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Did Ouv

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À charlotte

Le moteur de l’Ami 6 gueulait un peu...
Norbert, pied au plancher, avait atteint sa vitesse de croisière, à fond de quatrième, le bolide était lancé, rebondissait souplement à chaque cahot sur la longue ligne droite Challans / La Roche-sur-Yon, cent-dix km/h au compteur, on ne pouvait pas faire mieux.
Pas question de freiner, il aurait fallu plusieurs minutes pour récupérer l’élan perdu.
Une cinquième vitesse eut été bienvenue, mais les concepteurs de chez Citroën n’avaient pas envisagé un tel luxe pour un moteur de trois chevaux fiscaux.
Norbert aimait bien sa vieille voiture, elle lui avait coûté huit-cent Francs (le prix des pneus), il l'avait personnalisée en dessinant avec minutie et au marqueur, sur toute la surface du capot avant, le chameau du paquet de cigarettes Camel.
Sur la banquette arrière, une grosse enceinte de chaîne hi-fi était reliée à un magnétophone à cassette.
Le groupe Téléphone et sa chanson « La bombe humaine », couvrait le bruit du moteur.
«...La bombe humaine tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur juste à côté du cœur ... »
Le curseur de volume était réglé au maximum.
«...La bombe humaine c'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un prendre en main ton destin
C'est la fin, mhm la fin, la fin... »
Norbert, les deux mains sur le volant, suivait le rythme des basses saturées, en balançant machinalement la tête d’avant en arrière.

Le journal Ouest-France était jeté négligemment au pied du siège passager, on pouvait lire en première page un grand titre sur l’avortement légalisé en France, la loi Veil était définitivement adoptée.
Norbert pensait que c’était une bonne chose et que ça ferait sans doute quelques enfants « mal nés » en moins.

Il arrivait en agglomération et dût ralentir, il regarda en passant devant le cinéma du centre le film à l’affiche, c’était Apocalypse Now de Francis Ford Coppola... Il serait bien allé voir ça plutôt que de se rendre à son rendez-vous !

Norbert tournait en rond près du centre ville, il ne trouvait pas la rue des Boulets...
Il se mit à imaginer qu’il faudrait inventer une petite télé, posée sur le tableau de bord, qui afficherait le plan de la ville en temps réel et indiquerait l’itinéraire souhaité... Tournez à gauche, prenez la troisième sortie... Il était imaginatif Norbert, mais pas très réaliste !
Et pourquoi pas un téléphone dans la voiture pour prévenir qu’il serait en retard ?... Non, vraiment pas réaliste.

Il trouvait enfin, et un peu par hasard, l’adresse du rendez-vous.
Il gara la voiture sur un trottoir à proximité, sonna à l’adresse prévue. Un bandeau métallique au-dessus de la porte indiquait « Electrolux Entreprise ».
Il se présenta à l’accueil, on lui demanda d’attendre, l’assistant du directeur régional allait le recevoir.
Un petit monsieur austère, en costume sombre et banal, crâne dégarni et lunettes rondes, le pria de l’accompagner à son bureau.
Il regarda Norbert des pieds à la tête, sans doute surpris de son accoutrement pour un entretien d’embauche. Pourtant un effort vestimentaire évident de sa part avait été réalisé, par rapport à son habitude, Jeans Levi’s 501 pas élimé, chemise blanche sans col mais repassée, paire de baskets blanches propres et cirées...

Le petit cadre lui proposa de s’asseoir, puis commença à débiter d’un ton monocorde l’histoire de l’entreprise :

«...Electrolux emploie cinquante-huit-mille personnes dans vingt-deux usines de production en Europe et occupe vingt-huit pour cent du marché mondial des équipements ménagers. Son principal concurrent est l'américain Whirlpool. En Amérique du Nord, le nom Electrolux a longtemps été utilisé par un fabricant d’aspirateurs. Electrolux produit et distribue aussi des matériels de cuisine et de blanchisserie pour les professionnels.

Cette société était d’abord associée à la société-mère suédoise, mais fut vendue à un actionnaire américain dans les années 1960. Electrolux a commencé à vendre ses propres équipements ménagers aux États-Unis et au Canada sous le nom de Electrolux of Sweden... »

Norbert n’en avait vraiment rien à cirer d’Electrolux et de leur électroménager, mais il écoutait poliment, son esprit était ailleurs...

Il aimait l'imprévu, il croyait au hasard de la vie, il se disait qu'une rencontre inopinée pouvait tout changer dans une existence. Pour un mot, un geste, tout pouvait basculer dans un bonheur absolu ou devenir un enfer.
Mais là, la banalité du sujet abordé et l'insignifiance du discours de son représentant n'étaient vraiment pas caractéristiques de sa théorie sur la force du destin.

Il était un peu fatigué, la soirée de la veille avait été plutôt agitée, ça avait démarré tranquillement avec les copains, ils avaient partagé une grande marmite de nouilles, avec du gruyère et du ketchup, et bu des grandes bouteilles de Jenlain, avec du Picon en apéritif, puis sans Picon pour se désaltérer.
Comme d’habitude, l’alcool aidant, ils avaient refait le monde :
« Il faut supprimer les frontières en Europe... »
« On devrait le faire péter ce mur de Berlin... »,
« On a un million de chômeurs, vous verrez, à deux millions, c’est la révolution... »,
« Ça va être Mitterrand le prochain président...»,
« Tu parles, le PS, un jour ça sera comme les autres, ils tailleront dans les dépenses publiques, baisseront les charges patronales. Ils surveilleront, expulseront, feront la guerre, vendront des armes et serreront même la main des despotes peu recommandables, comme les autres... »
Revenant à une réalité plus terre à terre, moins idéaliste, ils avaient fini à Disco-Club 2000, une boîte de nuit un peu ringarde, mais où les filles étaient nombreuses et peu farouches.



Le petit cadre continuait, imperturbable :
«...et c’est pour cela que nous cherchons des commerciaux spécialisés dans la vente de nos aspirateurs...
Quelles sont vos motivations pour aspirer à un poste de technico-commercial dans notre entreprise ? »

Norbert faillit lui répondre que son doux rêve, depuis tout petit, c’était de vendre des aspirateurs, surtout des Electrolux...
Mais il se ressaisit pour formuler une réponse plus raisonnable, il expliqua donc qu’il avait suivi une formation dans un lycée d’enseignement professionnel, qu’il était diplômé du certificat d’aptitude et du brevet d’étude professionnelle en Electrotechnique et estimait que son profil correspondait au poste à pourvoir, pour ainsi répondre efficacement aux besoins de l’entreprise.
Quel baratineur ce Norbert, il n’avait ni CAP ni BEP, mais se permettait de s’octroyer cette référence, sachant pertinemment que l’obtention des diplômes n’était jamais vérifiée par les recruteurs. Et pour ce qui était de ses compétences techniques, il avait déjà changé un interrupteur ou une ampoule électrique, mais son expérience pratique en la matière s'arrêtait à peu près là.
Le petit cadre voulut le piéger en lui demandant :
« D’après vous, quelle évolution technique pourrait-on envisager pour l’innovation de nos futurs produits ? »

Norbert qui ne manquait pas d’imagination, sortit sans réfléchir :
« Un aspirateur sans sac ? »

Le professionnel leva les yeux au ciel, on le sentait désolé de pouvoir entendre de la part d’un candidat une proposition aussi farfelue et irréaliste...
Norbert trouvait amusant de le déstabiliser, il rajouta :
« Ou un aspirateur robot sans fil ? »
C’en était trop pour notre assistant de direction, qui avait autre chose à faire que d’écouter les délires d’un gamin illuminé, qui se prenait sans doute pour Jules Verne ou Leonard de Vinci.
« Je vous accompagne au bureau de notre responsable en recrutement. »
Il le salua froidement, avant de lui ouvrir la porte du bureau voisin, lui présenta : « Mademoiselle Paule », puis disparut...

Une jeune femme était assise derrière son grand bureau au fond de la pièce, elle ne se leva pas et, après un regard bref dans sa direction et un léger sourire de circonstance, désigna de la main le siège vide en face d’elle pour qu’il prenne place.
Elle lui demanda confirmation de son identité, puis sortit le curriculum vitae correspondant qu’elle avait reçu par courrier.

Il se dit que, vu l'ambiance, il n’allait pas se fendre la poire pendant cet entretien.
Elle commença par lui demander de réaliser un exercice psychotechnique, pour évaluer son niveau de logique et d’analyse, des tests avec des suites de nombres et de lettres à compléter, des dominos à assembler, mémoire visuelle, mots cachés...
Norbert excellait dans cet exercice, il avait trouvé récemment à la bibliothèque municipale un bouquin à ce sujet : « les tests psychotechniques démystifiés », qu’il avait sérieusement étudié.
Avec un peu d’entraînement c’était donc devenu pour lui un jeu d’enfant.
Il rendit sa copie très rapidement, qu’elle corrigea attentivement.
Pendant ce temps, Norbert en profitait pour scruter discrètement l’anatomie de sa recruteuse, tout du moins la partie apparente, puisque tout ce qui était sous la ceinture était caché par le grand meuble de bureau.
Elle devait être douce malgré cette froideur apparente, elle était très mince et sa peau était blanche, ses gestes harmonieux et précis.
Penchée sur la copie, elle laissait sans doute involontairement apparaître le haut d’un sein, nu sous son chemisier légèrement ouvert... Norbert n’en perdait pas une miette.

Mademoiselle Paule releva les yeux, Norbert détourna rapidement le regard de son objectif précédent, un peu gêné.
« C’est parfait Monsieur Moreau, parfait. »

Elle enchaîna.
« Pourquoi nous avez-vous envoyé votre candidature? »

Il lui répondit qu'il avait besoin de trouver un travail, mais que le commerce, la science ou l'industrie n'étaient pas sa tasse de thé, il était admiratif des artistes, des gens du cirque... Un acrobate, un musicien.
La réponse ne pesait pas en sa faveur, mais la jeune femme semblait apprécier sa sincérité.
Elle lui tendit une feuille blanche
« Pouvez-vous exprimer par écrit et définir succinctement ce qu’est pour vous la prise de risque, comme si votre avenir professionnel en dépendait...»
Norbert prit le crayon, y gribouilla quelques mots et lui rendit la feuille presque aussitôt.

Etonnée par cette rapidité d’exécution, et curieuse de voir le résultat, elle put lire en tout petit, tout en haut de la page,
« Le risque, c’est ça : »

Et la page était restée, à part cette phrase, toute blanche.
Mademoiselle Paule se mit à rire pour la première fois, de bon cœur.
« C’est osé, mais c’est juste ! »
Elle sortit un cendrier de son tiroir, alluma une cigarette Marlboro,
lui tendit le paquet, il en prit une.
L’ambiance était plus détendue, les deux jeunes gens semblaient maintenant apprécier la coïncidence de cette improbable rencontre.

« Quelles sont vos passions ?
— La poésie .
— Par exemple ?
— Les fables de la Fontaine .
— Vous pouvez m’en dire une peu connue?
— Oui bien sûr »

Norbert se lâchait, il prit un air grave et de circonstance.

« La pie et le hanneton, de Jean De La Fontaine

Un hanneton fort dodu près d’une pie passa
La pie fort sage ne le happa pas
Moralité : quel bel appât que la pie n’happa pas ! »

Mademoiselle Paule cette fois éclata de rire en précisant, en fronçant les sourcils:
« C’est pas bien sérieux tout ça ! »
Puis des questions plus traditionnelles suivirent, pour définir les compétences et les ambitions du candidat...
Elle synthétisait les réponses par écrit, la tête penchée sur le bloc-notes qu’elle griffonnait, ses longs cheveux fins et bouclés cachaient son visage.
Elle posa son crayon, remit ses cheveux légèrement en arrière et le fixa longuement
« Lors de votre parcours, professionnel ou privé, avez-vous un regret ? »
Norbert était déconcerté par la question, elle l’avait mis en confiance et entrait maintenant dans une intimité qu'il n'était pas habitué à dévoiler...
Il hésita, écrasa sa cigarette dans le cendrier, se leva et se dirigea vers la fenêtre, il regardait au loin...

« J’étais gamin, je passais le pont de Noirmoutier à vélo et tout en haut j’ai aperçu quelqu’un qui enjambait la balustrade.
C était une petite fille, à peu près de mon âge, au bord du vide, ses mains tenaient encore la barrière, son corps vacillait.
Je me précipitai vers elle, paniqué, je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire.
Une voiture s’est arrêtée, le conducteur m’a lancé: « Reste près d’elle, je vais chercher du secours ».

« Mais qu’est-ce que tu fais ?
— Je veux mourir.
— Pourquoi tu fais ça ?
— La vie est trop triste, je ne veux pas de cette vie-là !
Elle était étonnamment calme
— Comment tu t’appelles ?
— Charlotte... »

— Je lui ai parlé longtemps, j’ai essayé de la rassurer, avec mes mots d’enfant, de lui redonner espoir.

Norbert ne dit pas, il ne pouvait pas dire à Mademoiselle Paule ce que furent ces mots d’enfant, qui lui semblaient bien dérisoires, mais il s’en souvenait comme si c’était hier...
Qu’elle ne devait pas faire ça, que plein de gens l’aimaient et que plein d’autres l’aimeraient encore, qu'elle était jolie,
que la vie, c’était pas toujours comme on voulait, mais y avait rien de mieux.
Mais oui, la vie, même si c’est pas toujours comme on veut, y a quand même rien de mieux ! ...
Il reprit :
« J’ai cru un instant qu’elle voulait se rattraper, que je l’avais convaincue, son pied a glissé, ses mains ont lâché, elle est tombée dans le vide, comme un pantin désarticulé.
J’ai hurlé.
Le zodiac tournait déjà sous le pont pour récupérer le corps.
Les pompiers m’ont pris en charge et je suis resté en état de choc plusieurs jours à l’hôpital.
Mon plus grand regret, c’est de n’avoir pas pu l’aider à vivre...
Depuis ce jour, je n’ai jamais parlé de ça à personne. »

Il retourna s’asseoir, Mademoiselle Paule était visiblement très émue, elle avait des larmes dans les yeux...
« Elle est belle votre histoire, triste mais belle. »

L’entretien se terminait.
Elle lui proposa: « Je vous raccompagne ? »
Elle s’écarta du bureau d’un mouvement rapide et dirigea adroitement son fauteuil roulant pour le rejoindre à la porte.
Norbert n’avait pas imaginé un instant qu’elle était handicapée, il en fut surpris et peiné.

— Au revoir Mademoiselle Paule .
— Au revoir Monsieur Moreau.
Elle lui tendit sa carte de visite
— Rappelez-moi dans quelques jours, je vous confirmerai le résultat de notre entretien.

Alors il la remercia puis se retourna, sans trop savoir ce qu’il devait en penser, il commençait à marcher dans le couloir.
Son regard se posa instinctivement sur la petite carte qu’il tenait à la main :
« Charlotte Paule
Responsable du Recrutement
Société Electrolux
Téléphone : 39 35 46 »

Il entendit derrière lui une voix douce et rassurante, avant qu’il ne s’éloigne, qui reprit ses mots d'enfant :
« La vie, même si c’est pas toujours comme on veut,
y a quand même rien de mieux ».

PRIX

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Guy Bellinger · il y a
Un texte superbe, où vous alternez le cynique goguenard (vacuité des cadres qui n'existent que par leur entreprise, stupidité des entretiens d'embauche) avec l'émotion la plus pure : la découverte de qui est vraiment la jeune responsable du recrutement met les larmes aux yeux.
Le style est vif, plein d'allant, avant de passer de l'allégro à l'andante final. Très bonne reconstitution d'époque. On s'y croirait. Une petite erreur temporelle cependant : la loi Veil date du 17 janvier 1975 alors qu' « Apocalypse Now » est sorti en France le 26 septembre 1979.

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Did Ouv · il y a
Merci guy, je suis flatté par votre commentaire.
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Marie-martine Vecchio · il y a
Pour le moment, c'est celle que je trouve la plus sensible, douce -
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Did Ouv · il y a
C est également ma préférée, merci encore!
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Phildroug · il y a
Je n'ai pas encore lu toute ton œuvre, mais à aujourd'hui c'est celle-ci qui me plaît le plus.
J'en profite pour te demander ton avis sur "un petit village bain tranquille" mis en ligne il y a 3 jours et que j'aurais pu intituler "la mort annoncée d'une petite station thermale d'Auvergne". Merci d'avance.

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Anna Hoser · il y a
simplement émouvant, merci de m'avoir proposé de lire votre "aléa"
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Did Ouv · il y a
C'est moi qui vous remercie, ça me fait plaisir.
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Utilisateur désactivé · il y a
Mon vote !... Pour l'Ami 6, la voiture de ma jeunesse ! Je plaisante mais c'est vrai. A la vérité cette plaisante nouvelle mérite d'aller loin selon moi.
De mon coté, avec des textes plus frivoles, je suis là :http://short-edition.com/oeuvre/poetik/humeur-noire et là : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/jeux-amoureux (une Valentine très coquine !). A bientôt peut-être.

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Utilisateur désactivé · il y a
Elle en a sous le capot cette Ami 6. Norbert et Mademoiselle Paule sont des personnages très attachants. Jolie petite histoire...
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Hermeline · il y a
Bravo, j'ai beaucoup aimé - si vous aimez la poésie, jetez donc un coup d'oeil par ici :
(http://short-edition.com/oeuvre/poetik/l-escargot-et-la-chenille)
(http://short-edition.com/oeuvre/poetik/fleur-des-champs-1)

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Nathalie Perton Couriaut · il y a
Une très jolie nouvelle qui m'a étonnée. Ni le titre ni les premières phrases ne m'avaient invitée quand j'avais survolé les nouvelles nouvelles. J'aime bien le personnage un peu "héros malgré lui", visionnaire joueur... C'est bien écrit et bien construit. Si vous souhaitez découvrir un autre type de rencontre: http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/de-corde-et-d-acier
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Claude Moorea · il y a
Une très bonne histoire qui se lit avec plaisir.
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Did Ouv · il y a
merci!
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Thara · il y a
Une nouvelle, commentée avec des réflexions réelles, + 1 vote !

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