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Au coeur de la Jungle

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Warlord

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La bannière étoilée fixée en haut de son mât se découpait sur le bleu d'azur du ciel vietnamien ce jour de 1969. Trois navires de patrouilles remontaient les eaux boueuses d'une rivière perdue au fond de la jungle. La mécanique des moteurs des PBR ne suffisait pas à couvrir le crachement continu d'une radio portative passant en boucle le rock'n'roll tant critiqué au pays, ce qui ne mécontentait pas particulièrement le caporal Thomas Powell. A vrai dire, la musique était la seule distraction valable ici.
Cela faisait bientôt 5 heures qu'une quinzaine d'hommes remontait la rivière sous la chaleur aussi moite qu'accablante du soleil, tassés sur les minuscules patrouilleurs, beaucoup transpiraient à grosse gouttes. Thomas était de ceux-là, il s'était avachi contre le bastinguage et avait vite fait de retirer sa veste. En revanche il s'était bien gardé d'enlever son casque, il avait vu suffisament de crânes en miettes pour en être dissuadé. Il s'était donc résigné à laisser ses cheveux noirs cuire sous la toile camouflage de son casque. Le caporal Powell jeta un dernier coup d'oeil à la gravure de son Zyppo : Why me ? avant de le ranger dans sa poche de pantalon. Chaque fois qu'il voyait cette inscription, en effet, il se demandait comment un gars de Queensbridge avait bien pu atterir au Vietnam. La plupart des hommes dans les PBR étaient eux-aussi originaires de New York, mais parmi tous, Thomas n'en connaisait véritablement que cinq : le lieutenant Ben Carillo, qui commandait le détachement,
une sorte d'hybride entre un cow-boy et un psychopathe, les frères Jack et Tim Galloway, deux rouquins taillés en armoire à glace et anciens espoirs du football américain, Jim Dawson, un Afro-américain du Bronx qui s'était retrouvé incorporé pour des raisons assez obscures et Ralph Owen, un redneck pur et dur qui n'était jamais sorti de son Alabama natal avant la guerre. Le reste n'était constitué que d'un ramassis de bleus fraîchement arrivés que l'on avait affecté à cette mission de routine pour les acclimater avant de les balancer au feu. Ca ne devait pas être trop compliqué : il y a une semaine, une patrouille fluviale avait repéré un village abandonné au coeur de la jungle, alors on avait envoyé Thomas et les autres pour voir plus en détail de quoi il s'agissait.
La verdeur envahissante de la jungle rendait Thomas mal à l'aise, il pouvait y avoir tant de choses dissimulé là dedans. Il se rappelait encore très bien de sa première expérience du feu: lors d'une patrouille similaire à celle-ci, il s'était retrouvé sous le feu d'une mitrailleuse Vietcong qui avait déchiqueté 3 de ses compagnons. Il avait aussi vu des hommes se faire dévorer vivants par toute sorte d'animaux, se faire tuer par des villageois... En bref, il savait et craignait ce qu'il y avait derrière ce mur de végétation obscur et angoissant.
- Powell, éteignez moi cette saloperie ! On approche ! cria Carillo depuis le patrouilleur à leur gauche.
Thomas éteignit à regret le poste de radio qui commençait à crachoter les premières notes de Paint it Black, remit sa veste et ferma la jugulaire de son casque en ordonnant à Dawson et aux frères Galloway d'en faire autant. Il enroula une bande de scotch autour de ses plaques militaires, vérifia rapidement son M16 et enfila son barda et sa ceinture à munitions avant que le pilote du PBR ne se rapproche du rivage.
- C'est ça leur village à la con ? ne put réprimer Dawson à la vue des cabanes pitoyables qui parsemaient la berge sur une cinquantaine de mètres. D'un côté, Thomas ne pouvait que lui donner raison: ces baraques de planches et de tôles méritaient à peine le nom de hameau, des pirogues éventrées pendaient au bout de leurs attaches le long d'un court ponton de bois soutenu par des bidons en plastique et le tout donnait une impression de délabrement avancé.
- Ca doit te rappeler le Bronx, hein Jim ? lança Thomas, le sourire au lèvres. Cette pique ne récolta qu'un regard faussement meurtrier de Dawson.
- Caporal Powell, explorez les baraques sur la droite, je prends le reste ! aboya Curillo sur son ton sec caractéristique. Thomas lui jeta un coup d'oeil à la dérobée et fut une nouvelle fois fasciné par sa stature imposante et la sorte de prestance qu'il avait dans son uniforme, qu'il complétait par un chapeau de brousse kaki et des Ray-Ban aux verres fumés. Ce type semblait être né dans le seul but de porter cet uniforme.
Les PBR accostèrent enfin le long du ponton et déchargèrent les 14 hommes placés sous le commandement de Curillo et Powell. Les planches de bois flottés grincèrent sous le poids des soldats en armes. Au bout de ponton, les bottes de jungle de Thomas et des autres s'enfoncèrent dans la boue jusqu'à la cheville, ce qui ne manqua pas de faire maugréer Dawson une nouvelle fois.
Curillo aboya ses ordres et tout le monde se déploya le long des baraques. L'équipe de Thomas progressa avec un peu plus de prudence jusqu'à une maison sur pilotis en bord de rivière. Owen monta à l'échelle permettant d'accéder à la seule entrée, qui était recouverte par une sorte de rideau délavé. Arrivé en haut, il déclara qu'il n'y avait pas âme qui vive là dedans. Ils progressèrent alors jusqu'à la maison suivante. Dawson avanca vers la porte, couvert par Thomas et défonça l'entrée d'un grand coup d'épaule. Toujours personne. Et depuis longtemps à en juger par l'effondrement du toit de feuille, l'intérieur semblait, quant à lui ne pas avoir trop souffert bien que ce soit difficile à juger tant il était spartiate.
- C'est quoi ce truc ? fit Jack en ramassant ce qui semblait être un banal bout de bois traînant par terre. Il le leva à la lumière passant par le toit éventré, ce qui révéla un empenage de plume et une pointe qui avait été visiblement durcie au feu. Thomas exprima alors la question des autres:
- Qu'est-ce qu'une flèche comme ça vient faire ici ?
- Sûrement un chasseur, avança Owen.
Thomas invalida aussitôt son argument en montrant du bout de son canon le fusil à moitié enterré dans la boue dans un coin de la pièce.
Une puissante détonation se fit alors entendre, Thomas sortit en trombe pour découvrir qu'une baraque venait d'exploser: les planches fumantes retombaient à peine lorsqu'un hurlement de douleur monta des débris, une sorte de beuglement d'animal blessé. Tous les équipages des PBR stationnés le long du ponton se ruèrent sur leurs mitrailleuses et mirent la baraque en joue.
Thomas ordonna de ne pas tirer et courut vers le lieu de l'explosion. Le cri se transforma alors en râle agonisant.
- J'crois que j'suis touché putain !
En fait, "touché" était un mot bien faible pour décrire l'état du type allongé devant Thomas: sa main droite gisait à 3 mètres de là, son genou gauche n'était rattaché au reste de sa jambe que par quelques tendons et une tâche de sang phénoménale caracolait sous sa veste carbonisée. Les débris d'un autre homme étaient éparpillés à plusieurs mètres à la ronde.
- Qu'est-ce qu'ils ont foutu, bordel ! vociféra Curillo, qui s'entendit répondre par Thomas que la maison avait sûrement été piégée à la grenade.
- Piéger une seule maison sur tout le village ? C'est débile !
Le blessé passa du râle au gémissement en appelant sa mère avant que ces yeux ne se révulsent et qu'il n'émette plus un bruit.
Le visage de tous les bleus avait maintenant un teint de craie. Il régnait un silence assourdissait qu ne fut troublé que par le cri lointain d'un oiseau.
Thomas attendait maintenant les ordres de Curillo, deux morts sur les bras pour une banale mission de reconnaissance sans avoir engagé aucun ennemi allait être plutôt dur à expliquer. Le lieutenant cachait toutes ses pensées derrière ses Ray-Ban fumées mais il se trahissait par la blancheur de ses jointures et les veines qui palpitaient sur ses main. Malgré ses côtés parfois autoritaires et tête brulée, les hommes avaient beaucoup de respect pour Curillo. Thomas, en particulier, admirait la façon qu'il avait de garder son sang froid dans presque toutes les situations en pensant d'abord à la survie de ses hommes. Les doigts de Curillo se déserèrrent lentement. Thomas sut alors qu'il avait pris sa décision.
- On va pousser jusque dans la jungle, Powell, vous fermerez la marche, fit il d'un ton sombre qui ne souffrait d'aucune réplique.
Alors, tout le monde se mit en marche.
















D'aussi loin que Thomas se souvenait, la jungle l'avait toujours terrifié, tous ces arbres avaient un côté profondément oppressant pour quelqu'un qui n'avait connu d'autre forêts que celle de Central Park. Il se sentait particulièrement vulnérable à l'arrière de cette colonne menée à un train d'enfer par Curillo depuis près d'une heure. Sous cette voûte opaque et ténébreuse de feuille et de plantes, Thomas avait oublié le reste du monde, il n'entendait plus rien d'autre que le cri déchirant d'animaux auquels il rêvait dans ces pires cauchemars. Il prêtait attention au moindre petit bruit de bête fuyant entre ses pieds lorsqu'il foulait ce sol étranger. Le bruit des oiseaux volant dans la canopée en frappant les feuilles de leurs ailes lui donnait des frissons. Il savait que ce n'était pas rationnel mais il ne pouvait pas s'empêcher de ne pas se sentir à l'aise dans un tel environnement.
Il n'avait que 22 ans mais cela faisait déjà 3 ans qu'il était là, dans cette jungle. En 3 ans il avait plus vieilli que n'importe qui en toute une vie paisible. Il avait le regard vitreux et sombre de ceux qui ont vu des choses qu'aucun homme ne devrait avoir devant les yeux. On voyait dans ses yeux ce que les honnêtes citoyens du pays essayaient de cacher: le napalm, les lances-flammes, les massacres et tout le reste, "tout ce qui se passait ici restait ici" avait un jour dit Curillo après un de ses coup de sang dans un village. Dans cette jungle, les hommes pouvaient s'affranchir de ce que l'on appellait hypocritement "humanité" et révéler enfin le vrai visage du genre humain. C'est ce qui avait le plus étonné Thomas quand il était arrivé: tuer est inscrit dans l'humanité.
Lorsqu'il était encore un bleu, on avait envoyé son unité capturer deux guerilleros Vietcong dans un petit village. Une fois qu'on les avait pris, on avait aligné sur la "place" centrale les gens qui les avaient abrités et tentés de les couvrir. Un sergent à alors fait passer un Colt parmi les bleus. 5 bleus pour 5 Viets dont 3 enfants. Le sergent a appelé ça le baptême, a demandé à Thomas et aux autres de "mériter leur uniforme". Ce jour là, ainsi que tous les autres, Thomas a mérité le sien.
En fait, Thomas s'est rapidement rendu compte que c'était là que l'on se rendait compte de la valeur d'un homme: lorsqu'il était confronté à la mort. L'homme montrait son vrai visage, peu importe de quel côté du canon il se trouvait. Certains bleus ne se remettaient jamais de la première fois où ils pressaient la gâchette. D'autres y prenaient parfois goût. Ceux qui avait l'arme braquée sur leur tempe pouvait autant s'effondrer que regarder leur tueur dans les yeux. Au fond cela importait peu. Thomas se surprit à penser qu'il connaissait bien mieux certaines personnes que leur propre famille.
Ce qu'il avait vu durant sa dernière permission lui avait mis dans l'esprit qu'il ne se réintègrerait jamais. Il n'avait tout simplement plus le même point de vue qu'avant. Il ne se sentait plus à sa place dans un monde civilisé. Les fanfaronnades machos des jeunes hommes de son âge qu'il avait entendu dans un bar l'avaient doucement fait rire. Eux, se vantaient de leurs exploits face à des "nègres du Bronx", alors que lui taisait tout ce qu'il avait fait et le renfermait dans le coin le plus sombre de sa carcasse en toisant narquoisement ces jeunes coqs prétentieux en sachant pertinemment qu'ils ne tiendraient pas un mois dans la jungle.
La fin du sentier qu'ils suivaient extirpa Thomas de ses pensées et souvenirs. Curillo ordonna alors à Dawson de passer devant en se frayant un chemin dans la végétation épaisse à la machette. La végétation justement, mettait Thomas de plus en plus mal à l'aise: elle se resserait continuellement partout sur eux. La voûte de la canopée devenait de plus en plus opaque ne laissant filtrer que peu de rayons de soleil, la forêt était plongée dans une pénombre presque complète qui rendait chaque mouvement incertain. La chaleur moite devint rapidement étouffante. Les bruits de pas étaient étouffés par le sol, laissant le champ libre aux oiseaux pour chanter leurs macabres cantiques qui avaient le don de faire frissonner Thomas. Il n'avait jamais eu aucun antécédent de claustrophobie mais cette jungle avait décidemment un aspects inquiétant qui le poussa à se retourner subitement: rien. Il était pourtant sûr d'avoir entendu un bruissement de feuille. Il avait l'horrible sensation d'être observé par des dizaines de paires d'yeux attendant le moment propice pour lui sauter à la gorge. Tous ses sens étaient maintenant en alerte et rien ne pouvait enlever cette étrange impression d'être scruté, pas même le poids rassurant du fusil d'assaut contre sa poitrine.
L'envie de se retourner au moindre bruit le démangea à de nombreuses reprises mais il se retint tant bien que mal par peur de ce qu'il allait y trouver.
Soudain un bruissement de feuille plus fort que les autres suscita en lui un réflexe: il se retourna tout en mettant en joue son M-16. Un "Putain" étouffé lui échappa.
Devant lui se tenait un homme famélique avec pour seule tenue une sorte de pagne de feuille et de peau de bête. Thomas n'aurait pas pu définir sa couleur de peau tant elle était peinte d'une couleur qui se fondait parfaitement dans le décor. L'homme était appuyé sur une lance plus haute que lui et terminée par une pointe en pierre.
Thomas mit un certain temps à sortir de sa paralysie devant ce spectacle avant de hurler:
- Stop !
Alors tout le monde se retourna d'un coup et vit l'homme en même temps. Douze armes le pointèrent sans qu'il ne réagisse le moins du monde.
A ce moment précis, tout se passa en même temps: Thomas remarqua le crâne humain pendu à sa ceinture, un sifflement suivi d'un cri aigu déchira le silence de plomb de la jungle, des coups de feu claquèrent en illuminant la pénombre et l'homme disparut dans les fourrés avant que Thomas n'ai compris ce qui s'était passé.









La décharge d'adrénaline qui parcourut le corps de Thomas à ce moment lui donna la présence d'esprit de se jeter au sol. En se retournant, il constata la raison du sifflement qui avait déclenché la fusillade: un homme venait de prendre une flèche dans la gorge. Le spectacle abominable du sang giclant à intervalles réguliers de sa jugulaire l'attira momentanément en dehors de la réalité.
La pénombre de la jungle était illuminée de flashs aveuglants et le silence jusque là pesant était déchiré par le vacarme des chargeurs en train de se vider sur un ennemi invisible.
Du point de vue de Thomas, des flèches volaient depuis tous les côtés en plus de ce qui semblaient être des sagaies.
Il se reprit soudain et s'enfonça derrière l'arbre sous lequel il s'était caché en mettant en joue tout ce qu'il y avait devant lui. Il fit claquer son M-16 à deux reprises jusqu'à ce qu'une flèche venue de nulle part le force à reculer en passant à 30 contimètres de sa tête. En revenant à sa position de départ, il vit Curillo en train de tenter vainement de rassembler ses hommes:
- Reculez ! Dawson ramenez Owen !
En effet, Owen gisait sur le sol, une sagaie brisée en travers de la jambe. Il n'était d'ailleurs pas le seul à être hors de combat puisque Thomas pouvait compter au moins 2 morts et le double de blessés. Une flèche sortie des fourrés transperça le crâne d'un homme tentant de porter scour à l'un d'entre eux. Thomas mit un genou à terre en tirant une rafale avant de hurler:
- Lieutenant, on doit foutre le camp !
Curillo tourna alors la tête pour amorcer une réponse mais une secousse parcourut son dos et une pointe en pierre poisseuse de sang creva sa veste par l'avant. Son corps s'écrasa sur le sol de la jungle. Il était mort sur le coup.
Tout sembla se passer au ralenti pour Thomas. Il ne réalisa que lorsque Dawson lui hurla quelque chose qu'il était maintenant le plus gradé de la patrouille.
Il se mit alors à vociférer de battre en retraite jusqu'au fleuve. Les blessés incapables de marcher furent abandonnés sur le champ et tout le monde se mit à courir dans une pagaille désordonnée pour regagner le chemin les menant au village.
Les branches et les feuilles fouettaient le visage de Thomas durant toute sa course. L'adrénaline l'empêchait de sentir une quelconque douleur ou fatigue, il s'était délesté de son paquetage et n'avait gardé que ses chargeurs qu'il vidait à l'aveugle dans son dos. Sur tout le retour, les flèches et les sagaies continuaient de pleuvoir de tous les côtés. Quelqu'un à sa gauche s'exclama:
- Comment ils font pour nous suivre !
Thomas vit du coin de l'oeil un soldat s'arrêter pour ouvrir le feu dans toutes les directions: avec pour seul résultat de se faire percer de plusieurs flèches.
A force de courir, Thomas perdit rapidement toute notion du temps. La jungle s'éclaircit petit à petit, la végétation se déserra progressivement et leurs poursuivants les lachêrent également sans prévenir. Aucun des survivants ne ralentit pour autant avant l'orée de la forêt qui était sensée les ramener aux PBR.
Lorsqu'ils débouchèrent enfin au milieu des cabanes délabrées, Thomas fonça vers le ponton en hurlant de toute ses forces de partir sur le champ.
Un marin demanda alors ou était passé Curillo et les autres.
- Il y a plus d'autres, on est les seuls, s'entendit-il répondre.
Un cri que Thomas, à demi évanoui d'épuisement, ne put comprendre distinctement retentit et les mitrailleuses se mirent en marche vers la jungle. La fatigue de Thomas lui retomba dessus comme une massue, une fois l'adrénaline passée. Il s'effondra alors quasiment sur le ponton au milieu du ponton. Une paire de bras puissants le hissa sur un PBR, alors que les balles traçantes sifflaient vers les arbres sur une cible que Thomas ne parvenait pas à voir.
L'homme l'avait étendu en travers du pont du patrouilleurs. Thomas le sentit se mettre en marche et virer de bord, toujours accompagné du vacarme des tirs.
Thomas rassemble les dernières forces qu'il lui restait pour s'accrocher au bastinguage et hisser sa tête au dessus du rebord pour voir sur quoi tirait les mitrailleurs: au milieu du village se tenait une vingtaine d'hommes semblant zigzaguer entre les balles. Ils étaient tous plus dépenaillés les uns que les autres et avaient tous le même physique famélique que celui qui semblait avoir lançé l'embuscade.
Le regard de Thomas fut toutefois attiré par un autre homme: il avait une plus grande stature, était plus massif, mais surtout, il semblait porter un uniforme, ce qui ressemblait à des lunettes de soleil et à sa main pendait un revolver.
Thomas, persuadé d'avoir halluciné, se laissa retomber sur le métal chauffé à blanc du PBR.
Alors la tête d'un marinier éclata et son corps s'effondra en travers de celui de Thomas.
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