A Terry Jones membre fondateur de la série Monty Python’s Flying Circus !!!

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Auteur de 5 romans au déroulement surprenant dont 4 publiés aux éditions du Net . Les 3 premiers livres content l’extraordinaire saga d’une jeune femme qui résout d'étranges énigmes. Dans le ... [+]

Il était une fois, dans le rayon confiserie d’une grande surface, une boîte de chocolats mise en vente pour la période des fêtes de fin d’année. C’était une belle boîte colorée de bleu roi, rouge et or, mais de marque inconnue. Je sais, vous vous dites que ça ressemble à un conte que vous avez déjà lu, mais attendez la suite.

Cette belle boîte posée parmi tant d’autres toutes aussi sublimes attendait son tour et néanmoins déçue chaque fois qu’un client en choisissait une autre qu’elle. Si elle avait su parler, elle aurait crié aux consommateurs que ses chocolats étaient parmi les meilleurs. Plus les fêtes approchaient, plus elle perdait patience. Elle n’aspirait qu’à une chose, qu’on l’achète pour être offerte à Noël ou le premier jour de l’an à un enfant qui, ému, aurait eu le regard humide. Ou bien à une personne âgée attristée par la vieillesse qui, soudain heureuse de cette offrande, aurait retrouvé le sourire, bien qu’imaginant ses chocolats finir entre de vieilles dents jaunies ne ravissait guère notre belle boîte. Enfin c’est vrai quoi, c’est quand même plus sympa que des chocolats soient gloutonnés par un sale gamin capricieux qui se moque totalement de la signification de Noël et du marketing d’un emballage longuement réfléchi dans un bureau d’études. Mais non, ce sale gosse de riche aurait massacré mon histoire en déchirant brutalement le couvercle de notre belle boîte pour s’enfiler tous les chocolats sans prendre le temps de les savourer. Je ne vous dis pas les claques qui se perdent ! Rien qu’à l’idée, ça me met en rogne, tiens !
Après avoir éliminé le sale gamin de notre histoire, revenons-en à notre belle boîte. (N’empêche, il faut être un brin maso pour n’aspirer qu’à être vidée de son contenu de chocolats pour finir dans un sac jaune et se faire recycler, mais bref, passons.)

Un jour, une femme charmante au demeurant saisit la boîte et fut séduite par le packaging. Tout sourire elle rapporta la boîte chez elle. La boîte remarqua que cette femme était mère de deux enfants impatients d’arriver à la date de Noel. Quel bonheur pour notre belle boîte. Allait-elle se transformer en calendrier de l’avant ? Seulement, elle fut aussitôt remisée au fond d’un placard. Après une semaine de désespoir, enfin, des petites mains la saisirent. C’étaient des mains d’enfant. La boîte était folle de joie. Mais ce bonheur fut éphémère car la maman retira la boîte des mains de l’enfant pour la remettre à sa place. Une semaine plus tard, la maman ressortit la boîte pour l’installer confortablement à l’arrière de sa voiture. Avec son mari, ils parcoururent les quelques kilomètres qui les séparaient d’un bon diner chez des amis. Dès qu’ils franchirent le seuil de l’entrée, la boîte comprit qu’elle allait être offerte à la maitresse de maison. Malheureusement, une fois encore, non seulement on n’allait pas l’ouvrir, mais elle fut remisée dans un autre placard. La porte mal refermée permit à la boîte d’entendre sa nouvelle propriétaire discuter avec son mari après le départ des invités. Elle se plaignait qu’on lui offrait des chocolats parce qu’elle était allergique. La pauvre boîte se mit à pleurer. Qu’allait-on faire d’elle ?

Ne soyez pas attristés, car en fait, je vous le confie, une boite ne pleure jamais. C’est seulement dans le but d’ajouter à la dramaturgie de notre passionnante histoire... Ce nouveau couple invité lui aussi chez d’autres amis décida d’offrir à son tour la fameuse boîte. Une fois encore, la boîte fut remisée dans un nouveau meuble, mais cette fois-ci, en compagnie d’autres boîtes de chocolats tout aussi jolies qu’elle. Je ne vous explique pas le commérage :

— Non mais regardez là celle-là, pour qui elle se prend avec ses trois couleurs ?
— Il paraît qu’elle est divorcée et qui lui manque des chocolats.
— Encore un bas de gamme de chez Lidl.
— Hey les filles ! Frottons la nouvelle, en chauffant ses chocolats vont fondre.

Finalement, les vilaines boîtes jalouses ne mirent pas leur vilain projet à exécution car elles-mêmes auraient subi le même sort. Ouf, on l’a échappé belle. Un mois s’écoula, une nuit, la porte du meuble s’ouvrit et l’une des boîtes disparut sans qu’on sache ce qu’elle advint. Une semaine plus tard, ce fut une autre boite victime elle aussi d’un mystérieux enlèvement. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’arrive le tour de notre belle boîte de chocolats. Des mains velues la saisirent avec brutalité pour la poser sans ménagement sur la table du salon. Les affreuses mains s’apprêtèrent à déchirer l’enveloppe de plastique transparent lorsque la lumière éclaira la pièce.

C’était la maitresse de maison (pas la même que tout à l’heure si vous avez bien suivi). Elle venait de surprendre son obèse de mari qui allait gloutonner une énième boîte de chocolats. Car en fait, coup de théâtre, c’était lui qui s’était occupé des autres boîtes.

Elle hurla après lui en le menaçant de tous les maux car il était au régime. Il tenta maladroitement de lui expliquer qu’il s’était levé à cause d’une insomnie, qu’il avait vu la boîte trainer sur la table du salon et qu’il projetait de la renfermer dans le meuble. Intelligente, sa femme n’en crut pas un mot. Alors, désespéré, le mari raconta que la boîte habitée par l’esprit de gourmandise avait dû sortir toute seule du meuble histoire de tenter sa faiblesse gourmande. Très intelligente, sa femme ne crut pas non plus cette explication car il ne faut pas déconner quand même. Si elle avait pu parler, la boîte elle-même aurait nié cette diffamation. Le doute qu’émit la femme énerva le mari qui s’en prit à la boîte. Il l’attrapa et la secoua en lui passant un savon :

— Mais dis-lui, toi, espèce de petite trainée, que c’est de ta faute.
— Inutile de t’en prendre à plus faible que toi ! lui lança sa femme.

Alors le mari déchira le papier d’emballage et fit voler le couvercle de la pauvre boîte. Provoquant sa femme, il prit un chocolat et l’avala sans prendre le temps de le déballer. Choquée, la boîte s’évanouit. Elle recouvra ses esprits le lendemain matin. Délicatement posée sur un petit coussin douillet dans le salon, on lui avait remis son couvercle. La maitresse de maison entra soudain dans la pièce. Craignant que son mari ne la suive, la boîte se mit à trembler. La maitresse de maison se pencha sur elle et lui fit un bisou.

— N’aie crainte, désormais plus personne ne te fera de mal. Merci gentille petite boîte. Grâce à toi mon gros porc de mari est enfin mort. Il s’est étouffé avec le papier d’emballage de ton chocolat.
Ainsi, la boite de chocolats coula des jours heureux avec la veuve joyeuse.

Moralité : ben y’en n’a pas.
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