A toi

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Maman de 2 enfants passionnée de lecture.... Je me lance pour la première fois dans l'écriture  [+]

Un vendredi soir classique du mois de mars 2016. 18 heures.

Rentrer du travail. Retrouver ses enfants chéris, enfiler le costume d'épouse modèle et de mère au foyer le temps d'un weekend avant de retrouver la course effrenée du métro, boulot, dodo (et au passage enfants / mari) du lundi.

Nous sommes donc au mois de mars. Et le ciel pleure. Comme chaque mois de mars depuis ce fichu mois de mars 2015 qui a fait basculé nos vies.

A toi maman, principalement qui n'est plus là aujourd'hui pour en parler. Mais aussi à nous tous, dommages collatéraux... A toi papa bien sûr... A toi ma sœur, qui tient toujours debout par je ne sais quelle force. A moi, qui n'ai pas su tenir le cap depuis. A toi mon mari, qui a encaissé les coups durs sans jamais broncher. A toi mon beau-frère, qui est resté debout à prier. A toi ma tatie chérie et son mari adoré qui ont été présents , plus que présents. Et bien sûr à vous mes enfants chéris, Noémie et Mattéo. Et enfin à toi petite Léa, qui a vécu tout ceci passivement à travers nous étant donné ton jeune âge.

Par qui commencer ? Nous avons tous été malheureux à notre manière.






Un seul être disparaît et la vie d'une dizaine de personnes s'en trouve affectée.

Mars 2015. Toi maman, si fatiguée depuis quelques mois. Nous fermons tous les yeux. Tu ne sors pas de cette grippe. Tu enchaines les sinusites, les rhumes. A l'arrivée du printemps, tu te requinqueras...

Le printemps arrive... 19 mars 2015. Tu es plus que fatiguée... Le médecin t'envoie aux urgences car il ne comprend plus cette fatigue récurrente. Après des heures d'attente, le couperet tombe.

Des métastases au cerveau.

« On s'en sort des métastases au cerveau ?? » ; « Bien sûr » !!! « Ca peut pas tomber sur nous... »

On attend... quelques semaines.

Après divers et variés examens... cette maladie est incurable. 6 mois ils disent... La réalité nous revient en pleine face. Ce qu'on a toujours voulu se cacher.

Toi notre pilier. Ca y est, c'en est fini.

Tu t'effondres dès ton entrée à l'hôpital. Tu n'es plus que l'ombre de toi même. A trop lutter depuis des mois.

Notre petite famille finit de se souder autour de toi. On ne te lâchera pas. Même si on ne te reconnaît plus beaucoup physiquement et mentalement.

Tes petits chéris Léa, ton Matounet et ta Mimi sont là aussi, auprès de leur mamie chérie. Tous les weekends, ils veulent venir te voir. Impérativement ! Donc ils viennent. Mais ne te reconnaissent plus. Ils s'inquiètent. On les préserve. Mais ils ne sont pas dupes...

Ils veulent venir te voir tout le temps. Mais au fond, ce qu'ils recherchent, c'est leur mamie qui prenait soin d'eux et les coocoonait. Chaque weekend, leur espoir s'amenuise. Ils font diversion, mettent de la gaieté dans la chambre . Mais tu as peur pour eux, et eux pour toi.

Ce premier rapport à la mort... Ils ne comprennent pas. Ca ne peut pas exister la mort... Et encore moins sur des personnes si bonnes, douces, altruistes, aimantes... et tellement d'autres adjectifs.

Malheureusement si... Mais pourquoi ? Cette question reste sans réponse.

L'été arrive. Les enfants grandissent. Tu diminues.

L'automne arrive. Tu ne le verras pas. Tant mieux. Tu souffrais trop. Et nos petits cœurs aussi. Enfin... est-ce le bon mot ? Quelque part oui. Ce 4 octobre 2015, tu es partie vers des cieux plus cléments. Enfin je l'espère. Et je le crois.

Car ce matin du 7 octobre 2015, tu m'as fais voir que tu étais bien arrivée à destination et que désormais tu serais notre bonne étoile. Nous perdons notre pilier mais nous gagnons un ange gardien.

Maintenant, nous devons nous relever et avancer pour te faire voir que nous sommes forts. Pour toi, nous serons forts, unis, soudés. Nous ne vivons pas notre deuil de la même manière. Ce fut le point de départ d'une chute libre. Ou d'une nouvelle page finalement. Peut-être pour oublier cette vie d'avant si classique, si enviable, si rose, si parfaite... Avons-nous vraiment droit au bonheur ?

L'hiver fut long et froid dans nos cœurs. Nous pleurons chacun dans notre coin. Nous te pleurons parce que nous t'avons perdue mais nous ne savons pas admirer la beauté de ce qui nous entoure. Nous ne savons pas savourer cette chance d'être encore à profiter de cette vie si dure et si belle. Et moi la première.

Refermée sur mon chagrin... Yeux rouges les soirs et gonflés les matins. Toi mon mari exemplaire, tu portes à bout de bras, femme, enfants et maison. Mes enfants chéris, mes éponges. Qui ne pleurent pas pour ne pas faire plus pleurer maman. Comment retrouver cette maman pleine de vie ? Ils essaient mais n'y arrivent pas. La petite étincelle est partie parce que maman est aveuglée par son chagrin et ne sait pas voir la beauté de ce (et ceux ) qui l'entoure.

Maman n'a jamais vécu de drame aussi important dans son existence et elle ne sait plus tenir debout. Elle a une épaule sur qui pleurer mais n'en veut pas. C'est SON chagrin. A elle de le surmonter. Elle est forte. C'est une femme moderne et indépendante. Elle n'a besoin de personne dit-elle et pense-t-elle.

Mais comment ne pas voir la beauté de ces enfants qui l'entourent. On ne voit souvent jamais les pierres précieuses que l'on a sous les yeux. Sauf quand on les perd.

Le temps passe. Le chagrin ne s'efface pas.

Mars 2016. Nouveau mois de mars. Humide et froid. Dans l'air et dans les cœurs. Dans l'air... il engendre donc les divers petits rhumes de l'hiver et les otites à répétition pour toi ma Mimi chérie. Ce n'est rien. Aujourd'hui on vit à l'ère des antibiotiques. On enchaine donc antibio tous les 15 jours depuis 6 mois. C'est normal. Personne ne voit rien. Ca ira mieux au printemps...

Ce printemps-là n'aura pas le temps d'arriver non plus...

12 mars 2016. Toi mon enfant qui encaisse depuis plus d'un an, tu ne peux plus. Tu ne tiens plus debout. Moi, ta maman, je te récupère chez tes grands-parents telle une poupée de chiffon et là c'est le déclic. Nous filons aux urgences en prenant soin de laisser ton petit frère ( qui ne comprend pas mais encaisse encore) chez ses grands-parents.

Arrivée aux urgences. Ce n'est qu'une déshydratation disent-ils mais ils nous mettent quand même une nuit en observation en pédiatrie. Etant donné ta faiblesse, ils ne peuvent pas faire à moins. Une des pires nuits de ta petite existence. Tu la passes prostrée dans un lit avec de violents maux de tête. Morphine toutes les 4 heures. Pas de chance pour nous (et encore moins pour elle bien sûr), notre petite voisine de chambre est une enfant autiste ; qui écoute la télé à tue-tête et qui cherche de la compagnie. Tout le contraire de ce que nous souhaitons, toi et moi, ma Mimi.

Nous voici donc enfermées dans cette chambre d'hôpital par ce mois de mars 2016. Toi ma Mimi, complètement amorphe par les cachets (les quelques minutes où ils font effet) puis prostrée de douleur. Moi, à ton chevet, dans ce petit lit pliant,  complètement angoissée, à implorer Mamie de te protéger et de ne pas te ramener avec elle. Les anges n'ont pas besoin de toi. Pas encore. Je pleure, je prie, j'implore.

Le jour se lève. Ca ira mieux, avait dit le médecin des urgences. La gravité de la situation se fait pressante. On te transfère de chambre. Tu as besoin de calme, d'obscurité, de repos. On enclenche les examens. Ca ressemble à une méningite dit le docteur mais c'est quand même peu probable. Bien sûr !!! Ca ne peut peut pas tomber sur nous quand même... Le couperet tombe... Méningite bactérienne. On va soigner ça à coup de doses de cheval. Pas le choix. « Est-ce grave ? Quand verra-t-on une amélioration ? Comment ? Pourquoi ? »... Tant de questions sans réponse... C'est angoissant. Toi ma fille chérie que j'avais sous les yeux en pleine forme et je que n'ai pas su voir. Je pleure, je prie, j'implore.

On se soutient. Papa, papy, tatie, moi. Papa et moi on te veille dans l'obscurité. Tu es si faible. Mais si belle. 7 ans à peine. Et ton petit frère... A qui tu manques tant... Il ne comprend pas... A 3 ans pourquoi ne peut-il pas jouer avec sa sœur, dormir dans son lit dans sa maison ? Pourquoi est-il trimballer de chez papy et mamie à chez tatie ? Pourquoi papa et maman sont toujours à l'hôpital ? Cet hôpital qui égal à mort dans son petit esprit. Et soudain pourquoi peut-il enfin visiter sa sœur mais seulement avec un masque et sur ce fichu lit d'hôpital ?

Si petit et déjà si confronté à tant de situations difficiles.

Les jours passent et se ressemblent. Tu te relèves petit à petit. Puis soudain, il est décidé de te transférer dans un autre hôpital en urgence à 8 heures du soir. Pas de chance. Tu n'auras pas le droit à ton tour d'hélico. Il neige. Tu prendras donc la route dans le véhicule du SAMU toutes sirènes hurlantes direction le service réanimation de l'hôpital de St Etienne.

Tu ne comprends pas. Moi non plus. Je te regarde partir, médusée sur le pas de porte de ta chambre d'hôpital que nous connaissons maintenant depuis plus de 15 jours. Doudou bien encré dans tes bras, te voici en route.

Je n'ai pas le droit de t'accompagner. Papa et moi te rejoignons une heure plus tard. Nous n'avons pas le droit de visite en réanimation nous dit-on. Puis ils changent d'avis.

Le service pédiatrique réanimation... Te voilà entourée de dizaines de blouses blanches. Longue attente... Nous verrons demain... C'est reparti pour des séries d'examens ; scanner, IRM et diverses radios. Quelle patience ma chérie pour une si jeune enfant.

Les médecins nous convoquent, papa et moi, de manière informelle. Petite pièce, sans fenêtre, petite lumière. Ils nous expliquent la situation, nous font un schéma. Nous ne comprenons toujours pas mieux. Hormis la gravité de la situation.

Notre vie de mari, femme, parents en prend un coup. Nous jouons l'alternance pour ne pas abandonner ton frère en journée. La nuit nous sommes à ton chevet et l'autre parent à la résidence des parents à quelques mètres de l'hôpital.

Dans cette résidence, nous côtoyons le malheur des autres. Parfois bien plus grave que le nôtre. Cependant, nous ne voyons que le nôtre.

Finalement, quelques jours plus tard, nous quittons la réa pour le service pédiatrique. Tu as hâte d'en découdre et de retrouver ta maison. Pas tout de suite. Tu enchaines les examens. Tu reçois des visites et beaucoup d'attention de tous tes petits copains d'école qui sont très touchés par ton absence et ta maladie.

Tu commences même à aller à l'école de l'hôpital. Tu adores ça, et tu te fais même des copines. Comble du comble, l'école s'appelle l'école de Julien, comme ton papa. Ca te fait rire.

Enfin, il est temps de regagner l'hôpital du PUY. Tu retrouves ta chambre par chance. Ton docteur et tes infirmières sont ravis de te revoir. En meilleure forme. Ce n'es qu'à cette période que notre infirmière préférée nous avouera qu'ils avaient eu très peur en te voyant arriver. « Elle revient de loin ». OUI. Elle revient de loin. Et elle est là !!!

Nous pouvons enfin rentrer à la maison quelques jours plus tard. Tu es si contente. Nous aussi avec papa. Et ton frère...

Cependant, tu ne sais plus dormir seule...Il te faut pourtant réapprendre. Tu reçois beaucoup de messages de soutien et d'attention. Quand tu remets enfin les pieds à l'école, tu es une vraie star !

Ca y est, la vie reprend enfin son cours. Nous pouvons enfin retourner dans cette détestée routine : métro, boulot, dodo. Cette routine que nous savourons à pleine dent. Nous l'avons tellement regrettée pendant ces longues journées d'hôpital. A imaginer tous ces gens profiter de cette routine alors que nous, nous en étions privés.

Le câlin du dodo du soir devient un moment privilégié.

Le temps passe, l'été arrive. Qu'il est bon de vous regarder vivre et croquer la vie à pleine dent mes enfants. Je n'ai d'yeux que pour vous. Plus le temps passe et plus je m'éloigne de mon épaule. Je n'ai pas le droit d'être triste. Nous avons vécu des choses difficiles depuis plus d'un an mais nous sommes là ensemble en pleine santé et c'est le principal.

C'est donc reparti. Maman modèle, mère au foyer parfaite, épouse...
Le temps passe. Nouveau mois de mars. Tout va bien. La roue tourne. Le temps passe et passe sur nous. Toi mon cher et dévoué mari, tu me vois sombrer malgré moi. Malgré les sourires et les bons semblants.

Mais que faire ? Malgré tout le mal que tu te donnes, tu n'arriveras pas à me repêcher. Le temps passe, j'avance. Les enfants, le boulot, la maison. Et toi ? Je n'ai pas le temps... Ne pas montrer sa peine, avancer. Le temps fera les choses. Les enfants grandissent, m'émerveillent.

Le temps passe, l'air me manque. Pourtant... nous ne sommes pas du genre casaniers. Bien au contraire. Nous sortons : resto, soirée, famille. Nous bougeons : vacances en famille, entre copains, weekends improvisés. Serait-ce une fuite en avant ? L'air me manque, il faut trouver toujours plus d'oxygène.

Comment appelle-t-on ceci ? Une éternelle insatisfaction ? La recherche du bonheur ou au contraire d'une souffrance ? Car le bonheur il est où ? N'est-il pas là sous mes yeux ? Qui ne tuerait pas père et mère pour avoir ce bonheur là ?

Le sifflet de la cocotte minute commence à tourner. Le bonheur est partout sauf devant mes yeux. J'avance avec un poids. Mais quel est ce poids? Femme des temps modernes, indépendante. Qui n'a besoin de personne, qui mène sa vie tambour battant. L'herbe est-elle plus verte ailleurs ? Forcément oui... En réalité, bien sûr que non.

Février 2018. Nous vivons à l'ère des réseaux sociaux. C'est chouette. On retrouve plein de vieilles connaissances. On peut retrouver sa meilleure amie d'enfance perdue de vue depuis plus de 15 ans. On se retrouve autour d'un verre. On se présente nos petites familles, les jolis petits portraits de famille.
On peut même retrouver d'anciens petits copains perdus de vue depuis plus de 20 ans. Ahhhh.... la voilà la bouffée d'oxygène!! Qu'il est agréable de se sentir courtisée et admirée quand on a 35 ans, une vie rêvée mais trop routinière. Qu'il est facile de tomber dans les filets du BG du lycée qui n'a pas mal vieilli du tout.

La mère de famille de 35 ans en manque d'oxygène lassée par sa vie routinière est une proie facile pour les jolis cœurs. Et ça marche. Trop facilement malheureusement.

Qu'il est bon d'avoir 15 ans. Cet air pur, cette insouciance. Quelques baisers volés à l'arrière d'une voiture, des SMS toujours plus enflammés les uns que les autres, des déjeuners au restaurant à l'abri des regards. Un avant goût d'une passion perdue. Le playboy sorti directement d'un roman sait y faire. Belle carrure, gueule d'ange, belle voiture, grosse moto et des mots toujours plus flatteurs les uns que les autres.

Pourquoi suis-je tombée si facilement dans tes filets ? Au fond de moi, je le voulais bien et je n'attendais très certainement que ça. Alors toi ou un autre... Peu importe. Tu t'es trouvé là au bon moment. Au moment où je me perdais dans ma vie de maman, de mère au foyer et d'épouse. Je m'essoufflais. Tu m'as apporté ce souffle nouveau. Malgré tout, je ne regrette pas ces quelques moments d'égarement.

Toi Sébastien, un des mes premiers amoureux. Toujours aussi joli cœur avec ces demoiselles. Même si finalement en analysant nos conversations plus tard, je comprends pourquoi tu papillones toujours à ton âge. Tu voues une vraie passion aux autres en tant que pompier, tu ne vis que pour ça. Tu n'as pas de place pour femme et enfants, mais ça tu ne l'as pas encore accepté.

J'ai lâché prise avec toi. Tout d'abord je pense qu'il est agréable de retrouver un amour d'adolescence. Puis nos mamans étaient très proches... La nostalgie d'un temps passé. Tu m'as fait voir l'attrait d'une vie nouvelle. Mais cette vie n'est pas la mienne. Malheureusement pour nous, nous ne sommes pas comme les chats, nous n'avons pas 7 vies...

Alors oui, nous nous sommes volés quelques baisers. Mais est-ce vraiment tromper ? Chaque personne vous répondra de sa propre version.

Grâce à toi ou à cause de toi (cela dépend de quel point de vue on se place), j'ai eu le courage de sauter dans le vide. Affronter cette terrible réalité que je regardais sans voir. Faire souffrir mon mari adoré et aimant.

Julien... Le Juju adoré que personne ne peut détester. Qui serait capable de t'en faire voir de toutes les couleurs hormis moi...

Nous nous rencontrons assez jeunes. 20 ans. Tout de suite, la passion s'installe. Je délaisse mes copines pour toi. Puis tout s'accélère. L'appartement, le mariage, les enfants. Bien sûr, la passion s'essouffle. Mais toi tu ne faiblis pas. Toujours vaillant. De plus en plus attentionné et aimant. Toutes les femmes rêveraient d'un homme tel que toi auprès de soi. Mais il est vrai que lorsque l'on a une pépite sous les yeux, on passe régulièrement à côté sans la voir. Puis on se délaisse, et on cherche toujours plus.

Tu m'as toujours traité comme une princesse, voire comme une reine. Mais il est bien connu que les filles n'ont d'yeux que pour les mauvais garçons. Nos deux caractères sont différents. Au fil du temps, je suis devenue une petite fille capricieuse avec toi. Il était donc temps que ça cesse. Ce n'est pas ma vraie nature. Mon corps a donc dit stop. Très certainement pour m'aider à me ressaisir car rien n'y fait, encore moins ta gentillesse et ton écoute.

Un soir de mars 2018. La cocotte minute explose enfin. Je ne sais plus où j'en suis.

Je ne suis pas bien avec toi (qui plus est je te fais souffrir par mes comportements). J'ai besoin d'air. En même temps, mon playboy m'a démontré que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs et que tu es un spécimen rare. Avec toi je me rends compte que tes congénères ne sont que des beaux parleurs.

Je fuis. Je m'enfuis. En voiture. Celle-ci voudrait m'emmener chez mon âme sœur, mais ce serait trop facile. Je ne veux personne. Hormis toi... maman. Alors je viens. Comme je le fais à chaque mauvais moment. Et oui... pour les bons moments tu es dans mon cœur, pour les mauvais au cimetière.

Je m'assois comme je le fais à chaque fois. Sur la tombe du voisin pour pouvoir te parler au plus près. Malheureusement, cette fois-ci mon monologue ne durera pas. Mon indic a compris. Toi Julien tu savais où me trouver.

Et c'est comme ça que nous nous retrouvons tous les quatre, comme au bon vieux temps. Mais pas au bon endroit...Nous ne nous éternisons pas. Il fait froid et il pleut. Et puis tu n'es pas réellement à l'intérieur de cette pierre si froide.

Nous rentrons. Toi mon papa, tu me ramènes dans mon cocon qui vient d'exploser sans vraiment y croire. Tu ne comprends pas. Moi non plus. Comment peut-on en arriver là alors que l'on dispose d'une vie rêvée par tant de personnes ? Un mari aimant, de magnifiques enfants en pleine forme, une belle maison à la campagne. Il y a même les deux chiens pour compléter le tableau de la famille parfaite.

Mais finalement, la famille parfaite existe-t-elle ? On ne vit pas dans les romans. L'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Bien au contraire parfois.

Certains parleront de fuite en avant, d'autres de courage. Combien de femmes sur cette Terre auraient le courage de tout envoyer balader juste par égoïsme ? Pas tant que ça. Mais lesquelles ont tort, lesquelles ont raison ?

De l'air j'en ai besoin c'est sûr et certain. Toi ma sœur chérie, avec ton caractère à faire blêmir une armée, tu prends le taureau par les cornes car moi je ne donne plus l'heure. La pression est trop redescendue. C'en était trop, je ne suis plus que l'ombre de moi-même.

Tu m'envoies me ressourcer en Touraine quelques jours. Accueillie à bras ouverts par toi ma tatie chérie ; en même temps la seule et l'unique dans mon cœur. Et là, je commence à remonter à la surface. Choyer, chouchouter, balader par tonton Louis qui tient une place importante dans notre petite famille.

Le temps d'un weekend, je ne pense plus qu'à moi. Alors que toi Julien pendant ce temps, tu gères d'une main de maître enfants, boulot, maison et ton petit cœur en miettes.

Bien sûr mes enfants chéris vous me manquez mais je remonte doucement à la surface et je dois le faire loin de vous. Je me dois de ne pas plus blesser votre petit cœur qu'il ne l'est déjà.

Vous ne comprenez pas ce qu'il se passe. Et c'est normal. Mon Matounet, du haut de tes 5 ans, tu me sautes dans les bras à la sortie de l'école, lorsque je suis enfin de retour. 5 jours... 5 jours de séparation alors que nous n'avions jamais passé plus de 2 nuits séparés. Ma Mimi toi tu ne sais pas sur quel pied danser. Il ne faudrait pas à nouveau faire pleurer cette maman si fragile. Alors tu te retiens. Comme vous m'avez manqué...

Enfin de retour à la maison. Quelque chose a changé. Tu n'es plus là. Tu es parti. Tu n'en pouvais plus. Tu viens de réaliser. Désormais, je ne serais plus ta priorité. Tu ne veux plus de moi. Certains diront que tu en as mis du temps à le réaliser.

Mon cœur saigne. Tu t'affirmes cette fois et tu me l'affirmes. Tu ne veux plus de moi et de cette vie-là. J'enfile donc à nouveau mon costume de petite fille capricieuse et j'offre notre première et dernière nuit à Sébastien.

Je n'ai jamais été seule. J'ai peur. J'ai besoin d'une bouée mais je ne me raccrocher pas à la bonne. Et pourtant, il faut affronter la réalité. Je dois être seule pour me soigner, panser mes plaies et avancer.

Quel sera mon destin ? Je n'en sais rien. J'ai peur. L'inconnue fait peur. Surtout lorsque l'on est seule.

Je dois apprendre à apprivoiser la vie. Les débuts sont difficiles. Le cordon ombilical vient d'être coupé une deuxième fois mais bien plus violemment cette fois-ci. Maman à mi-temps. Mais comment est-ce possible ? Il paraît qu'on s'y habitue. Je ne m'y habituerai jamais. Mes amours...

Les gens (qui sont souvent de bons conseils les choses qu'ils ne connaissent pas) me disent de prendre du temps pour moi et d'en profiter quand vous n'êtes pas là.

Cependant, les semaines où vous n'êtes pas là, ma vie perd tout son sens. Pourquoi rentrer du travail ? Pour rentrer embrasser des enfants fantômes ? Et entendre les bruits d'une maison vide... Vous me manquez tellement... Ma vie n'a plus de sens sans vous. Mes rayons de soleil. Je m'étais toujours promis de ne jamais vous abandonner. Je fais le contraire.

Et toi Julien dans tout ça ? Tu en penses quoi ? S'il te plaît, n'écoute pas tous ces gens autour de toi qui sont de bons conseils mais qui ne connaissent pas vraiment l'intérieur de ton cœur.

Tu te donnes fond pour ta nouvelle vie, te consacrer à tes enfants. Mais nous ? As-t-on le droit de tirer un trait aussi rapidement ? Alors certes notre vie ne pouvait plus être ainsi. Mais cette séparation est-elle définitive ou nous redonnera-t-elle l'oxygène tant espéré ? Alors certes la passion du début n'est plus là. Mais l'étincelle est-elle vraiment éteinte ?

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