Aventure extra-ordinaire - Suite 1

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« Tu ne dois jamais, entre nous, te sentir gênée de quoi que ce soit, de ce que tu ressens... »
« Beau parleur ! Je te reconnais bien là... Toi non plus, tu ne devrais pas être gêné...
Et donc, tu ne devrais pas hésiter à te déshabiller pour moi, devant moi...
Tu ne devrais pas plus éprouver de la gêne, de la retenue, quand je t’accompagnerai pour la douche que tu désires. »

Je me rends subitement compte du chemin incroyable que Sophie a parcouru depuis que nous nous sommes croisés.
Elle a pris de l’assurance, elle sait maintenant contourner sa timidité naturelle.
Au fond de moi, je suis ravi qu’elle sache, qu’elle ait envie de jauger jusqu’où elle peut aller, de me provoquer, d’entrer dans la danse de ce qui a été jusqu’à aujourd’hui désirs éthérés, fantasmes littéraires.

« Quand j'aurai exploré tes parfums et que tu auras su me sentir, alors nous viendra l'eau à la bouche.
D'une langue impatiente et délicate, je chercherai les sels capricieux de ta peau, les sucs secrets de ton corps, les sèves les plus rares, celles capables de me troubler par leur subtilité.
Tes saveurs féminines taquineront mes papilles et je croirai alors goûter à la félicité. »

« Tu essaies une fois encore de m’envoûter avec tes paroles et tu y arrives souvent, trop souvent. Et je reconnais que j’aime ça, et même j’adore. Mais, là, maintenant, pour cette rencontre tant attendue et tu sais bien que je la désirais follement, eh bien, je ne vais pas te laisser m’endormir... c’est idiot car bien loin de m’endormir, tes mots m’éveillent toujours follement ! Que fais-tu avec mon miroir ? »

Pendant qu’elle parle, je déplace la lourde psyché en la faisant glisser, je l’approche du canapé dans lequel Sophie est assise et l’oriente face à elle. Puis je m’assois à côté d’elle.

« Une envie subite de contempler ton reflet, comme si je voulais me protéger des ondes de ton corps. Décroise les jambes, rejette les pans de ton kimono, j’ai envie que mes yeux découvrent ta nudité dans ce miroir. »

« Tu es fou, tu es merveilleusement romantique, tu es d’une perversité exquise, tu me troubles... »
Nos regards se croisent dans le miroir.
Je perçois sa respiration et contemple le reflet des frémissements de sa poitrine.
Sans nous quitter des yeux, je sens sa main saisir la mienne. Ses doigts glissent entre les miens.

********** ********** ********** ********** *

« Ma bouche, mon air et mon sang s'imprégneront du goût de ton corps en état de plaisir.
Aux racines de mon cerveau les marques de ta chair s'imprimeront à jamais. »
Sa main m’étreint quand elle murmure :
« Je ne suis que points de suspension
Dans des mots entre parenthèses
Qui veulent dire mais se taisent.
Je ne voudrais être qu'abandon...
Te voici enfin dans ma maison
Et je veux que tu y sois à ton aise. »

« Ici, chez toi, ton air sera mon air, ton goût sera mon goût. »
« Ici, chez moi, je veux respirer ton air et m’enivrer de tes goûts. »
Je reprends ma main, je me lève lentement, je contourne la psyché et me dissimule derrière.
Mais je suis assez grand pour que mes yeux dépassent le sommet du miroir. Je finis de déboutonner ma chemise.
« A quoi jouez-vous ? Pourquoi vous cacher ? Que faîtes-vous ?
Non, je ne veux pas que vous vous déshabilliez comme ça, je veux vous regarder.
En fait, je suis tiraillée... Envie que tu te déshabilles pour moi, devant moi ; mais aussi envie que ce soit moi qui te déshabille, qui te mette tout nu pour moi »

Je lui souris par-dessus le miroir.
« Je vous laisse la liberté d’être tiraillée, chère hôtesse, et suis même prêt à accepter que vous choisissiez entre un strip-tease inédit ou m’en remettre à vos mains... sans doute expertes... à une seule condition...»
Elle éclate d’un rire charmant, j’adore ses fossettes...
« Une condition ? Vous plaisantez, mon doux ami rêveur...
Mais oui, je me rappelle et je sais que vous aussi, je vous avais dit lors de l’une de nos longues conversations téléphoniques, après que vous m’ayez attrapée dans les filets de votre romantisme si sensuel, je vous avais dit que je serai à vous sans condition. Et pourquoi donc aujourd’hui devrais-je accepter la moindre condition ? »

Je vois dans son regard malice et provocation, elle ne cille pas, mais je perçois qu’elle rougit légèrement.
« En fait, chère petite Sophie... »
« Arrêtez, je ne suis pas votre chère petite... »
« Ah bon, vraiment ? Mais alors, qu’êtes-vous donc pour moi ? »
« Je suis celle qui vous reçoit, celle que vous avez séduite,
je suis la maîtresse de ces lieux...Nous nous sommes reconnus il y a longtemps sans nous connaître. Viens, approche-toi de mes pensées, viens plus près, viens frôler mon impatience, entre dans mon jardin secret, fleuris-le de tes poèmes, arrose-le de ton romantisme.
Approche-toi plus près, sens-tu combien je suis émue de t'offrir mon impudeur ? »
Sans dire un mot, mais en fixant ses yeux brillants dans les miens, elle se relève gracieusement, souplement, laisse choir son kimono, s’approche de moi à me frôler, pose les mains sur mes épaules...
« Je devine la condition que tu voulais m’imposer...
Tu voulais que je sois nue devant toi avant de te déshabiller...
ou te dire de te déshabiller...
Dis-moi maintenant, de quoi as-tu vraiment envie ?
Qu’est-ce qui est le plus urgent ?
Que je t’offre un café ou que je t’emmène te doucher ? »
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