Après l'équinoxe

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Lauréat
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Vincent, témoin du suicide de sa femme, est de retour sur les lieux du drame. Il cherche des réponses, et dans cette ambiance pesante de fin de

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La nuit était presque tombée, en ce soir du 10 septembre, quand Vincent arriva à l'Hôtel de la Mer. Son trajet avait duré cinq heures depuis son atterrissage sur l'unique aéroport de l'île. Le grand bâtiment blanc lui apparut comme dans son souvenir, posé de manière incongrue à l'extrémité du petit village crasseux. À part lui, il n'y avait pas âme qui vive sur le parking. Le nom de l'hôtel s'affichait sur la façade en lettres lumineuses géantes d'un bleu électrique, et cette installation luminescente baignait l'endroit d'une lueur irréelle, comme un aquarium dans une pièce vide. Pendant un moment, Vincent resta à côté du taxi, profitant de la douceur de ce soir de fin d'été, et prenant la mesure de ce lieu tellement calme et singulier, hors du temps et loin du monde, et il oublia une seconde ce qui s'était passé ici cinq ans plus tôt, il oublia l'enfer qu'avait été sa vie depuis ce moment-là, il oublia aussi pourquoi il était revenu. Il était juste un vacancier harassé par une longue journée de voyage, soulagé d'atteindre enfin son hôtel, impatient d'enlever ses chaussures et de boire un verre. Il sourit.

Un chien hurla et le charme fut rompu. La lumière bleue sembla brusquement froide et agressive, et Vincent frissonna. Il hésita, il était encore temps de changer de destination, il lui suffisait de remonter dans le taxi et de rouler vers un autre hôtel, dans la partie plus animée de l'île. Il était encore temps de tenter de continuer sa vie en pariant sur le fait qu'un jour, il oublierait l'horreur vécue ici, ou au moins que le souvenir du cauchemar perdrait suffisamment de substance pour le laisser vivre, un peu. Le simple fait de formuler ces doutes en pensée lui fit prendre conscience à quel point il était vain d'hésiter. Il passa alors le portail blanc rouillé qu'il avait franchi une première fois cinq ans plus tôt avec Camille. Mais aujourd'hui, Camille n'était plus là.

Rien ne semblait avoir changé dans l'hôtel. Tout était blanc et bleu dans le hall d'entrée et dans la salle de restaurant, dans un coin de laquelle se trouvait le petit bureau de la réception. L'impression générale était plaisante, mais quand on faisait un peu attention, on remarquait la peinture écaillée et les carreaux de faïence ébréchés, signes de la décadence d'une splendeur qui n'avait sans doute jamais vraiment existé. Vincent posa ses bagages et appuya sur le bouton de la sonnette. La salle à manger était vide, il était encore un peu tôt pour le dîner. Il s'approcha de la grande baie vitrée : quelques mètres en dessous se trouvait la terrasse extérieure du bar-restaurant, à laquelle on accédait par un petit escalier blanc. Des petites tables y étaient dressées, chacune éclairée par une lanterne. Au niveau encore inférieur se trouvait la piscine, énorme bassin de béton enchâssé entre les rochers surplombant la mer. À marée basse, elle était déconnectée de l'océan, mais à marée haute les vagues déferlaient à l'intérieur. Des lampes immergées lui donnaient en ce début de soirée la même couleur bleue que celle qui baignait le parking à l'arrivée de Vincent. Il ressentit la même sensation d'irréalité, mais il fut tout de suite saisi par les images de la mort de Camille. Il s'écarta vivement, et s'aperçut que la réceptionniste était arrivée entre-temps et l'observait.

— Bienvenue à l'Hôtel de la Mer ! lui lança-t-elle d'un ton faussement enjoué.
Vincent se demanda si elle l'avait reconnu. Lui ne l'avait pas oubliée. Vincent se remémora qu'elle avait une fille qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, une gamine d'une dizaine d'années qui courait partout dans l'hôtel, et qui passait des heures à nager dans la piscine. Il s'approcha du bureau et lui tendit son passeport. Alors qu'elle se retournait pour le photocopier, elle se remit à parler.
 — Vous n'auriez pas dû revenir, dit-elle d'une voix à peine audible, comme dans un murmure.
— Je vous demande pardon ?
La réceptionniste ne se retourna pas.
— Vous n'auriez pas dû revenir. Il n'y a rien de bon pour vous ici.
Vincent ne sut pas quoi répondre. Il n'était pas venu chercher quoi que ce soit de bon, de toute évidence. Quand la femme se tourna à nouveau vers lui, elle arborait un sourire fatigué et froid. Il prit sa clé et partit s'installer. Il ne descendit pas dîner ce soir-là. Il prit trois somnifères et s'endormit tout habillé.

Le lendemain matin, Vincent prit son petit-déjeuner dans la grande salle vers dix heures, et il lui fallut trois cafés pour faire passer le goût métallique des somnifères. Il s'installa au bord de la baie vitrée. Deux couples âgés et un homme seul entre deux âges se trouvaient là aussi, se levant de temps à autre pour aller jusqu'au buffet. Vincent s'était attendu à être terrassé par l'angoisse, mais pour l'instant ce n'était pas le cas. Il se demanda si son psychologue n'avait pas eu raison lorsqu'il lui avait dit que revenir à cet endroit pourrait l'aider à aller mieux. Mais peut-être était-ce justement parce qu'il n'était pas venu ici pour se sentir mieux qu'il était plus serein.

Lorsqu'il eut fini son petit-déjeuner, il était déjà presque onze heures. Il sortit fumer une cigarette sur la terrasse. Il ne fumait plus qu'occasionnellement, mais être là lui semblait justifier un certain laisser-aller. Une jeune femme était allongée sur sa serviette au bord de la piscine, cinq mètres en contrebas. Elle portait un maillot de bain noir une pièce, et des lunettes de soleil rondes. Ses cheveux très noirs étaient attachés en une simple queue de cheval. Vincent ne put s'empêcher de penser qu'elle était incroyablement... superbe. Aucun autre mot ne lui vint à l'esprit. Il la reconnut soudain : il s'agissait de la fille de la réceptionniste. Cette jeune femme magnifique était en fait la gamine qui courait dans l'hôtel cinq ans plus tôt et dont il s'était rappelé la veille. Son trouble s'accentua quand il comprit qu'elle ne devait pas avoir plus de quinze ans, seize tout au plus. La fille tourna la tête vers lui et lui sourit. Il ne put s'empêcher de lui rendre son sourire, en espérant qu'à cette distance elle n'avait pas remarqué sa gêne. Elle enleva ses lunettes de soleil, les posa et se redressa. En une seconde, d'un mouvement fluide, elle se leva et plongea dans la piscine. La gorge de Vincent se noua lorsqu'il s'aperçut qu'elle avait atteint l'eau exactement à l'endroit où Camille avait sauté le soir de sa mort. Mais contrairement à cette nuit de cauchemar cinq ans plus tôt, la marée était basse, et la mer peu agitée. Les vagues se brisaient contre les rochers deux mètres en dessous du rebord de la piscine, sans menacer d'envahir le bassin, dont l'eau était calme et transparente. Il suivit la gracieuse danse de la nageuse pendant quelques instants, puis remonta dans sa chambre.

Le séjour de Vincent se poursuivit dans une certaine routine. Il se levait entre neuf et dix heures, prenait son petit-déjeuner, puis allait marcher sur la petite route côtière pendant trois heures. Il prenait un sandwich sur la terrasse à son retour et rejoignait ensuite sa chambre, s'allongeait sur son lit et restait plongé dans un état de somnolence propice à la rêverie, mais étonnamment reposant. Vers dix-sept heures, il descendait prendre une bière sur la terrasse, et parfois il y avait là aussi l'homme seul qui séjournait à l'hôtel, ou des touristes de passages qui se désaltéraient au retour d'une randonnée dans la montagne. Il dînait ensuite très tôt, vers dix-huit heures trente, puis remontait dans sa chambre, au cinquième étage. Il s'asseyait alors sur son balcon, et restait là de longues heures, scrutant la piscine et la mer, concentré et attentif au moindre signe. Le bruit lancinant des vagues se faisait parfois oublier, mais à certains moments il n'entendait plus que cela. Vincent fumait régulièrement une cigarette, et le temps passait ainsi, et il y trouvait une sorte de paix. Généralement il finissait par s'endormir sur le balcon vers deux heures du matin, mais un bruit, ou la fraîcheur de la brise le réveillait immanquablement et il allait alors s'effondrer sur son lit.

La fille de la réceptionniste occupait une place centrale dans son quotidien. Il ne lui adressait la parole que pour lui dire poliment bonjour, mais à partir du moment où elle rentrait du lycée, chaque jour en milieu d'après-midi, elle semblait être toujours dans son champ de vision. Il se demanda si c'était elle qui cherchait à être vue de lui, ou lui qui cherchait à la voir, ou bien simplement le résultat de leurs habitudes contingentes. Vincent se rendit compte qu'elle était le seul élément consistant de ses journées, tout le reste était imperceptiblement en retrait, ou bien c'était elle qui était subrepticement en avant. Il craignit d'être en train de développer une obsession étrange pour l'adolescente, et il se força à l'éviter, mais cela ne semblait pas possible. Il ressentait un trouble indéniable en sa présence, et le fait que son âge rendît ce trouble malsain ne faisait que le renforcer. Il se surprenait souvent à l'observer nager dans le bassin. Elle s'y baignait de longues heures tous les jours, souvent jusque tard dans la nuit, même quand la marée pénétrait dans la piscine. Vincent ne pouvait s'empêcher de trembler pour elle lorsqu'elle faisait cela, mais les vagues n'étaient en rien comparables à celles qui s'étaient déchaînées lors de cette funeste nuit, cinq ans auparavant, et à aucun moment la jeune fille n'était en difficulté.

Vincent perdit la notion du temps, et il se mit parfois à souhaiter que son séjour se prolonge. Il ne cessait de penser à Camille, mais cela ne provoquait pas les crises de panique qui l'avaient accablé pendant toutes ces années. Il envisagea même d'aller se baigner dans la piscine, mais plus que le souvenir de Camille, c'est la peur de faire une crise dans l'eau qui le retint. Miraculeusement, il réussissait à ne pas se confronter complètement à ce dont il se rappelait du drame. Il y songeait souvent, mais de manière désincarnée, presque abstraite. Quand il sentait que les portes de sa mémoire allaient s'ouvrir, et que les émotions allaient le submerger, il se forçait à penser à autre chose, et contre toute attente cela écartait l'horrible vision en train de se former. Souvent c'était à la nageuse de l'hôtel (c'est ainsi qu'il la nommait intérieurement, évitant méticuleusement d'apprendre son nom, comme si cela allait constituer une transgression de trop) qu'il pensait dans ces moments-là.

Le 18 septembre, il fit une crise d'angoisse en revenant de sa promenade, et il lui fallut plus d'une heure pour se calmer. Il ne put respirer vraiment normalement qu'en toute fin d'après-midi, il était tellement épuisé qu'il s'endormit et ne se réveilla que juste avant l'heure de son dîner.

Plus tard ce soir-là, la jeune nageuse apparut, juste quelques minutes après que l'éclairage de la piscine se fut éteint. La lune était presque pleine. Il sembla à Vincent qu'elle se tournait vers lui avant de plonger. La marée était haute, mais la mer était très calme et l'eau du bassin parfaitement transparente. La lumière de la lune rendait le ballet aquatique de la fille hypnotique et la regarder lui fit une impression très différente des autres jours. Vincent ne ressentit aucune honte d'observer ainsi une fille aussi jeune. Il la suivit des yeux pendant ce qui lui sembla durer des heures, dans un état de tension extrême, sa concentration aiguë le plongeant parfois dans une somnolence hallucinatoire. Il eut l'impression de ne pas dormir, mais il se réveilla quand même, tout habillé, sur sa chaise longue, à neuf heures du matin.
Il ne sortit pas marcher après son petit-déjeuner ce matin-là. Le ciel était couvert et la mer agitée et écumeuse. Des vagues lourdes d'apparences visqueuses venaient s'écraser contre le bord de la piscine et parfois l'une d'entre elles, plus haute que les autres, submergeait le muret et venait mourir bruyamment dans le bassin. Il se sentit déprimé. Pour la première fois depuis son arrivée, il émit en lui-même l'hypothèse qu'il ne se passerait rien, que son attente était vaine et qu'il lui faudrait bientôt rentrer chez lui et reprendre sa vie. Cela lui sembla au-dessus de ses forces. Depuis la disparition de Camille, revenir ici avait été son unique but. Jamais il n'avait pensé à ce qu'il ferait ensuite, et encore moins à ce qu'il ferait si ce voyage ne menait qu'à une impasse. Il lui vint même à l'esprit que tout cela n'était peut-être effectivement que le fruit de son imagination, que ce dont il se rappelait de la mort de Camille pouvait n'être qu'une construction mentale. Même après huit mois d'internement, et des dizaines de séances avec sa psychiatre, il n'avait jamais frontalement envisagé cette hypothèse, car ce qu'elle impliquait – le fait que Camille se soit en fait suicidée, et aussi la folie pure que serait alors le faux souvenir qu'il avait de cette nuit d'enfer – était trop vertigineux, trop triste, trop impensable, trop insupportable. Mais en ce jour gris d'équinoxe, après cinq ans de dévastation, d'angoisse et d'attente, cette idée germa en lui, et ce fut comme le début de quelque chose qui aurait pu être un soulagement, ou bien au contraire un ultime renoncement.

Vincent s'enfonça dans une torpeur désespérée, au cours de laquelle tout cela tournait en boucle, dangereusement, horriblement : il revoyait Camille, et il n'arrivait plus à voir autre chose que son amoureuse fixant la surface déchaînée de la mer. Puis sautant. Toute la scène était réduite à cela, comme si tout ce qu'il y avait eu autour n'avait en fait jamais existé. Et à l'intérieur il hurlait, parce qu'il savait que la Chose était là, elle devait être là, hors champ, sinon pourquoi Camille fixait-elle la mer, sinon pourquoi ne le regardait-elle pas quand il l'appelait, sinon pourquoi sautait-elle ?! Mais Camille était seule dans la tempête, fixant la surface de la mer en furie. Et elle sautait. Et la Chose aurait dû être là. Vincent savait que la Chose était là, il savait parfaitement comment elle était, mais il ne la voyait plus.

Il était presque seize heures quand il fut soudainement extrait de son cauchemar par des coups frappés à la porte de sa chambre. Il lui fallut quelques secondes pour retrouver ses esprits. Il alla ouvrir, intrigué, car c'était la première fois depuis son arrivée qu'il recevait de la visite dans sa chambre.

C'était la jeune nageuse. Elle était vêtue d'un simple peignoir blanc. Ses cheveux étaient mouillés, elle les avait passés sur son épaule. Il fut déstabilisé, sa première pensée fut qu'elle venait lui dire d'arrêter de l'observer. Il essaya de rester calme, après tout il n'avait rien fait de mal.

— Bonjour... Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Enfin pour vous... ?
Il eut un rire gêné.
Elle ne répondit pas, se contentant de le fixer d'une étrange manière, intense et pénétrante. Finalement, elle posa sa main sur la poitrine de Vincent, d'un geste ferme et doux à la fois.
— Je vais entrer, lui dit-elle, et ce n'était pas du tout une question.

Vincent se recula et elle fut dans sa chambre. Elle ferma la porte très doucement, puis elle se tourna vers lui, et sans le quitter des yeux, elle dénoua son peignoir, et d'un geste très naturel, elle le fit glisser à ses pieds. Elle ne portait qu'un bas de maillot de bain, noir uni. Ses cheveux tombaient en cascade sur sa poitrine nue. Le cœur de Vincent s'arrêta, il ne put détacher son regard de ses seins si beaux, dont il pouvait presque sentir la douceur soyeuse. Sous le choc d'une telle perfection, et du désir qui le traversa, et aussi de la surprise et de la peur de voir cette gamine si belle et si jeune s'offrir à lui, il eut un vertige très fort. La fille le fixait toujours, elle souriait, et dans ce sourire il y avait tout un monde, dans lequel il sut qu'il allait se perdre... Il dut s'appuyer contre la petite table de la chambre. Elle lui prit la main, la sienne était fraîche et ce contact était déjà horriblement agréable. Elle guida la main de Vincent vers sa poitrine, et il était comme paralysé. C'était douloureux et magnifique. Il se rappela alors qu'il n'avait pas touché une femme depuis la mort de Camille, et il se rappela que celle-ci n'était pas une femme mais une enfant. Il retira sa main vivement et se recula. Il respira, et ce fut un soulagement, car il avait été comme en apnée pendant tout ce temps. Alors il ramassa le peignoir de la nageuse et le lui tendit. Puis il s'assit sur son lit, et se mit à pleurer. La fille ne dit pas un mot, elle se rhabilla, puis elle vint silencieusement s'asseoir à côté de lui. Elle lui posa simplement la main sur la cuisse, et cette fois ce geste n'avait plus rien d'érotique. Alors il commença à lui parler.

Il lui raconta tout. Sa rencontre avec Camille, la force de son amour pour elle, les doutes qu'il avait eus parce qu'il pensait qu'elle n'était pas une femme pour lui : trop belle, trop bohème, trop pétillante et mystérieuse. Il lui raconta comme c'était bon de faire l'amour avec Camille, meilleur qu'avec aucune autre avant elle, mais comme elle semblait absente, parfois. Il évoqua leur arrivée ici, leurs premiers jours de leurs vacances, l'impression d'être au paradis. Il lui parla de cette soirée d'équinoxe, de leur dispute parce qu'elle s'était levée pour répondre au téléphone alors qu'ils étaient attablés au restaurant de l'hôtel. Puis il lui dit qu'il était monté seul, et qu'il avait fini par s'endormir, mais qu'il avait été réveillé vers minuit par le bruit de la mer démontée auquel se mélangeait un étrange chant, dissonant et envoûtant. Puis il raconta sa surprise que Camille ne soit finalement pas montée se coucher ; la sensation de malaise qui s'était intensifiée à mesure que le chant bizarre remplissait l'air et lui vrillait le crâne ; sa peur, et l'adrénaline quand il s'était penché au balcon et avait vu Camille debout au bord de la piscine envahie par les vagues furieuses ; et aussi ses cheveux qui s'étaient littéralement dressés sur sa tête quand il avait vu la créature, posée sur un rocher, insensible aux coups de boutoir des rouleaux, déversant dans la nuit pâle et tempétueuse sa mélopée hideuse et merveilleuse, mélopée qui sortait d'une bouche immense et tellement pleine de dents.

À cette jeune fille qu'il venait de refuser pour amante, il prononça le mot qui avait fait de lui un fou aux yeux du monde, et qui lui avait valu d'être interné pendant huit mois : sirène.

Il lui dit la vérité : cinq ans plus tôt, il y avait eu une sirène, une sirène beaucoup plus petite que les sirènes des légendes, mais beaucoup plus réelle et monstrueuse, et c'était elle qui avait attiré Camille dans la piscine mortelle. Il pleura quand il raconta comment il avait hurlé en vain, et comment sa compagne n'avait même pas tourné la tête, et peut-être s'il avait crié plus fort... Il parla du moment où il l'avait vue sauter, et où lui-même avait failli sauter aussi, depuis le balcon, parce que le chant de la sirène était insupportable, et que la disparition de Camille dans les vagues était impossible, et insupportable aussi, et que tout son être lui disait que là en bas tout serait calme.

Vincent lui dit ensuite qu'il n'avait pas sauté parce que tout à coup il n'y avait plus rien, juste la mer grondante et la lune d'ivoire. Plus de sirène, plus de chant, plus de Camille. Il était descendu en criant, réveillant tout l'hôtel, s'était précipité dehors, avait couru au bord de la piscine, hurlant, et en quelques secondes il était couvert d'embruns et de larmes. Il avait cru apercevoir Camille emportée par une vague, mais il faisait trop sombre, la lune était cachée par des nuages à ce moment, et la mer était trop grosse et il avait compris que c'était fini.

Il s'arrêta de parler, il n'y avait plus rien à dire. Sa vie à lui aussi s'était finie à cet instant.

— Je l'ai vue aussi, ta sirène. Elle vient parfois.
La voix de la fille était très douce.
— Quoi ? Elle est réelle, alors !! Je le savais ! Vincent se sentit à la fois soulagé et horrifié. Elle vient souvent ?
— Je ne l'ai vue que trois fois. Dans le village, les gens savent qu'elle nous visite aux grandes marées d'automne et du printemps. Mais pas toujours. Et on m'a dit qu'avant ta femme, il n'y avait pas eu de mort depuis cinquante ans. Depuis... l'accident, les pêcheurs surveillent, et lorsqu'ils la voient, ils la chassent. Avec des pierres. Ils ont peur de la tuer.
— Ils la chassent ? Et elle ne les attire pas ?
— Ils disent que son chant n'emporte que ceux qui veulent partir. Moi je l'ai entendue, mais ça ne m'a rien fait. Il paraît que dans l'eau, sa musique est belle.
— Mais moi je l'ai entendue, et j'ai failli sauter !
— Mais tu n'as pas sauté. Ce n'est pas pour toi qu'elle chantait.
Vincent peina à comprendre ce que ça impliquait. Il pensa que les gens du village auraient pu sauver Camille, ou au moins les avertir. Mais il sut qu'il n'aurait pas cru quiconque lui aurait raconté de telles énormités. Si ce que la nageuse disait était vrai, alors seule Camille aurait pu se sauver.
— Je vais la tuer, affirma Vincent tranquillement, et il se leva, ouvrit son sac de sport et en retira le fusil de chasse sous-marine qu'il avait acheté deux ans plus tôt.
Il le montra à la jeune fille. Il y avait là aussi un casque antibruit vert kaki. Elle le regarda, à la fois surprise et triste.
— Je ne crois pas que tu pourras la tuer. C'est trop dangereux. C'est elle qui te tuera. Et peut-être qu'elle ne viendra pas, les grandes marées sont presque finies pour cette année.
— On verra bien, répliqua Vincent vivement. Si elle ne vient pas cette année, je reviendrai au printemps. Et si elle n'est pas là, moi je serai là dans un an, et après, s'il le faut !

Vincent se sentit exalté d'une manière nouvelle. D'avoir pu, enfin, raconter son histoire à quelqu'un qui ne l'avait pas traité de fou, avait comme libéré une nouvelle énergie en lui. Il comprit à quel point une part lui-même avait été en fait profondément convaincue, depuis toutes ces années, que cette histoire de sirène était probablement – certainement – une invention de sa part pour se protéger de l'inacceptable idée du suicide de Camille. Cette part de lui-même venait de mourir et tout était à nouveau possible. Il reposa le fusil et se pencha sur la jeune fille, qui était toujours assise sur son lit. Il déposa un baiser sur sa joue, et c'était un baiser simplement tendre et joyeux. Il fut à cet instant infiniment content de ne pas avoir cédé à son désir pour elle.

Il sortit sur son balcon, le ciel était d'un bleu très clair, presque blanc, la marée était basse et la piscine parfaitement calme, sans la moindre ride sur l'eau. Il alluma une cigarette. Tout était nouveau. Tout était parfait. Son désir de vengeance n'avait pas disparu, mais il n'était plus la fin de tout. La jeune fille vint le rejoindre. Elle s'accouda au balcon, collée à lui, et il se sentit bien.
— Je m'appelle Vincent, lui dit-il sans la regarder.
— Je sais... Moi c'est Nawasa. Ne me demande pas d'où ça vient, je n'en sais rien ! Une lecture d'adolescence de ma mère, sans doute.
— Alors enchanté, Nawasa.
Il laissa un silence s'installer. Il pressentait que leur relation avait pris un tour singulier, mais il lui restait évidemment un sujet à aborder.
— Pourquoi voulais-tu... – il hésita, ne sachant plus tout d'un coup comment dire cela – faire l'amour avec moi, enfin je suppose ?
— Parce que tu es beau.
Sa réponse fut désarmante de sincérité et de candeur.
— Je t'ai trouvé beau tout de suite. Je me souvenais de toi, tu sais.
— Nous ne pouvons pas faire ça. Je ne peux pas faire ça avec toi. Je ne veux pas. Et toi non plus tu ne le veux pas.
Il trouva étranges ces mots dans sa propre bouche, mais c'était la bonne chose à dire, évidemment, et il espéra qu'elle n'était pas vexée.
— D'accord, répondit-elle simplement.
Ils restèrent ensuite longtemps sans rien dire sur son balcon, face à la mer, et Vincent n'arriva pas à se rappeler avoir passé un moment aussi reposant depuis cinq ans. Puis elle alla nager.

La sirène ne vint pas ce soir-là ni le soir suivant. Le jour d'après, il se mit à pleuvoir, une pluie chaude et drue qui se transforma en une sorte de bruine brouillardeuse dans la soirée. Le lendemain il faisait à nouveau beau. Vincent réserva son vol de retour pour la semaine suivante. Il envoya un mail à son patron et à ses parents. Il se mit à dormir sans somnifères. Il regarda quand auraient lieu les prochaines grandes marées d'équinoxe. C'était au printemps, un tout petit peu moins de six mois plus tard. Il se dit qu'il allait attendre un peu avant de réserver une chambre.

Un après-midi, il partit se balader, au lieu de faire la sieste. Au bout de quelques minutes, il entendit quelqu'un l'appeler. C'était Nawasa. Ils marchèrent deux heures ensemble, elle lui montra une petite grotte au bord de la mer, et un arbre très vieux, beau et biscornu, couvert de gros fruits violets. En rentrant elle lui dit qu'elle allait se baigner, et il eut, lui aussi, envie d'aller nager. Cette simple idée lui fit presque hurler de bonheur, et il éclata de rire en pensant qu'il n'avait pas de maillot de bain. Mais il était le nouveau Vincent, et le nouveau Vincent était en vacances, il avait envie de se baigner, et il n'allait pas se laisser arrêter par un maillot de bain qui lui manquait. Il monta dans sa chambre, enfila un boxer noir, remis son short et descendit à la piscine. Avant d'aller dans l'eau, il effleura le sol à l'endroit où Camille s'était tenue le soir de sa mort, juste avant de sauter. Il ressentit une étrange émotion, mais ce n'était pas de la tristesse. Il ferma les yeux et plongea. L'eau était chaude, comme dans son souvenir. Nawasa, qui s'était arrêtée à l'autre bout de la piscine, lui fit un grand sourire, et Vincent éprouva pour elle une reconnaissance infinie.

Lors de ses derniers jours sur l'île, Vincent passa beaucoup de temps dans l'eau, à la fois sur une petite plage que lui montra Nawasa, et dans la piscine de l'hôtel. Il aurait voulu que son séjour se poursuive, mais il avait aussi hâte de rentrer, de pouvoir montrer à ses parents, ses amis, son psychologue, à quel point il allait mieux, à quel point il était vivant ! Deux jours avant son départ, il décida finalement de réserver dès maintenant une chambre pour le printemps. Après le dîner, il alla voir la réceptionniste et lui demanda la même chambre, pendant dix jours, six mois plus tard. La mère de Nawasa ne sembla pas surprise, et même si elle ne le lui fit aucune remarque, comme lors de son arrivée, il crut lire de la désapprobation dans son regard. Mais rien n'aurait pu entamer sa détermination. Une fois sa réservation enregistrée, il acheta au bar une bouteille d'un vin rouge local, et alla s'installer au bord de la piscine. Il était seul, et en sirotant son vin, au bord de l'eau éclairée par les lampes sous-marines, il repensa à son arrivée, quinze jours plus tôt, ou un siècle peut-être, à tout ce qui s'était transformé en lui depuis ; il repensa à sa vie, et à ce qu'il allait en faire ; il repensa à Camille, et ce fut comme un au revoir, enfin. Alors il pleura, et cela le fit rire, il fut sidéré par l'intensité de l'existence, et lui qui avait toujours été terrifié par la mort et l'absence de sens de la vie, comprit à quel point c'était bien de faire ce chemin terrible et magnifique, et que ce quelque chose là était tellement mieux que le rien.

Il regarda sa montre. Il savait que l'éclairage du bassin allait bientôt s'éteindre, et il n'avait pas envie de se baigner dans le noir, alors il se déshabilla rapidement et plongea, sans même réfléchir. Les reflets bleutés sur les rochers étaient d'une incroyable douceur. Quelques rares poissons jaune et noir nageaient çà et là, et il s'amusa un moment à essayer d'en toucher un du doigt. Il repéra un joli caillou un peu vert, posé au fond de l'eau. Il plongea, et le bassin était un peu plus profond qu'il ne l'avait pensé.

Au moment précis où il allait se saisir de la pierre verte, l'eau commença à chanter. C'était comme si tout le bassin autour de lui s'était mis à résonner, cela lui fit penser au chant des baleines, mais plus aigu, ou parfois plus grave, et aussi plus continu, plus lent, plus profond. Et cette harmonique impossible semblait venir de partout, y compris de l'intérieur de lui. Vincent fut puissamment désorienté, mais il ne ressentit aucune inquiétude, il pensa à une aurore boréale, et cela ne lui sembla pas incongru. Il remarqua de nouveaux détails minuscules dans le bassin bleu : il vit que les grains de sable n'avaient pas tous la même forme, et que de petits coquillages en forme d'escargot avançaient lentement sur les rochers. Il remarqua une méduse diaphane et microscopique qui semblait nager à l'envers. Mais il comprit que c'était lui qui était à l'envers, et cela aussi lui sembla normal, et l'eau chantait toujours.

Soudain il comprit que quelque chose n'allait pas. Et il sut immédiatement ce qui se passait. Alors il tenta désespérément de regagner la surface, mais il ne pouvait plus trouver où elle était. Il tourna sur lui-même, tentant de reprendre ses esprits, d'échapper à cette infernale mélodie. Il se rappela ce que Nawasa lui avait dit : la sirène n'emporte que ceux qui veulent partir. Il hurla en lui-même : « Je ne veux pas partir ! Je veux vivre ! » Alors brusquement le chant s'arrêta, et il vit la surface miroitante, si proche et si lointaine, et il s'élança vers elle. Il y avait là une silhouette agenouillée au bord de l'eau, et avant même d'atteindre l'air libre, il sut que c'était Nawasa. Elle lui tendait la main, et dans un élan désespéré il la saisit, et il émergea, enfin. Il prit une immense inspiration, et il comprit à quel point il avait failli mourir. Il tenait toujours la main de la jeune fille. Il leva la tête vers elle, plein de reconnaissance.

Elle lui sourit, et sa bouche était absurdement grande, et tellement pleine de dents. Nawasa se remit à chanter, et cette fois-ci Vincent sut que c'était la fin. Il hurla, mais elle plongea, l'entraînant vers le fond.
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Kruz BATEk Louya · il y a
Bonne continuation, bravo ! Mes encouragements...
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Viktor Lune Chasseur de mages · il y a
Un super texte qui mérite bien son prix !
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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JH C · il y a
Félicitations :)
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Alexandre Sonntag · il y a
Wow, accroché du début à la fin!
J'ai passé un bon moment au bord de cette piscine!

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Huggun X · il y a
merci beaucoup!
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Felix Culpa · il y a
En grand fan de littérature de ce genre, je vous remercie pour ce très bon moment de lecture ! Je like !
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup, ravi et flatté de vous avoir fait passer un bon moment...!
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
J'ai adoré, merci, mon soutien
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Yanisley E. · il y a
Oui, les nouvelles longues valent vraiment la peine d'être lues. Elles donnent au lecteur le temps de s'immerger dans le texte et à l'auteur de développer son talent de conteur. Les nouvelles longues sont des piscines qui nous conduisent vers la mer. Bravo Huggun X.
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Fred Panassac · il y a
Vous avais-je dit que ces 17 minutes avaient été envoûtantes ? J’avais adoré cette lecture, Huggun X. Je suis ravie de votre Prix.
Toutes mes félicitations !
J’espère que la diminution du format des nouvelles ne nous privera pas de vos histoires.

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Huggun X · il y a
Merci! Le raccourcissement du format va m'obliger à rechercher la substantifique moelle de mes histoires...!
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Viviane Fournier · il y a
bravo à vous !
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Annabel Seynave- · il y a
Je suis heureuse de voir cette histoire très maîtrisée récompensée.
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Joëlle Brethes · il y a
Félicitations, Huggun, pour ce podium mérité 😊💖
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Huggun X · il y a
Merci, même si l'attribution d'un prix du public me semble très étrange au vu du modeste nombre de voix récolté par mon texte.... Mystère !
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Alice Merveille · il y a
La grâce ? 😀
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Huggun X · il y a
C'est une façon optimiste de voir la chose!
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Annabel Seynave- · il y a
J'avoue que je n'ai pas tout compris non plus à ce palmarès ... Mais tant mieux pour votre texte, qui le méritait !
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Phil Bottle · il y a
Bravo Huggun! Victoire bien méritée!
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Keith Simmonds · il y a
Bravo, Huggun !
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Michel Dréan · il y a
Félicitations Huggun !
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Isabelle Levy · il y a
Texte très bien construit qui tient en haleine jusqu'au bout. Bravo
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Gérard Jacquemin · il y a
On se laisse entrainer facilement par la fluidité du récit. Le fantastique de la deuxième partie contraste avec le réalisme du début pour nous emmener vers la chute et cette horrible naïade.
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Huggun X · il y a
Merci de votre retour!
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Fid-Ho LAKHA · il y a
Recit bien mené: au fur et à mesure de la lecture, vous lâchez quelques phrases qui intriguent et on continue inexorablement …On pense fugitivement que Nawasa est la sirène, puis on abandonne l’idée jusqu’au dénouement …Cette histoire se lit comme un polar ! Bravo ! Mes voix et un abonnement !
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup, votre ressenti correspond exactement (et modestement) à l'effet recherché!
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Mireille Bosq · il y a
J'avais beaucoup aimé je renouvelle.
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Fred Panassac · il y a
Un terrifiant suspense jusqu’à la dernière seconde !
C’est très beau. Tout mon soutien !

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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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François B. · il y a
Une atmosphère envoutante pour un beau récit
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Farida Johnson · il y a
Une histoire envoûtante comme un chant douloureux. On éprouve une grande tendresse pour votre personnage. Bravo!
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Pat Vermelho · il y a
La petite sirène revisitée. La comparaison s'arrête là. Le dénouement est tragique, mais aussi peut-être logique pour Vincent et son mal être. Retrouvera t il finalement Camille ? 4 voix.
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Michel Dréan · il y a
Bravo pour cette histoire fantastique dans tous les sens du terme Huggun.
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Guy Bellinger · il y a
L'une des plus belles (et sensibles et délicates et humaines) histoires fantastique's que j'aie lues depuis longtemps. On y résiste aussi peu qu'au chant des sirènes.
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup, je suis flatté par un si beau compliment !
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Morgane Guillot · il y a
Une histoire qui fait froid dans le dos. Le suspense est total jusqu'à la fin. Bravo
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Huggun X · il y a
Merci Morgane!
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Mathieu Kissa · il y a
Captivant du début à la fin. Bravo !
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Viviane Fournier · il y a
Juste glisser mon Bravo .. émerveillé. ..!
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Joëlle Brethes · il y a
Commentaire inchangé, nouveau soutien et... bonne chance !
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Huggun X · il y a
Merci, à nouveau !
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Jean-Louis Blanguerin · il y a
Tous les premiers mercredis du mois, on les entend... et ça fait peur ! Votre histoire aussi...
Mon vote...

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Dominique Claire Fabre · il y a
Je suis d'accord avec Lynne Fontana... ce texte me fait regretter l'abandon des nouvelles longues
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Mome de Meuse · il y a
Un vrai bon récit, une atmosphère séduisante et une chute vraiment réussie. Je soutiens chaleureusement.
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Huggun X · il y a
Je vous remercie alors chaleureusement pour votre soutien, même si celui-ci ne s'est pas concrétisé par un vote! 🤣
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Mome de Meuse · il y a
Désolée, je reviens vite déposer mes 5 voix qui n'avaient pas été enregistrées... Je vous souhaite une belle journée
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Ginette Flora Amouma · il y a
Une relecture n'a rien enlevé de la surprise finale .
Bonne finale à votre texte .

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M. Iraje · il y a
Je me suis à nouveau laissé emporter par la vague !
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Huggun X · il y a
Je suis content de vous avoir permis cette petite évasion aquatique ! Merci!
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Phil Bottle · il y a
Quelle atmosphère! Prenant. On se sent attiré ligne après ligne. Je vous soupçonne d'être le père d'une sirène... mais je vous pardonne parce que j'ai passé un bon moment, d'ou mon soutien.
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Huggun X · il y a
Si vous saviez....!
Merci en tous cas d'être passé me lire, et de votre soutien.

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Lyne Fontana · il y a
Une histoire prenante, à l'atmosphère très bien distillée. J'ai vraiment beaucoup aimé la lire. Elle me fait encore plus regretter l'abandon des nouvelles "longues" sur Short. Bravo
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Huggun X · il y a
Merci! Je le regrette aussi beaucoup...
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Maria Angelle · il y a
Une histoire bien racontée.
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Nadege Del · il y a
Le texte monte crescendo. Mes voix
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Camille Berry · il y a
Le mythe de la sirène revisité de belle façon et en parallèle un homme habité par le chagrin... Je découvre et c'est beau avec des détails touchants. Je soutiens avec enthousiasme cette belle nouvelle.
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Alice Merveille · il y a
Je découvre avec grand plaisir ce texte qui m'a bluffée ! Mes ***** et bonne finale !
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Huggun X · il y a
Pourquoi avec regret? Il n'est jamais trop tard ! Merci, en tous cas !
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Alice Merveille · il y a
Oh M.... la honte ☺ je voulais écrire le plaisir bien sûr !!
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Huggun X · il y a
N'étant pas psychologue, je me garderai d'interpréter ce lapsus! 😁
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Zou zou · il y a
Mon soutien..
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Angie Blue · il y a
Très heureuse que votre texte ait été sélectionné! Il le mérite ! J'ai déjà laissé un commentaire, il ne me reste plus qu'à voter !
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Annabel Seynave- · il y a
Je reviens soutenir avec enthousiasme ce très très bon texte !
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Lyne Fontana · il y a
Je le découvre, et c'est vrai qu'il est magistral.
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Huggun X · il y a
Eh bien je vous redis alors un grand merci !
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Angie Blue · il y a
Et bien, c'est surprenant !
Au départ, on ne s'attend pas du tout à l'arrivée de l'élément fantastique, surtout que rien ne l'annonce.
L'écriture est belle, fluide, sans précipitation, ça coule comme un fleuve tranquille avec une angoisse latente qui plane dans l'air. C'est très visuel avec de belles descriptions et beaucoup de sensualité dans les scènes avec la jeune fille. Je trouve qu'il y a quelque chose de cinématographique dans votre écriture.
La fin est superbe avec la scène où le narrateur est immergé sous l'eau et entend le chant de la sirène. C'est un ballet de tous les sens et c'est extrêmement poétique et envoûtant. C'est avec cette scène que vous m'avez vraiment accrochée.
Enfin, la chute est excellente et vraiment inattendue. Je ne m'y attendais pas et pensais sincèrement que la fin serait heureuse. Vraiment bravo ! On en ressort déstabilisé, à la fois fasciné et angoissé. Vous avez un vrai talent d'auteur de thriller psychologique.

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Huggun X · il y a
Merci beaucoup ! Si j'en arrivais à écrire une fin heureuse, ce serait alors une vraie surprise pour moi...!
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Mireille Bosq · il y a
Une histoire d'envoûtement en somme, mais ce piège serait celui qu'un esprit malade générerait lui-même. La description d'une piscine maudite est saisissante. Cette nouvelle qui s'inscrit dans la tradition des légendes genre dame blanche que l'on rencontre sur des routes isolées dégage beaucoup de charme malgré sa fin tragique avec ce veuf éploré qui se suicide sur les mêmes lieux que son épouse.
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Huggun X · il y a
Lecture intéressante, je ne l'avais pas lue ainsi...!
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Mireille Bosq · il y a
Je l'ai récemment fait remarquer à un auteur: nos textes ne nous appartiennent plus à partir du moment où nous les laissons lire!
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Huggun X · il y a
Certainement. Parfois même j'ai l'impression, modestement quand même, qu'ils prennent une certaine autonomie dès que je commence à les écrire...!
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Roll Sisyphus · il y a
Nawasa avait voulu partir mais Vincent se refusant n'avait pas entrainé cette jeunesse vers les bas fonds de l'inhumanité.
Puis perdu et entrainé vers les bas fonds océaniques il se refusa à nouveau.
Par deux fois Nawasa l'avait écouté.
C'en était trop. Nawasa lui prit la main et l'entraina dans les abysses.
Merci de ne pas m'y entrainer...

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Huggun X · il y a
Merci d'être passe me lire!
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Marie Mawhin · il y a
J'ai été tenue en haleine jusqu'au bout! Très bon moment de lecture!
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !
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Caroline Bonnet · il y a
Touché... coulé
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Huggun X · il y a
J'espère plus touché que coulé...!
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Caroline Bonnet · il y a
Oui, j'ai beaucoup aimé : l'atmosphère, l'introspection du narrateur, la façon dont vous écrivez. Le récit chemine avec élégance,on commence à deviner la chute peu de temps avant qu'elle ne se produise, et c'est à mon sens ce qu'il y a de mieux car je trouve les nouvelles à chute trop surprenantes moins subtiles. Enfin, c'est une affaire de goût personnel.
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Ginette Flora Amouma · il y a
C'est fantasmagorique et la chute ne fait qu'intensifier la note métaphorique du récit aux résonances homériques .
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Annabel Seynave- · il y a
Bluffant ! Je n'ai pas pu décrocher de cette histoire, comme d'habitude très bien écrite, et pleine de symboles. Du grand art, bravo !
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !!
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Joëlle Brethes · il y a
Waouh... Cette belle histoire m'a tenue en haleine même si, bien sûr, j'avais envisagé cette fin. Bravo !
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Huggun X · il y a
Mission à moitié réussie alors! Merci, quoi qu'il en soit...
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Joëlle Brethes · il y a
Non ! Elle est totalement réussie : l'intérêt n'est pas le point de départ et celui d'arrivée mais le trajet pour y parvenir ! Bon dimanche :)
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Keith Simmonds · il y a
Un grand bravo pour cette histoire magnifique et captivante qui nous tient en haleine du début jusqu'à la fin. Formidable esquisse de roman !
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Huggun X · il y a
Merci beaucoup !

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