Alexandre Dumas et le mystérieux Paris désert de 1832

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En cette année 1832, alors que les Bourbons étaient revenus sur le trône de France avec Louis-Philippe, la France suivait avec inquiétude la marche du choléra. Parti de l'Inde, il avait traversé la Perse, gagné Saint-Petersbourg et s'était rabattu sur Londres.
Alexandre Dumas se souvient de ce jour de printemps où l'épidémie frappa Paris. Le ciel était bleu saphir, le soleil plein de force. Les émeutes éteintes depuis quelques temps, laissaient un peu de calme à la société et les spectateurs se hasardaient dans les théatres. Lorsque le cri effroyable "le choléra est à Paris, un homme est mort rue Chauchat" tout le monde se pressa de rentrer et les rues se vidèrent.

La science s'avança pour engager le combat, mais le fléau la jeta à terre. Elle se releva étourdie mais non vaincu et commença à étudier la maladie. On mourrait parfois en 3 heures, d'autres fois encore moins de temps. Chaque homme, selon sa constitution et son tempérament apportait sa variété à la maladie.
On médicamenta au hasard. La science espadonna dans la nuit. En Russie on traitait le choléra par la glace. On partit de ce point. Les uns administrèrent des toniques, les autres appliquèrent le système de Broussais. Des premiers résultats se firent jour, mais on ne sauvait qu'un homme sur dix. Les médecins étaient des héros, les sœurs de charité étaient des saintes.

Le fléau frappait beaucoup les classes pauvres, mais n'épargnait pas les riches. Alors les bruits les plus étranges se mirent à parcourir le capitale et tout le pays. On dit que le gouvernement était à la manœuvre voulant se débarrasser d'un surcroît de population qui encombrait Paris. La capitale semblait prise de folie et les autorités dont la fonction était de rassurer se mettaient à épouvanter les parisiens.

Qui a vu Paris à cette époque ne l’oubliera jamais. Un ciel bleu, un soleil railleur,et des promenades désertes, des boulevards solitaires, des rues sillonnées par des corbillards et hantées par des fantômes. Les salles de spectacles semblaient d'immenses tombeaux. Alors Hamel, mon éditeur fit mettre dans la presse cette remarquable réclame. " les salles de spectacles sont les seuls endroits publics où quelques soit le nombre de spectateurs aucun cas de choléra ne s'est manifesté. Nous livrons ce fait incontestable à la science".Il avait encore de l'esprit quand personne n'en avait plus.
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