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Année 3312 : Partie 3

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Korrigan

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Chapitre 4 : Le livre des pensées


Silliva et Dillian marchent sur le chemin étroit de la « Naturouille ». Il y a énormément de gens qui rentrent du travail. Dilian aperçoit Will Heurton, un botaniste. Le pauvre, il n’a plus grand-chose à observer dans la nature, à part dans son labo ! Ils réfléchissent tout en marchant vers le passage qui mène vers la surface de la Terre. Là, ils seront à l’abri des oreilles indiscrètes.
Dillian et Silliva mettent au point un plan, en regardant le soleil couchant que l’on peut apercevoir depuis l’énorme bulle qui les enveloppe.

« Comment faire pour rassembler un maximum de pensées pour qu’elles soient assez puissantes pour soulever un vaisseau entier ?
- J’ai une idée, affirme Dilian. Je sais qu’il existe une cave, sous la surface de la terre, où sont entassés des livres anciens ; on y trouvera peut-être une histoire dans laquelle plusieurs auteurs ont participé à son écriture, par exemple un recueil de poésies ou de philosophie. »
Silliva le regarde avec des yeux emplis d’espoir.
« Je suis sûre que c’est toi qui va sauver la Terre entière ! »
- Ce serait chouette si ça marchait.
- Bon, pas de temps à perdre.
- Pour aller sur Terre, ce sera compliqué. Il faudra sortir de l’Aéro-pollutio...
- Il faudra aussi trouver une excuse pour nous absenter.

*****

Le lendemain, Silliva dit à sa mère :
« Je rejoins Dilian à son orphelinat, parce qu’on doit faire un exposé sur la composition d’une étoile.
- Pendant les vacances ?
- Oui.
- Tu pourras me montrer ton exposé quand vous aurez fini ? »
Silliva cherche une solution dans sa tête. Décidément, c’est dur de mentir...
« Euh... Non, la maîtresse ne veut pas que les parents nous aident. Il faut qu’on cherche des informations tout seuls, et que ce n’est pas grave si on fait des fautes d’orthographe.
- Bon, d’accord... À tout à l’heure !
- Ouais, à tout’ ! »
Quand Silliva ferme la porte de sa maison, elle ne peut s’empêcher de souffler.
« Ma mère est super têtue... ».
Elle rejoint Dilian à la rue « Naturouille ». Il l’attend depuis un petit moment déjà.
« T’as trouvé quoi comme excuse ? demande Dilian.
- L’excuse qu’on fait un exposé sur la composition d’une étoile en période de vacances, répond Silliva. Et toi ?
- Moi, tu sais comment je fais. C’est facile de s’éclipser quand il y a beaucoup d’enfants.
- Fastoche, quoi ! Prends ton masque. On va aller sur le sol de la Terre sans permission, et je suis absolument certaine que ma mère va me tuer si elle apprend tout ce qu’on fait. »
Ils sont prêts. Des masques et des bouteilles d’eau dans leurs sacs à dos, ils se dirigent vers la sortie de l’Aéro-pollutio, le plus discrètement possible.

Silliva sort une clé de sa poche et ouvre le portail qui va les conduire sur Terre. Comment Silliva a-t-elle trouvé cette clé ? C’est facile. Xora garde toujours un double de clé chez elle. Les deux enfants s’infiltrent dans un petit ascenseur. Dilian appuie sur la touche « Terre ». Une voix annonçe dans le rédifogre :
« Les scientifiques viennent de découvrir quelque chose : On pensait que le trou noir avançait mais en fait, il grossissait ! Et le trou noir Léovik grossit de plus en plus vite ! Il a déjà englouti Pluton, Neptune et Uranus ! Saturne et Jupiter commencent à rentrer en rotation autour du trou noir ! Je suis désolé si je vais vous effrayer, mais, C’EST LA FIN DU MONDE ASSURÉE ! »
Silliva frissonna. Ce n’était pas dans ses habitudes d’avoir peur. Mais ce n’était pas dans les habitudes non plus du Système Solaire de se faire avaler tout cru dans un trou noir ! Dilian semblait tout aussi effrayé...

Ils patientent un moment, puis les portes s’ouvrent. Ils pénétrent dans un tunnel humide et long.
Ils mettent leur masque, et s’échappent de l’Aéro-pollutio pour retrouver l’air libre. Mais pas vraiment libre, l’air est prisonnier de quelque chose, et les gens ne peuvent pas le respirer.

*****

Une rafale de vent chaud fait virevolter le sable. Soudain, Silliva rompt le silence en montrant à Dilian :
« Regarde, là-bas ! »
En effet, ou loin, on peut apercevoir une porte au sol. Les deux enfants se précipitent. Silliva tire de toutes ses forces pour ouvrir la porte, mais n’y parvient pas.
« Attends, dit Dilian. Cette porte est vieille... On pourrait peut-être la casser en tapant du pied dessus. »
Et les deux enfants se mettent à sauter sur la porte. Quand ils entendent un craquement - CRAAAC !! - ils s’écartent. Silliva la pousse un peu... Et la porte se casse en deux, laissant voir des escaliers qui s’enfoncent sous terre.
« Bon, j’y vais », dit Silliva.
Elle descend les escaliers et lance à Dilian :
« Y’a pas d’interrupteur et j’ai peur du noir... Tu pourrais m’aider ? »
Dilian descend prudemment les marches et cherche un interrupteur sur le mur. Il en trouve un et allume la lumière. Les deux enfants sont ébahis parce qu’ils voient.
« Waouh...
- Je n’ai jamais vu ça de toute ma vie.
- Alors, c’est ça, des vrais livres... »
La cave était remplie de livres en papier. Personne n’a utilisé le papier depuis... depuis bien longtemps.
« Alors, qu’est-ce qu’on cherche exactement ?
- Un livre que plusieurs auteurs ont co-écrit... Des poèmes, des légendes, des contes... »
Silliva commence à chercher. Dilian en fait de même. Pendant à peu près une heure et demie ils cherchent, mais il n’y a toujours qu’un seul auteur dans les romans qu’ils trouvent.... Jusqu’à ce que... Dilian s’écrie soudain :
« Silliva regarde celui que j’ai trouvé ! « Contes et légendes écrits de père en fils pendant plus de six générations » ! Je crois que c’est le livre qu’on cherche !
- Super ! Bon, vite, remontons à la surface, je suffoque ! »
Ils remontent sans tenter de refermer la porte cassée.

Ils s’arrêtent un instant pour reprendre leur souffle. Silliva enleve son masque pour dire :
« Maman m’a dit qu’à cette endroit, il y avait la mer. »
Ils restent silencieux. Là où jadis, il y avait la mer et les mouettes, il ne reste plus qu’une grande étendue de sable. Avant, on aurait pu voir que l’horizon était un trait bleu. En 3 312, c’est jaune sable. Parce qu’il n’y a que du sable à perte de vue.
« Silliva, demanda Dilian, tu sais ce que c’est, la mer ?
- Je n’en sais rien, répond Silliva. Mais je crois qu’on pouvait se baigner dans la mer. Tu trouves pas ça bizarre ?
- Si, trop bizarre. »
Ils reprennent leur chemin. Le tunnel, l’ascenseur, et hop ! L’air devient enfin respirable.

Silliva demanda :
« Où est-ce qu’on va cacher ce livre ? »
Dilian répond simplement en lui tendant le livre :
« Là où tu planques ton journal intime.
- Pff, les garçons, vraiment, rumine Silliva. »
Puis ils se séparent en se donnant rendez-vous le jour suivant.




Chapitre 5 : Les révélations



Silliva attend dans le salon de sa maison. Elle trouve le temps long... Dilian n’est pas encore arrivé. Silliva prend son roman de voyage intergalactique et commence à le lire, comme si de rien n’était. En vérité, elle ne lit pas. Son cœur bat trop vite. Elle a peur de la réaction de sa mère et des scientifiques.
« Ils vont peut-être nous punir, nous expulser dans le désert du Sahara, où il fait 59 C°... pensa Silliva. »
Enfin, quelqu’un frappe à la porte. Dilian est sur le seuil. Il entre.
« Ah, bonjour Dilian ! l’accueille Xora. Tu viens aider Silliva à faire son exposé sur la composition d’une étoile ? »
Silliva, qui sent que Dilian a du mal à trouver ses mots, répond à sa place :
« Maman, en fait... Moi et Dilian on voulait te parler de quelque chose. De quelque chose d’important. »
Xora fronce les sourcils.
« Qu’est-ce qu’il se passe ?
- On va vous expliquer, madame, dit Dilian.
- Allons dans le salon, propose Silliva. »
Ils entrent dans le salon et s’assoient sur les canapés.
« Alors, expliquez-moi, dit Xora.
Ils commencent le récit de leur sortie de l’Aéro-pollutio...

*****

« Vous. Êtes. Partis. Sur. Terre. Sans. Ma. Permission !!
- Oui, mais madame, on a trouvé...
- NON ! NON JE NE VOUS ÉCOUTERAI PAS !! hurla Xora. Vous n’avez pas le droit de vous échapper de l’Aéro-pollutio !
- Maman ! crie Silliva. Tu vas écouter ce qu’on a à te dire sinon personne ne pourra partir de cette planète en train de crever ! »
Xora regarde sa fille. Dilian n’attend pas qu’elle leur fasse encore la leçon, alors il commence :
« On s’est mis en quête d’un livre qui pourrait contenir une centaine de pensées. On l’a trouvé dans la cave, dans le sous-sol de la Terre. »
Xora ne dit rien. Elle écoute attentivement, bien qu’elle soit fâchée que sa fille et son ami soient allés sur Terre.
« Comment je peux savoir si vos paroles sont vraies si je n’ai pas l’objet sous les yeux ? »
Silliva se leve, déniche le gros manuscrit de sa cachette et le tend à sa mère.
Xora semble ahurie.
« Les enfants... Même si vous avez enfreint les règles, je suis fière de ce que vous avez accompli. Je vous félicite. Maintenant, c’est à moi de parler. »
Silliva et Dilian écoutent attentivement.
« Dans notre expérience passée, celle que nous avons appelé soulever-pensée, il nous manquait un élément. Et je crois bien que vous avez trouvé le chaînon manquant.
- Quel était l’élément que vous n’aviez pas ? demande Dilian.
- Le manuscrit ancien, répond Xora. À cette époque, nous ne pensions plus du tout aux vieux livres en papier. Ils contiennent des pensées précieuses. »
Silliva, Dilian et Xora se taisent. Après quelques secondes de silence, Silliva demande :
« Tu vas parler aux scientifiques de ce qu’on a fait ?
- Oui, répondit Xora, dès demain matin. Mais avant cela, je vais vous vous donner plus de détails sur une boule magnétique, celle qui est dans l‘expérience du soulever-pensée. Vous avez bien mérité de connaître mes secrets. »
Ils écoutèrent attentivement.

« Cette boule change de couleur avec les émotions. C’est une boule magnétique émotionnelle. Elle est bleue quand elle est triste, rouge quand elle est en colère, rose quand elle est mal à l’aise, verte quand elle a peur, blanche quand elle ressent un mauvais pressentiment et mauve quand elle est contente. Avant de ranger tous les éléments de l’expérience au placard, j’ai rendu cette boule inutilisable. Elle ne change plus de couleur. Ainsi, personne ne peut s’en servir pour faire de mauvaises choses. Bien-sûr, il faudra que je la remette en état si les scientifiques sont d’accord pour renouveler l’expérience, maintenant que nous détenons ce fameux manuscrit. En attendant, vous pouvez jouer à des jeux. Je dois encore travailler sur quelque chose. »

Sur ce, Xora laisse les deux enfants dans le salon, tandis qu’elle prend le chemin du laboratoire.

Les deux enfants se dirigent vers le jardin. Ils jouent avec Vénus, une chienne qui erre dans leur quartier.





(À suivre dans la partie 4)

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