chaque figure, la petite ballerine pleurait. Elle ne pleurait pas avec des larmes, non, elle pleurait avec des mots. Pensivement, elle se battait, elle se battait chaque jours pour cette troisième guerre mondiale. Chaque soirs, elle désinfectait ses pieds, se massait, se lamentait et se forçait à paraître insensible pour continuer de faire ce qu'il lui plaisait.

Un pas, une écorchure. Un pas, une souffrance. Plus les pieds souffraient, plus les ballerines rosées s'en nourrissaient et paraissaient immortelles. Sa jambe se leva, toucha le haut de sa tête et la musique s'arrêta. C'était fini. Le calvaire était stoppé. Elle posa le haut de ses ballerines rosées à plat, sur le sol. Des applaudissements ne se firent guère tardé. Elle avait réussit. Elle avait encore gagné. Ces ballerines rosées n'étaient donc pas imbattables. Malheureusement, la petite ballerine savait aussi que le lendemain, elle allait reproduire ce qu'elle avait fait, mais cette fois-ci, ce serait deux fois plus intense, plus douloureux et dur. Tout simplement parce que les ballerines rosées n'aimaient pas perdre. Mais elle n'y pensa pas, elle avait gagné après tout.

Le lendemain, la petite ballerine recommença. Mais cette fois-ci, c'était ces ballerines rosées qui avaient gagné. La petite ballerine se tordit la cheville, s'écroula et s'évanouit.

Les ballerines rosées avaient gagné.
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