AMOUR (d'après Maupassant)

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

En janvier, mon cousin Fernand Masse
M’a invité à la chasse
Dans sa belle ferme-château
Entourée de bois seigneuriaux
Et de vastes marais.
On y tuait là les oiseaux de passage
Qui se posaient dans de séculaires branchages.

Deux sarcelles glissèrent sur les joncs. Je tirai.
L’une d’elles, au ventre blanc,
Tomba. Mon chien s’élança
Et me la rapporta.
Puis j’entendis l’oiseau épargné lancer
Des cris déchirants,
Des plaintes courtes, répétées.
Il se mit à tourner
Au-dessus de nos têtes en regardant
Sa compagne que je tenais entre mes doigts.
-Tu as tué une femelle, me dit Fernand.
Pose-la devant toi.
Tout à l’heure, va s’approcher le mâle.

Aucun gémissement ne m’avait brisé
Le cœur autant que l’appel désolé,
Le terrible reproche de ce pauvre animal.

Je suis reparti
Le soir même pour Paris.
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