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Pourquoi on a aimé ?

C’est avec beaucoup d’émotion que l’on s’est plongés dans ce récit qui retrace le destin d’Amelia Earhart, la première femme à avoir ...

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— Millie ! Descends ! Descends tout de suite ! Je t’en prie, Millie, s’il te plaît ! Tu me fais peur ! Tu vas tomber ! 
— Mais non, Grace ! Rappelle-toi ! On a dit que j’étais un oiseau. Un oiseau, ça ne tombe pas ! Un oiseau, ça vole ! Regarde Gracie ! Je vole ! Je vole ! 
Amelia, allongée sur le ventre, avait détaché ses mains de la large branche sur laquelle elle était perchée et, la mine triomphante, le regard fixé sur l’horizon, elle battait l’air de ces bras étendus.
Grace, plantée au pied de l’arbre, ferma les yeux et murmura une prière.

Durant de longues années, tant que mon corps accepta de coopérer, je me suis rendue au bord de l’Océan Pacifique. Toujours à la même date. Jamais au même endroit. J’ai dû longer, je pense, toute la côte Ouest des États-Unis, errant de plages en falaises, de criques en rivages, cherchant, à chaque nouvelle migration, le lieu idéal où porter mon regard, l’emplacement propice où croiser les esprits.
Ce rituel, que certains trouvaient morbide, m’était devenu, au fil des ans, indispensable. Je laissais tout derrière moi, mon mari, mes enfants, mon travail. Rien ne pouvait me faire différer ce rendez-vous. Personne ne pouvait m’empêcher de rejoindre Millie.
Ainsi, chaque année, le 2 juillet, je me retrouvais face au géant, à l’ogre, au maître des abîmes. J’avais beau être préparée à cette rencontre, je chavirais pourtant, prise de vertiges, soudain consciente de ma fragile humanité, rongée par l’angoisse d’imaginer Amelia ballottée entre les pattes de ce monstre.
Quand il faisait beau, l’Océan portait bien son nom, pacifique, doux comme un agneau. Je rêvais alors que l’âme tourmentée d’Amelia avait trouvé le repos, que sa vie, quelle qu’en soit la forme, s’accomplissait, sereine, apaisée. Mais quand la tempête cinglait, que je dégoulinais de pluie, que le vent me faisait vaciller, menaçant de me jeter dans l’antre sauvage de la bête, je voyais le corps d’Amelia tiraillé par les flots en furie, avalé par les paquets de mer, égaré à jamais dans le labyrinthe d’une obscurité sans fond.
Ne rien savoir, c’est être condamné à tout envisager. Le pire, souvent.
Ne rien savoir, c’est ouvrir la porte à l’invention, au mensonge, à la calomnie. Ce dont certains ne se sont pas privés à propos d’Amelia, répandant des ragots, forgeant des complots, ajoutant l’amertume du doute, le poison de la suspicion à l’immensité de notre chagrin.
La nature humaine est ainsi faite qu’à toute question, il faut une réponse. Et quand le mystère survient, on comble les vides, on recolle les morceaux, on bricole une vérité. Le néant n’est pas une issue facilement envisageable.
Face à l’Océan, je me suis souvent demandé ce qui avait présidé au destin d’Amelia. Existait-il un élément essentiel, un facteur déterminant, une sorte de coupable idéal capable de justifier la chute finale, susceptible d’endosser le fardeau de nos consciences ? Je déroulais pour la millième fois le film de sa vie. J’en mesurais la part de hasard et d’indicible prédestination. J’évaluais l’importance des rencontres. Sans oublier de mettre dans la balance un caractère sans faiblesse, une volonté sans failles, un courage sans limites, toute cette petite mécanique interne qui pousse en avant, qui emporte au-delà du raisonnable.
Millie était à l’image du siècle naissant : indomptable, audacieuse, libre.
Il n’y avait donc rien à faire, rien à dire. Tout s’enchaînait parfaitement. Tout convergeait. Tout menait aux abysses de l’Océan.

* * *

« New York,
21 septembre 1936,

Ma petite Gracie,
George m’a fait promettre le silence, mais tu me connais, quand j’ai un projet en tête, j’ai beaucoup de mal à tenir ma langue ! L’excitation et l’impatience me rendent invivable. Je ne tiens plus en place. Je fais des listes, je prépare mes affaires, je vérifie mon équipement. Toutes choses parfaitement inutiles à six mois du départ ! Mais je n’y peux rien, toutes mes pensées sont tendues vers cet unique objectif, jour et nuit. Je m’imagine déjà aux commandes de mon cher avion, survolant la terre, effleurant le bel azur, frayant mon chemin sans laisser de traces !
De guerre lasse, George a fini par jeter l’éponge : « Millie, tu es infernale ! Tu peux en parler à ta sœur si cela te fait du bien ! Mais pour l’amour de Dieu, cesse de t’agiter ainsi ! »
Ma douce Grace, ce que je vais t’annoncer va sans doute te faire frémir, mais dis-toi bien qu’il s’agit de la plus grande aventure de ma vie ! Je crois que je vais enfin atteindre ce point absolu vers lequel je cours depuis tant d’années. Peut-être qu’après ce voyage, la fièvre qui m’habite retombera enfin. Peut-être qu’une fois cette aventure terminée, nous pourrons, George et moi, nous poser un peu et envisager de vivre comme le commun des mortels, les deux pieds sur terre, avec une maison à la campagne et des marmots entravant nos pas.
Ne souris pas Grace, j’ai bien dit « peut-être »…
Depuis plusieurs mois, nous réfléchissons donc à un nouveau défi à relever. Mais lequel ? De nos jours, tout va si vite. Les exploits s’enchaînent. La liste des records s’allonge. Monter plus haut ? Aller plus vite ? Pour quoi faire ? Quelqu’un d’autre, dans quelques semaines ou quelques mois fera mieux.
Même la traversée de l’Atlantique en solitaire, que j’ai réalisée dans les conditions que tu connais, deviendra bientôt une banalité ! Et je suis lasse des tournées dans tous les meetings que comptent les États-Unis. On m’y expose comme un animal de foire, même si la célébrité, il faut le reconnaître, a ses avantages !
Effacer les dernières frontières, franchir les ultimes limites, voilà ce à quoi j’aspire ! Aller plus loin, toujours plus loin ! Quel bonheur d’être née à l’aube d’un siècle où les inventions techniques nous propulsent vers ce que l’on croyait impossible !
Une idée a germé dans mon esprit assoiffé, une idée un peu folle, c’est vrai, mais tellement enthousiasmante, tellement passionnante !
Ma petite Gracie, je veux être la première femme à boucler un tour du monde en avion ! Aucune aviatrice n’a encore tenté cet exploit. Ce tour du monde suivra autant que possible la ligne de l’Équateur et couvrira 46 000 kilomètres ! Encercler la planète par cette route, longue, périlleuse, sera également une première. Il faudra survoler l’Océan Pacifique sur une largeur démesurée. Peu d’étapes y sont possibles : des îles éparpillées, des confettis de terre, si petites qu’on les distingue à peine dans cet immense désert liquide. Mais, rassure-toi, j’embarque Fred N. qui a une solide expérience du Pacifique, il sera mon navigateur pour ce voyage au long cours.
Chaque matin, je refais le parcours en suivant du doigt la ligne rouge dessinée sur la carte. Je mémorise le nom des villes où nous ferons étape, je décompte les fuseaux horaires, je calcule les temps objectivement réalisables, je m’imprègne de cette route imaginaire que je vais devoir écrire dans la trame éphémère du ciel.
Nous partirons par l’ouest. Il vaut mieux avaler le gros morceau du Pacifique au départ. Ensuite, tout nous semblera plus aisé.
Je suis certaine que George a déjà en tête le livre qui immortalisera ce tour du monde. Mais pour l’instant, tout m’appartient encore. Une fois là-haut, nous serons seuls, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes.
Alors, lève le nez en l’air ma Gracie, je te laisserai des messages dans les nuages !
Compte les jours et aie confiance en ma bonne étoile !

Je t’embrasse.
Ta Millie »

* * *


Que reste-t-il de la vie d’Amelia ? Quelques livres retraçant ses exploits, des articles de journaux, des photographies. Beaucoup de photographies.
Je me suis délestée de la plupart d’entre elles. Tout m’était insupportable : les traits figés d’Amelia, le reflet immobile de ses yeux et la conscience, si douloureuse, que même mises bout à bout, ces images ne seraient jamais qu’une pâle évocation, une esquisse inachevée.
Je n’ai conservé qu’une seule photographie. Elle se trouve dans une boîte, posée sur ma table de nuit, à porter de ma main, protégée des regards quotidiens, si prompts à l’indifférence, si agiles à glisser sans voir.
Le souvenir n’est pas toujours une lame effilée qui fouille une plaie à vif. Le souvenir peut parfois être un baume qui apaise une souffrance ancienne. Dans ces moments, si rares, où la douleur miraculeusement épargne, je trouve la force de prendre la boîte sur mes genoux. Avec tendresse, j’en caresse le carton usé. Velours de poussière, grains d’humidité, le temps sous mes doigts défile. J’apprivoise les battements de mon cœur, je me prépare à la retrouver. Quand enfin je suis prête, je soulève le couvercle. De mes mains tremblantes, j’exhume des limbes obscurs ma sœur bien aimée.
Le portrait a été réalisé en studio, au tout début de la carrière de pilote d’Amelia. Elle pose, belle, sereine, le col en fourrure de son blouson ouvert sur le décolleté blanc de son chemisier. Son casque en cuir, lanières détachées négligemment relevées sur le côté, masque ses cheveux et ses oreilles, nimbant Amelia d’une auréole sombre et mystérieuse. Ses lunettes d’aviatrice ceignent son front, juste au-dessus du trait fin de ses sourcils.
Un faisceau de lumière, comme un rayon de lune, éclaire de sa blancheur miraculeuse le côté gauche de son visage et rejaillit, espiègle, sur ses lunettes dont un des verres, magie de l’illusion, se pare de la brillance envoûtante du miroir. La source lumineuse laisse dans l’ombre une partie des traits d’Amelia. Une frontière se dessine, de l’arête du nez à l’arrondi du menton, de la joue droite à la ligne pure du cou.
Au centre de ce jeu entre le clair et l’obscur, le regard d’Amelia fascine, hypnotise. Elle a l’air d’un oiseau, fragile et rêveur, égaré hors de son royaume céleste. Ses yeux scintillent de bonheur et brillent de plaisir. Elle étincelle de fierté, pétille de liberté. Et pourtant, l’ombre se cache sous l’onde joyeuse. Au fond de la pupille, se devine la lucidité sous la candeur, la clairvoyance derrière l’intrépidité.
L’invulnérabilité est un leurre, un mythe. Amelia le savait.

* * *

« Oakland,
31 mars 1937,

Ma douce Grace,
Faux départ ! À peine le temps de se dire qu’on est parti et nous voilà de retour à Oakland que l’on pensait avoir quitté pour longtemps. Tout avait pourtant bien commencé. Comme prévu, nous nous sommes envolés le 17 mars pour Honolulu, première étape de notre tour du monde. Mais au décollage pour l’étape suivante, j’ai commis une erreur et mon Lockheed Electra a glissé sur le ventre. Les dommages étaient trop importants pour envisager une réparation sur place. L’avion a dû être rapatrié en Californie. Et nous avec !
Il faudra plusieurs semaines pour réparer, peut-être même quelques mois avant de pouvoir repartir. En attendant, nous devons revoir entièrement notre plan de vol. Le départ par l’ouest n’est plus possible, les conditions météo ne seront plus favorables. Nous devrons repartir par l’est et garder le gros morceau du Pacifique pour la fin.
J’ai à nouveau punaisé la carte du monde en face de mon lit et j’en refais le tour, mais en sens inverse. Il faut que mon esprit s’adapte à ce changement de cap alors j’annone un chapelet de villes et de pays comme un pasteur récite sa prière du matin : traverser les États-Unis jusqu’à La Nouvelle-Orléans puis Miami, survoler les Caraïbes, longer la côte Est de l’Amérique du Sud jusqu’à Natal, enjamber l’Océan Atlantique pour rejoindre le continent africain à Dakar, passer par Gao, Fort Lamy, Khartoum, atteindre l’Inde à Calcutta, l’Asie à Singapour, l’Australie à Darwin et… le bout du monde à Lae en Nouvelle-Guinée.
Ensuite ? De l’eau, à perte de vue.
Tu vois, ma chère petite Grace, tout est prévu et pourtant, rien n’est tout à fait prévisible. Mais sans cette part d’inconnu, pas de frissons ! Et c’est ça que je cherche, cette vague qui te submerge, ce plaisir qui t’envahit tout entière quand enfin tu franchis la frontière que personne avant toi n’avait osé dépasser !
C’est un jeu, j’en accepte les règles et son lot de chance, sa dose de hasard. Le destin veut que je parte à l’est ? Très bien, je relève le défi ! La fin de partie n’en sera que plus savoureuse !
Prie pour moi Gracie ! J’ai besoin d’imaginer ton esprit, si sage, si raisonnable, là, posé sur mon épaule.

Je t’embrasse.
Ta Millie »

* * *


Maman ne renonça jamais. Jusqu’à la fin, l’espoir de revoir Amelia la tint debout.
Elle suivit toutes les pistes, des plus sérieuses aux plus saugrenues. Elle écouta tous les charlatans qui se présentèrent, les espions de pacotille, les voyantes de bazar, les faux prophètes, les vrais escrocs. Ils prétendaient avoir croisé Amelia, prisonnière, amnésique ou droguée selon le cas, mais « c’était bien elle, j’en mettrai ma main à couper M’dame » ! D’autres illuminés, qui visiblement n’avaient pas voyagé plus loin que le bout de leur rue, « sentaient » vibrer sa présence, « là-bas », « quelque part », sur « une île déserte » ou « sur un bateau » qui jamais n’arrivait au port. Certains réclamaient un peu d’argent pour les aider à poursuivre leur « enquête », pour leur permettre de « chasser » les esprits, qui chacun le sait, « sont partout autour de nous » et ne demandent qu’à se manifester. Tous entendaient profiter d’une gloire facile : un portrait en une du journal local et un titre accrocheur annonçant un témoin « relançant l’affaire », suffisaient à leur bonheur !
Je ne suis pas certaine que maman croyait à toutes ces histoires, mais elle s’y réchauffait le cœur. Tant qu’on parlait d’Amelia, sa chère Amelia…
En 1924, ma sœur, délaissant pour un instant son avion, s’était mise en tête de traverser le continent américain, depuis la Californie jusqu’à Boston, dans une voiture KISSEL jaune. Elle proposa à ma mère de l’accompagner. À cette époque, ce périple, sur des routes encore mal répertoriées, relevait d’une douce folie et elles ont dû en surprendre plus d’un sur leur passage. J’imagine l’étonnement du paysan voyant débarquer sur son bout de Kansas, deux femmes, écharpes au vent, roulant à une allure d’enfer, soulevant une poussière du diable et saluant, d’une main gantée de cuir, des enfants éberlués juchés sur les clôtures !
Elles revinrent de cette aventure la peau tannée par le soleil, le visage lessivé de pluie, les cheveux à jamais insoumis, un sourire victorieux aux lèvres et dans les yeux la lumière des ciels infinis, le scintillement des longues nuits étoilées.
Épuisées de paysages, fourbues de vent, le corps ébranlé par les soubresauts du chemin, elles gardèrent pour elles seules le film de leur échappée belle. C’était leur secret, leur histoire, celle d’une complicité pleine, entière, qui désormais les liait aussi sûrement que les unissaient les liens du sang.
Ensuite, Amelia retourna à son cher avion et maman à sa vie étriquée de province. Mais entre ces deux-là, quelque chose s’était noué que rien ne déferait, ni la distance, ni le poison lent de l’absence.

* * *

« Bandoeng, île de Java,
20 juin 1937,

Gracie chérie,
La mousson a stoppé net notre progression. Je n’ai jamais vu autant d’eau s’abattre en un même endroit, un mur de pluie, impossible à franchir. Il n’était pas raisonnable de poursuivre notre route dans ces conditions. De toute façon, les appareils de navigation avaient besoin d’une sérieuse révision. Nous devons attendre. Nous n’avons pas le choix.
Je souffre depuis plusieurs jours de terribles maux de ventre. J’ai l’impression de me vider. Je suis épuisée et légèrement fiévreuse. Entre deux crises, je plonge dans le sommeil comme on tombe dans un puits sans fond. Mon esprit lutte, cherche à se raccrocher à une idée fixe, mais le vertige m’aspire dans son tourbillon. Alors je laisse aller, espérant que la chute va finir et que je vais pouvoir dormir. Je me réveille en sursaut quelques heures plus tard. Il pleut encore. Il pleut toujours. Et malgré le repos imposé par les circonstances, je suis sans force.
Le moral est en berne ma Gracie. T’écrire me fait du bien. Cela me permet de prendre du recul. Même loin, tu m’apaises et me réconfortes.
Jusqu’à présent le plan de vol a été respecté. Nous avons traversé le Pacifique sans encombre. En approchant de Dakar, j’ai eu une pensée pour l’équipage de la Croix du Sud disparue dans les eaux de l’océan l’année dernière. Crois-tu que l’histoire retiendra le nom de tous ces défricheurs de rêves que l’audace ou la curiosité poussent sur les chemins de traverse, à la conquête de mondes nouveaux, au prix de leur propre vie ? Peut-être. Les gens aiment les destins tragiques.
Je ne suis pas présomptueuse. Je ne prétends pas faire partie d’une caste d’élus. Pourtant, s’il y a un Créateur, il m’a assigné une voie particulière, il a entrouvert une porte secrète et m’a donné à voir une partie du mystère. Tu dois me trouver un peu mystique. C’est la fièvre sans doute. Ou bien autre chose. En survolant les déserts d’Afrique, cette terre blonde et mouvante, j’ai cru voir le monde des origines, j’ai cru voir le monde à travers l’œil de Dieu.
Et j’ai pleuré, Gracie, j’ai pleuré devant tant de beauté.
Ne t’inquiète pas pour moi, ma douce Grace.
J’espère te serrer très prochainement dans mes bras si la pluie veut bien s’arrêter…

Je t’embrasse tendrement.
Ta Millie »

* * *

Peut-être que tout commence par le jeu d’une enfant, innocemment perchée sur la branche d’un arbre et qui se rêve oiseau. Peut-être que tout se lit dans le regard d’une jeune fille qui fixe l’objectif du photographe. C’était il y a longtemps, à l’orée d’un siècle, à l’orée d’une vie…

* * *


« Lae, Nouvelle-Guinée,
1er juillet 1937,

Grace chérie,
Nous sommes au bout du voyage. Plus que 11 000 km et nous aurons bouclé ce tour du monde. Tout est prêt pour le grand saut au-dessus de l’Océan Pacifique.
Nous avons laissé nos parachutes à Darwin. Ils ne nous seraient d’aucune utilité et nous avons besoin de nous alléger pour économiser notre bien le plus précieux : le carburant.
Notre réserve nous permettra de voler environ 21 heures. Largement de quoi faire le trajet jusqu’à l’île de Howland où nous devons atterrir. Un bateau de l’U.S. Coast Guard nous attendra près de ce point afin de nous guider par radio et nous aider à repérer ce petit bout de terre.
Nous partons à minuit. J’espère trouver le sommeil, mais l’excitation est grande (tu me connais) !

À très (très) bientôt, ma petite Grace.
Je t’embrasse très fort.
Ta Millie »

* * *


… bientôt, je le sais, je le sens, je vais retrouver Amelia. Alors, enfin, elle me racontera son histoire. Oh ! comme j’aurai plaisir à connaître sa vérité ! Cette vérité qui nous échappe depuis si longtemps. Ensuite, elle me fera une grimace, je lui tirerai la langue et nous redeviendrons des enfants, nous reprendrons le fil de nos jeux et nous oublierons que nous avons été séparées si longtemps…

* * *


« L’avion d’Amelia Earhart en passe d’être retrouvé, après 77 ans de mystère »
« L’une des plus grandes énigmes de l’histoire de l’aviation est-elle en passe d’être résolue ? Les chercheurs qui sont sur la trace de l’aviatrice Amelia Earhart, disparue dans le Pacifique dans les années 1930, ont acquis la quasi-certitude qu’une pièce d’aluminium trouvée sur une plage de cet océan provient bel et bien de son avion… » *





*Extrait d’un article du Parisien 30 octobre 2014

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Joan · il y a
Compliments Patricia pour votre nouvelle qui est maintenant en " recommandé " !
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Odile · il y a
Quel beau récit, merci ! Les lettres existent-elles ou les avez-vous également créées? Quoi qu'il en soit, ces deux voix s'harmonisent sous votre plume
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Patricia Vignat · il y a
Bonjour, invention pure de ma part. Ce qui m intéressait c était de prendre un point de vue extérieur pour raconter cette histoire. Peut-être que si j avais choisi le mari d Amelia, l histoire aurait été différente. Merci à tous pour vos commentaires et vos lectures attentives.
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Odile · il y a
D'autant plus beau !
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Marie Kléber · il y a
Quel destin!
Quelle histoire bien racontée. Belle finale à vous avec mes voix.

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Michaël ARTVIC · il y a
Une belle aventure ce texte ! Mon soutien ! 🖖 5 étoiles
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Stéphane Sogsine · il y a
Une belle histoire, un style fluide.... que demander de plus ? Bonne finale
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Suire Jacques · il y a
Belle sensation d’aventure au fur et à mesure de la découverte de l’histoire. 👍
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Keith Simmonds · il y a
Félicitations, Frimousse, pour cette Finale ! Je renouvelle mes voix avec plaisir! ***** Une invitation à découvrir “Gouttes de Rosée” qui est aussi en compétition pour le Grand Prix Automne 2019. Merci beaucoup et bonne fin de dimanche ! https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/gouttes-de-rosee-1
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Mireille Bosq · il y a
Un récit très bien construit sous une forme romanesque. Pour entreprendre cette longue histoire, il fallait de la documentation. On devine un énorme travail derrière.
j'arrive pour votre finale avec mes +5
sil vous reste du temps et de l'envie, moi c'est court et noir:
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-rescape-de-montsegur

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Samia.mbodong · il y a
Je soutiens à nouveau Bravo!
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Bruno Malivert · il y a
Agréable moment de lecture. Bravo!

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