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Au pied de "Baise-Nuages" (conte pour Vous)

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Nul n'était jamais monté jusqu'en haut de la montagne Baise-Nuages, mais l'on racontait que, très haut, près du sommet, vivait une tribu de Nuageux, peuple sauvage à la peau rose comme les pêches de vigne et aux yeux de braise. Certes, on aurait pu vérifier cela en y envoyant une expédition, mais cette montagne était vraiment très haute, c'était peut-être bien la plus haute de toutes, et on avait tant d'autres préoccupations que l'on remettait indéfiniment la chose à plus tard. Et puis, de toutes façons, les Nuageux n'embêtaient personne et il n'était pas urgent de leur rendre visite.

Au pied de la montagne Baise-Nuages s’était développée une immense ville du nom de Prospère-Cité. Ses habitants étaient riches, car dans les entrailles de cette montagne gisaient des lits d’« éclats de joie », petits cailloux aux bords irréguliers qui, lorsqu’on les frottait contre sa peau, transmettaient la bonne humeur. Selon la couleur des éclats, ils agrémentaient la bonne humeur, toujours communiquée, d'une qualité supplémentaire. Ainsi, les cailloux bleus, très prisés, insufflaient une touche d'optimisme qui se faisait sentir jusqu’à trois semaines après qu’on s’en soit frictionné ; les cailloux rouges, assez recherchés aussi, déroulaient un fil d'humour chez celui qui l'utilisait ; un voile d'humilité accompagnait la bonne humeur communiquée par les cailloux mauves, les blancs renforçaient l'honnêteté de ceux qui s'en chauffaient la peau et les orange ranimaient la vigueur amoureuse défaillante. Les éclats orange étaient très demandés, allez savoir pourquoi !...

Ces « éclats de joie » étaient l'objet d'un commerce florissant dans le pays et même au-delà des frontières ; mais leur prix élevé les réservait à une clientèle riche et les pauvres gens d’ailleurs ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour faire fleurir la joie et la bonne humeur dans leur cœur. Les mines d' « éclats de joie » faisaient vivre grassement les habitants de Prospère-Cité, que ce soit par l'extraction, le tri, le nettoyage ou le commerce de ses gisements. Cette activité étant très lucrative, les patrons des lits des précieux cailloux étaient généreux avec leurs employés. Aussi, à Prospère-Cité, le luxe et la richesse étaient partout et se répandaient dans une luxuriance illimitée. Chacun avait sa provende de cailloux colorés selon le bienfait souhaité, outre la bonne humeur assurée.

Marine-Aude, quant à elle, veillait à ne jamais manquer d'éclats bleus car, sans eux, toute chose pour elle se projetait dans l'avenir sous de funestes auspices ; sa vie, lorsqu'arrivait le moment où s'évanouissait l'effet bienfaiteur du caillou bleu, semblait être une pièce sombre où gisaient en tous sens une multitude d'objets informes et gris. Marine-Aude conservait ses cailloux dans une marinade d'eau et de pétales de bleuets qui en stimulait les bienfaits. Son époux, Sam Hoitier, veillait à ce que la marinade soit toujours assez abondante pour recouvrir les précieux cailloux car il redoutait de voir l'humeur de sa femme s'enliser dans des marécages sans fond. Marine-Aude était jolie, et faisait merveille à l'accueil du Musée des Eclats de Joie, visité par des touristes du monde entier ; certains revenaient le lendemain même, plus intéressés par le regard topaze de la jeune femme et la pluie de flocons dorés semés sur son visage, que par les gemmes bienfaitrices ; ses cheveux, blond vénitien, étaient coupés assez court et lui faisaient une manière d'auréole bouclée dont les touristes semblaient raffoler. Parfois, l'un d'eux, avant de quitter le Musée, lui proposait de le rejoindre dans des lieux luxueux où il lui promettait des moments merveilleux et des bijoux d'or fin assortis à ses taches de son ; allez savoir pourquoi ! Mais Marine-Aude avait toujours refusé, car le fond de son cœur était sensible et honnête sans qu’elle n’ait jamais eu besoin de frotter son poignet avec un « éclat de joie » blanc. Certains hommes porteurs de ces promesses alléchantes, surtout ceux de grande taille et nantis de dents très blanches, lui faisaient penser à des aimants et attiraient son esprit quelques instants dans un monde à la fois léger, parfumé et puissant. Mais elle songeait bien vite aux bras de Sam au creux desquels lui étaient offerts chaleur, amour, plaisir et tendresse. Aussi, elle déclinait poliment l'offre de l'homme et encaissait en souriant le prix des cailloux par lui choisis.

Le temps avait passé ; Marine-Aude était toujours jolie bien que ses traits aient mûri et que le fin pinceau du temps ait dessiné des arabesques d'argent dans ses cheveux ambrés. Elle n'avait pas eu d'enfant ; allez savoir pourquoi ! L'amour ne suffit pas toujours à jeter loin devant nous les jalons de notre éternité ! Il lui en restait comme un rétrécissement à l'endroit du cœur réservé aux enfants ; ce petit morceau, prêt à enfler dès que l'on engendre, s'était peu à peu atrophié au lieu de s'élancer en bonds vitaux. Parfois, une douleur vive poignait à cet endroit et elle y portait sa main. On lui demandait :
— Avez-vous besoin d'aide ? Voulez-vous un médecin ?
Marine-Aude répondait :
— Oh non ! Merci beaucoup ! c'est juste le petit endroit du cœur réservé aux enfants qui se rétracte et me fait mal !
Tout le monde savait bien de quoi il s'agissait ; tous ceux, en tous cas, qui n'avaient pas pu avoir d'enfant. Alors, on tâchait de la consoler, on la faisait rire, on lui achetait un « éclat de joie » de plus, on buvait ensemble un café dans le hall du Musée, on se réconfortait mutuellement et on oubliait ce petit endroit du cœur réservé aux enfants.

Par un beau matin de mars, peu avant son quarantième anniversaire, Marine-Aude eut une très grosse contrariété : les mineurs annoncèrent que le lit des « éclats de joie » bleus était vide désormais ; on n'avait plus qu'à tirer dessus la couverture régénératrice qui, en réchauffant le lit et en exerçant en son fond de puissantes aspirations de temps en temps, allait provoquer la formation de nouveaux éclats. Mais il faudrait bien sûr attendre dix années exactement pour que les premiers éclats bleus puissent être tirés de leur lit. Marine-Aude fut atterrée par cette nouvelle ; elle n'avait plus, dans sa marinade, qu'un seul caillou de bonne humeur teintée d'optimisme et il était déjà bien aminci par les frottements contre sa peau. Elle se jeta en pleurant dans les bras de son époux ; il fut aussi consterné qu'elle par ce fait nouveau dont il craignait le pire pour leur avenir, étant donné le marasme qui s'abattait sur Marine-Aude dès que les effets de la gemme bleue s'atténuaient. Mais il reprit bien vite ses esprits et lui dit :
— Marine-Aude, ne te désespère pas. Je vais tâcher de me procurer quelques « éclats de joie » bleus auprès de personnes qui n'y tiennent pas particulièrement. Et puis, quand nous n'en aurons plus du tout, tu pourrais peut-être essayer de puiser ailleurs l'optimisme qui manque naturellement à ton cœur ?
Ni l'un ni l'autre ne voyait où puiser cet optimisme essentiel qui faisait défaut à la jeune femme. Mais ils décidèrent de ne pas perdre espoir et se réchauffèrent aux bras l'un de l'autre en attendant mieux et... Allez savoir pourquoi ! Ils s'y trouvèrent si bien, ce soir-là, qu'ils oublièrent le lit déserté par les cailloux bleus et même le monde entier.


Sam rapporta le lendemain à la maison deux éclats bleus, à leur grande satisfaction à tous deux. Et la vie continua, paisible, pleine de bonne humeur et d'optimisme. Cependant, certains habitants de Prospère-Cité, à qui les éclats bleus faisaient défaut, erraient dans les rues, le teint gris, le nez plongeant, le pas traînant ; ils passaient sur la Grande Place dans le triste équipage de leur déprime et se mêlaient aux quelques mendiants étrangers, jetés hors de leurs frontières par la Guerre Rouge qui y sévissait. Ces mendiants, n'ayant jamais été assez fortunés pour frotter leur peau avec les « éclats de joie » et ne se trouvant pas trop malheureux dans cette ville opulente dont les habitants étaient plutôt généreux, dansaient gaiement sur le pavé et leur souriaient sans arrière-pensée, se demandant pourquoi diable ces hommes et ces femmes riches portaient sur eux une telle tristesse.

Tout a une fin, les « éclats de joie » comme le reste. Vint un jour où Marine-Aude ne vit flotter, dans sa précieuse marinade, que quelques pétales de bleuets. Alors, un grand frisson gagna tout son corps. A partir de ce moment, elle s'achemina à grand mal tous les matins au Musée des Eclats de Joie et, y faisant triste figure, ne s'attira bientôt plus le moindre compliment. Les touristes étrangers finirent même par se plaindre à la Direction de l'accueil morose qu'on leur réservait à l'entrée du Musée et Marine-Aude eut droit à une remarque acerbe du directeur. En outre, le petit endroit du cœur réservé aux enfants se racornissait de plus belle, lui faisait mal de plus en plus souvent et, parfois, des larmes noires lui traçaient des sillons fort disgracieux sur les joues. Allez savoir pourquoi ! Marine-Aude prit l'habitude de se regarder dans la glace plusieurs fois par jour, car elle avait cru y percevoir un certain fléchissement de sa beauté dorée, un léger affaissement de ses chairs et des coins de sa bouche fruitée. A force de s'examiner et de constater que les visiteurs ne lui consacraient plus qu'une attention strictement nécessaire, elle devint de plus en plus maussade. Elle pleurait souvent, et ses yeux, au lieu de pétiller de soleil comme avant, se gonflaient de marbrures violacées du plus mauvais effet. Que voulez-vous, il faut la comprendre... Elle consacrait à sa beauté toute l'attention qu'elle ne pouvait accorder à la progéniture qu'elle n'avait pas eue... Et, pouvant passer beaucoup de son temps à entretenir la belle apparence qui était sienne depuis toujours, ce souci l'avait envahie toute entière et ce n'était bien sûr la faute de personne. Le temps ne défigure pas les laids, mais la beauté, elle, est destinée à se gâter et il faut s'armer de beaucoup de courage lorsqu'on naît beau.

Un jour, Marine-Aude n'y tint plus ; sans demander l'avis de Sam, elle se rendit chez Monsieur Abel Botté ; ce monsieur était chaussé de grandes bottes de cuir rouge été comme hiver... Allez savoir pourquoi ! Afin, disait-il, de conserver un galbe parfait à ses mollets dignes d'un jeune athlète. Il prétendait restaurer la beauté des dames un peu mûres. Certes, pour s'assurer ses services, il fallait d'abord amasser une somme exorbitante car il avait pour immuable principe de ne jamais faire crédit. Il opérait en appliquant sur l'endroit voulu des pinçons très violents et d'une précision hautement professionnelle ; ces pinçons dégageaient la peau et il travaillait ensuite directement sur les chairs qu'il oignait de décoctions dont il avait le secret, obtenues à partir de plantes recueillies sur la montagne Baise-Nuages. Ensuite, il triturait la peau, en recouvrait les chairs traitées et modelait le tout avec une poudre constituée de tous les « éclats de joie » mélangés. La patiente ne sentait absolument rien car, avant de s'atteler à la tâche, Abel Botté lui faisait boire une potion de sa fabrication qui l'expédiait au pays des songes pour une demi-journée. Sam Hoitier n'aurait jamais accepté que son épouse se livre aux soins de ce personnage, car il pensait qu'il fallait être fou pour porter en permanence les affreuses bottes rouges dont il était toujours affublé.
— Monsieur Abel Botté, voyez, mes joues deviennent molles et ma bouche tombe. Pouvez-vous remédier à tout ceci ?
— Sans aucun problème, chère Madame.
Abel Botté appelait « chère Madame » toutes ses clientes, reconnaissant qu'il leur était de contribuer à l'accroissement de sa fortune.

Ainsi, Marine-Aude fit retendre ses joues et remonter sa bouche. Elle se regarda dans la glace et trouva alors que ses yeux aussi se mettaient à bailler. Elle n'hésita pas et retourna chez Abel Botté, qui l'attendait ; en effet, celui-ci savait bien que, lorsqu'une dame faisait rectifier quelque chose dans son visage, le reste lui semblait soudain bien fané par comparaison, et elle revenait bien vite demander une rectification supplémentaire. Après les yeux, ce fut le nez qui s'était mis à pendre, du moins le croyait-elle, ce qui est difficile à imaginer quand on sait que son nez était mutin et assez court. Alors la glace lui renvoya, crut-elle, un affreux double menton dont elle commanda aussitôt la suppression. Monsieur Abel Botté fit disparaître le double menton imaginaire, puis il raffermit un cou d'encore assez souple texture pourtant, et il n'hésita pas à raccourcir des oreilles qui, aux dires de Marine-Aude, ressemblaient soudain à des oreilles d'âne. Toutefois, après cette dernière intervention, Marine-Aude n'avait plus un sou. Monsieur Abel Botté lui affirma donc qu'à présent tout lui semblait parfait et qu'il ne voyait plus où il aurait diable pu tordre, triturer, oindre. Marine-Aude, bien qu'insatisfaite, n'eut d'autre choix que d'arrêter là cette cure de pinçons de Jouvence.

De retour chez elle, dont elle s'était absentée un mois entier en prétendant séjourner chez sa sœur, Sam ne la reconnut qu'à grand mal. Il s'alarma de retrouver une femme qui n'était plus vraiment la sienne et refusa tout net de la prendre dans ses bras. Il avait l'impression d'avoir reçu un bon coup sur la tête et n'avait aucune envie d'étreindre cette créature qui ressemblait à Marine-Aude mais qui à coup sûr en était une autre. Soudain, Marine-Aude se plia en deux : c'était encore le petit coin du cœur réservé aux enfants qui la torturait. Elle gémit et, à ce gémissement, Sam la reconnut :
— Oh ! Marine-Aude ! Mais qu'as-tu fait, malheureuse ? C'est donc toi ! C'est donc bien toi !

A partir de ce jour, Sam changea d'attitude. Il se raidit, devint laconique puis distant malgré lui. Il se sentait mal à l'aise ; il avait l'impression d'avoir perdu sa femme et, petit à petit, il s'en éloigna. Marine-Aude, quant à elle, privée de l'optimisme des cailloux bleus et malade de la froideur de Sam, chercha à attirer l'attention des beaux touristes de passage au Musée des Eclats de Joie ; ceux-ci se laissèrent séduire par ce minois charmant bien qu'artificiel et acceptèrent les faveurs que Marine-Aude offrit à droite et à gauche, allez savoir pourquoi ! Sans plus réfléchir, sans plus aimer, sans plus sourire.

La situation était grave. Dans Prospère-Cité, seuls les mendiants étaient vraiment joyeux et répandaient leur bonne humeur spontanée par les rues luxueuses. Qu'allait-il se passer, pendant les dix années où la couverture régénératrice allait œuvrer sur le lit des « éclats de joie » bleus ? A part Abel Botté, personne ne trouvait avantage à cette pénurie de cailloux bleus.

Un matin, un homme arriva dans la ville. Il avait entendu parler du drame qui s'y jouait et prétendait venir à bout du marasme grandissant. Il traînait une carriole énorme, remplie à ras bords de livres. Il passa alors dans les rues et distribua tous ces livres ; quand il n'y en avait plus, le fond de la carriole se remplissait à nouveau, de sorte que tous ceux qui le souhaitaient purent en prendre plusieurs.
— Lisez ! Lisez ! Lisez ! criait l'homme. Mais lisez pour l'instant les livres que je vous offre. Ils débordent de joie, d'humour et aucun marasme n'y a encore jamais résisté. ! Lisez ! Retrouvez votre bonne humeur et votre optimisme et que l'un de vous trouve les mots pour raconter votre histoire ! Un livre de plus n'est jamais un livre de trop !

Marine-Aude eut son livre, elle aussi ; elle s'y plongea et le trouva si drôle qu'elle l'emporta à l'accueil du Musée des Eclats de Joie et le lisait chaque fois qu'elle n'était pas requise par un visiteur. Alors, elle éclatait de rire et son rire brillait encore sur son visage lorsqu'elle rentrait chez elle. Sam, étonné par ce changement, ne réagit pas tout d'abord, empêtré dans sa rancune ; mais la gaieté de sa femme finit par le gagner et il lui demanda ce qui lui était arrivé. Alors Marine-Aude lui prêta le livre et ils rirent tant et si fort tous les deux qu'ils s'enrouèrent.

L'homme qui avait introduit ces livres drôles dans la ville revint quelques jours plus tard, tirant toujours sa carriole. Mais celle-ci semblait vide, juste revêtue dans le fond d'une légère couverture. Il arpenta les rues et s'adressa ainsi aux passants :
— Quand vous aurez fini de lire... Ne sombrez pas dans la tristesse ! Dansez, chantez, courez, réunissez-vous, banquetez, allumez des bougies, prenez pianos et guitare ! Réservez vos « éclats de joie » aux colliers et aux bagues et puisez la joie partout où vos talents vous appellent !

Ainsi parla aux habitants de Prospère-Cité l'homme à la carriole vide. Marine-Aude l'écoutait mais elle avait du mal à lui consacrer toute son attention car, une fois de plus, le petit coin de son cœur réservé aux enfants la faisait souffrir. Elle se tenait le côté et ses yeux brillaient de larmes contenues. Elle s'approcha de la carriole vide et y jeta un regard à la fois étonné et curieux. L'homme lui dit :
— C'est toi que j'attendais, en parcourant les rues. Depuis si longtemps, tu souffres du petit coin de ton cœur réservé aux enfants ! J'ai un cadeau pour toi ; tu as lu mon livre et tu en as tiré profit car je te vois à présent de bonne humeur et presque optimiste. Tu as souffert des pinçons d'Abel Botté car le ciel ne t'a rien donné d'autre que toi-même pour requérir ton intérêt, pour rassasier ton cœur affamé. Tiens ! Regarde !
Et il souleva la couverture légère, allez savoir pourquoi...

Marine-Aude plongea son regard dans la carriole. Et ce qu'elle y vit la tint immobile, paralysée de surprise : un bébé, rose comme les pêches de vigne, la regardait intensément avec des yeux de braise. Un bébé Nuageux.
— Il est pour toi, rien que pour toi, Marine-Aude. Ses parents sont morts, tués par Baise-Nuages un jour où une grande tempête a fait tomber les arbres immenses. Ce bébé Nuageux est pour toi, rien que pour toi, et pour Sam bien sûr. Le petit endroit de ton cœur réservé aux enfants va frémir, s'ouvrir, se développer, plus jamais il ne te fera souffrir !

Marine-Aude pleurait, Marine-Aude riait. Elle se pencha, prit tout doucement le bébé Nuageux dans ses bras, posa deux baisers délicats sur ses joues pêche de vigne et lui murmura à l'oreille :
— Je t'apprendrai à chanter, à danser, à lire, à rire, à jouer, je t'apprendrai tout et quand tu seras grand, tu n'auras pas besoin de frotter ta peau avec les « éclats de joie » qui dorment au pied de Baise-Nuages !

Marine-Aude remercia l'homme, qui répondit :
— Ne me remercie pas ! Grâce à toi, ce bébé Nuageux sera heureux, j'en suis sûr !

Allez savoir pourquoi !



PRIX

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Virginie Ronteix · il y a
On se connaît déjà mais c'est toujours un réel plaisir de vous lire. Un espace de coeur qui frémit.
pour continuer une romance : mais peut-être l'avez-vous déjà lue :http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/meme-pas-peur-4
En compet jusqu'au

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Nathalie Perton Couriaut · il y a
J'ai adoré ce conte! Merci...J'en ai écrit un qui vous plaira peut- être, même s'il n'est pas qualifié: http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/oiseau-de-paradis/ Et pour celle qui l'est: http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/de-corde-et-d-acier
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Many · il y a
Une autre, une autre, une autre... et la voici ! Quelle imagination ! Et une lecture qui transporte. Merci +1
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Blandine Rigollot · il y a
Ce commentaire me fait très plaisir ! Car si vous avez eu les larmes aux yeux en lisant l'histoire de Marine-Aude, je peux penser que mon héroïne est presque vivante, même si elle n'est "que" d'encre et de papier ! Merci pour votre vote.
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Evelcros · il y a
Très joli comte, j'en avais les larmes aux yeux!!
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Eloco · il y a
Et hop un vote ! j'adhère =) Conte au contenu contenant charme et enchantement ! Merci

Dans un autre genre, Si vous pouviez passer lire et voter =) Merci d'avance : http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/divertissoire

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Emma A · il y a
Je suis charmée et enchantée. Très réussi.
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Blandine Rigollot · il y a
Ravie de vous avoir enchantée avec ce conte, et merci pour votre vote !
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Cathy D · il y a
merci pour ce texte enchanteur !!
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Mary Benoist · il y a
Des petits éclats de bonheur bleus ... ça me dit quelque chose. Un vrai conte pour réfléchir, Un vrai conte, fait de philosophie et de poésie, et vraiment très agréable à lire.
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Claire-Solène · il y a
Très inspirant, prenons-en tous de la graine ! Si ça vous intéresse, j'ai par ici une histoire de mendiant joyeux dont la philosophie vous parlera peut-être... http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/je-suis-pas-malheureux
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