Au fil du temps...

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Alors que je venais de quitter Morphée depuis seulement quelques instants et que j’avais calmé les gargouillis de mon estomac depuis peu, je m’apprêtais à sortir pour me rendre à l’école.
A peine avais-je mis le nez dehors que la pénombre et le froid m’envahirent. Les rues étaient vides, ou presque, puisque seules quelques ombres venaient troubler cette tranquillité. Je respirais une grande bouffée d’air avant de m’enfoncer dans l’obscurité. Mes pieds semblaient connaître le chemin par cœur, sans que je doive leur indiquer la direction à prendre.
Après un court instant, je vis au loin le monstre jaune dont les yeux brillaient comme des étincelles. Il s’arrêta à quelques mètres de moi, et comme par enchantement, il ouvrit sa bouche. Une multitude d’ombres s’agitaient pour y monter. La bête semblait prendre son petit déjeuner, sans que personne n’ose la déranger.
D’ailleurs, je faisais moi-même partie du menu et, suivant les ombres, je m’engouffrais aussi dans sa gueule. Une fois à l’intérieur, je constatais que son estomac était assez fort bien aménagé. Nous pouvions confortablement nous installer afin, sans doute, d’y attendre notre digestion. Sur les parois, se trouvaient de grands carreaux qui nous permettaient, assurément, d’observer les environs.
Je constatais que les ombres qui m’accompagnaient dans ce périlleux voyage, étaient du genre humain. Je me souvenais vaguement en avoir déjà croisé. Mais il semblait que comme moi, ils auraient préféré rester sous leur couette.
Brusquement, le titan s’agita et se mit à avancer, peut-être avait-il besoin d’exercice ?
Le décor défilait et de temps en temps on pouvait apercevoir au travers des carreaux, des maisons, des lampadaires et même parfois on croisait d’autres monstres. Les lampadaires devenaient de plus en plus pâles au fur et à mesure que le jour se levait.
Puis, après quelques instants, le monstre sortit de la ville, il ronronnait maintenant de manière régulière.
Peut-être était-ce à la vue de toute cette verdure ? Il devait être ravi, puisqu’il se mit à courir de plus en plus vite.
Une légère brume recouvrait la plaine, laissant apparaître d’étranges formes. Mais plus les rayons du soleil prenaient de la vigueur et plus les formes se rappelaient de leurs noms. Ainsi les montgolfières s’appelaient maintenant arbres ou encore les dinosaures se nommaient moissonneuses.
Maintes fois, le monstre s’arrêta, certainement pour reprendre son souffle. Son ronronnement devenait plus mécanique à mes oreilles. Autour de moi, le chahut se métamorphosait en mots, puis en phrases, qui n’avaient aucun sens pour moi, quelques minutes auparavant.
On entre enfin dans la ville, les maisons laissent apparaître les couleurs de leurs façades, les rues sont agitées, les lampadaires s’éteignent et le monstre s’arrête, déversant tout son déjeuner sur le trottoir. Le temps de sortir, je constate que le monstre a disparu, laissant sa place à un vieil autobus jaune. Je suis maintenant bien réveillée. Mes camarades m’attendent tout en parlant. Je cours vers eux en leur souriant, une nouvelle journée commence...
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