À son corps défendant

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La passion me guide, lorsque j'écris, je suis en apnée. Je sens qu' il y a urgence à coucher ces mots sur le papier ou sur l'écran. Je serai ravie de lire vos commentaires, quels qu'ils soient  [+]

L'ascension

Une si jolie famille
Je ne sais plus à quel moment mes parents, mes trois frères et moi n'avons plus vraiment été un bloc uni. Au début, nous l'étions. Nous nous supportions assez bien, ils me protégeaient, me faisaient participer à leurs jeux, forcément toujours un peu trop masculins, auxquels je me prêtais de bonne grâce. Je n'avais pas l'occasion de jouer avec des camarades de mon âge. Maman n'invitait pas d'enfants à la maison. Je n'avais donc pas le choix.
Notre différence d'âge les dérangeait un peu mais ma mère les obligeait à jouer avec moi, pour avoir sa tranquillité. J'avais quand même dix ans de moins qu'eux !
En fait, cela ne dura pas longtemps. Arrivés à l'adolescence, leurs préoccupations changèrent et ils s'évertuèrent à m'écarter de leurs discussions. J'en surprenais par hasard quelques-unes, poussée par la curiosité. Lors de mes jeux solitaires, il m'arrivait de me cacher dans une armoire de la chambre de l'un d'eux pour mieux écouter leurs conciliabules, tous ayant trait aux différentes façons de séduire une fille.
Leur langage, tout à coup devenu si différent de ce que je connaissais, marquait forcément la fin d'une période d'innocence, pour entrer dans celle, plus adulte, de la recherche d'expériences sexuelles.
J'étais novice en la matière, évidemment. En général, à neuf ans, les filles aiment la marelle, les jeux de société ou d'imitation.
Ce fut pour moi aussi la fin d'une période légère et insouciante. J'appris comment dégrafer un soutien-gorge, comment accéder à la toison des filles, en y glissant un doigt.... Moi-même, je n'avais pas encore observé attentivement cette partie de mon anatomie, ni n'avais essayé de me caresser pour voir ce que ça faisait. D'ailleurs, aucun poil ne pointait à l'horizon, je me demandais souvent à quel moment cela pousserait. Toutes mes questions restaient sans réponse, personne ne se risquant à ce genre de conversation avec moi. Ce n'était pas le genre de la famille. Si ma mère savait ce qui se tramait dans les chambres des garçons ! Parler de sexe était bien évidemment tabou. La porte du bureau de mon père leur était toujours ouverte, pour parler de transferts de portefeuilles, d'actions et de placements... Rien d'autre.
Le sexe constituait le thème récurrent des conversations de mes frères. Les jumeaux de vingt ans, calmes et posés, gloussant toujours entre eux, dans une communication bilatérale bien rodée; l’aîné, âgé, lui, de vingt et un ans, plus expansif et fier, leur prodiguant moult conseils et recommandations.
Ils étaient encore étudiants à ce moment-là. Les deux premiers en école de commerce, le troisième stagiaire dans une banque dont il deviendrait bientôt le directeur.
Dans notre famille, depuis le XVIIIᵉ siècle, les transactions immobilières étaient au cœur des préoccupations. L'arrière-grand-père avait débuté comme vendeur à la sauvette, puis avait acquis un local, où il avait pu développer une affaire, dans le secteur de la mode. En pleine expansion, il avait alors investi dans un bâtiment somptueux de trois étages en plein Paris qu'il aménagea pour en faire le plus grand magasin de la capitale. Ses idées fusaient, ses innovations faisaient mouche. Il créa les étages à thème, toute la famille pouvait venir s'habiller dans le même magasin, les créations venaient du monde entier.
Tout Paris se déplaçait pour admirer la belle façade du magasin, à l'architecture cossue. La déambulation parmi tous les nombreux articles exposés devint désormais l'activité familiale du samedi. Il était difficile de croire que dans une ville aussi grande on pouvait centraliser les désirs vestimentaires de chacun. C'est pourtant ce qui arriva. Chaque membre de la famille trouvait son bonheur, les modèles étaient régulièrement renouvelés, les tissus arrivaient par tonnes depuis l'Asie, notamment. Dans tous les journaux on annonçait les derniers arrivages. Des manifestations saisonnières furent organisées, afin d'attirer toujours plus de visiteurs. Il y avait comme une excitation collective devant la devanture du magasin, de grandes vitrines où les mannequins portaient les modèles que l'on pouvait se procurer à l'intérieur. Du jamais vu. Mon arrière-grand-père, dynamique, moderne avec ses idées d'avant-garde, suscitait la jalousie. D'autres concurrents avaient essayé de le copier. En vain. Certains s'étaient installés non loin de là avec à peu de chose près le même concept. Ils n'y eurent pas le succès escompté. Le fonctionnement du magasin de mon arrière-grand-père avait fait des émules et il eut bien du mal à conserver sa ligne de conduite. Cela impliquait des heures de labeur, de nombreux déplacements dans les pays qui offraient de nouvelles soies, du lin, du coton, qu'il fallait jauger, estimer, commander en quantité sans se tromper sur les futurs besoins de ses clients. La gestion du transport n'en était pas moins difficile, il devait s'entourer de partenaires fiables. Il se méfiait de tous. Il avait peu d'amis. Seule sa réussite comptait. Pendant très longtemps, il resta célibataire, se plongeant à corps perdu dans le travail, sa seule satisfaction.
Il était souvent interviewé par les journaux pour montrer sa fulgurante ascension. A quarante ans, il était détenteur d'une fortune colossale.
À ce moment-là, il réfléchit au devenir des articles invendus. Il voyait des quantités de vêtements sur les cintres, qui ne trouvaient pas preneurs. L'idée germa et un jour, il décida qu'il y aurait une période de rabais, pour proposer ces articles qui de toute façon étaient destinés au broyage dans le meilleur des cas.
Les soldes étaient nées. Il put ainsi dans un double objectif, faire plaisir à moindre coût à sa clientèle, et récupérer un peu de ses investissements.
Ce fut un énorme succès, toujours attendu d'une année sur l'autre.
Vous voyez comme cette histoire familiale a pesé sur l'équilibre de notre famille , chargée de continuer l’œuvre entreprise par notre arrière-grand-père. Cela causa irrémédiablement des dégâts internes, des pressions psychologiques difficiles à supporter, cet espèce de destin tout tracé qu'il faut porter à bout de bras. Et tout cela dans un XXI ème siècle axé sur le commerce par internet, qui menace chaque jour la pérennité de cette démarche.



Le déclin

Depuis la cellule où je me morfonds, j'ai le temps de penser à tout cela. Mon arrière grand-père mourut d'une crise cardiaque, seul, un jour sombre et ordinaire. Il était en train de négocier comme souvent le prix des marchandises d'un grossiste. Grâce au fils qu'il avait eu vers quarante-cinq ans avec une chanteuse de cabaret, l'affaire pouvait rester dans la lignée familiale. Du moins le pensait-on. Ce jeune Lucien n'avait pas la passion qui animait son père pour la marchandise, il ne faisait pas d'efforts pour maintenir à flot l'entreprise. Les commandes commencèrent à se faire moins nombreuses, les fournisseurs finirent par rompre des contrats vieux de trente ans, flairant les failles dans la gestion du jeune marchand. Pour ne rien arranger, il se mit à boire. Il fit de plus en plus d'erreurs, sa comptabilité en souffrait, les dettes s'accumulaient. Un jour de beuverie, alors qu'on l'attendait pour signer une commande importante, il s'attarda plus que de raison dans un troquet où était organisée une loterie. Il gagna le plus gros prix : un chèque de un million de francs. Il s'entoura alors de personnes avisées susceptibles de redresser son affaire déclinante. Il prit même un associé débordant d'énergie, de bon conseil, tourné vers l'avenir. Il investit dans de nouveaux aménagements, créa des apéritifs événementiels pour fêter chaque nouvelle collection.... Enfin la réussite lui sourit et le magasin redevint l'un des plus fréquentés de Paris. Il se maria en grande pompe avec la fille d'un banquier. Celle-ci s'intéressa très vite aux vêtements dédiés aux femmes, suggéra de nouvelles coupes. Elle fut une des premières à porter la minijupe !
Elle ne l'aida malheureusement pas très longtemps car dans ce milieu d'hommes, difficile d'imposer une femme ! La maternité interrompit de toute façon ses ambitions. Elle eut trois enfants en sept ans et s'y consacra entièrement. Parmi eux, mon père. C'est lui qui fut désigné pour reprendre l'affaire. Ses frères ne s'intéressaient qu'aux antiquités. L'un devint maitre-priseur, l'autre expert en objets d'art. Mon père rencontra celle qui devait devenir ma mère lors d'une vente aux enchères. Ni l'un ni l'autre n'acheta quoi que ce soit ce jour-là... Le coup de foudre fut instantané. Cela dure depuis quarante ans !
Aujourd'hui, allongée sur cette couche inconfortable et puante, évoquer l'histoire de ma famille me fait du bien. Cela m'aide un peu de retracer leur parcours. Je me rends compte à quel point leur ambition à tous fut grande. Non que je sois admirative, loin de là, chacun son histoire, voilà tout.
La mienne est moins reluisante, évidemment. Mon parcours personnel est jalonné de grands écarts avec cette famille. Je me suis évertuée à me montrer différente, non conforme. Je n'étais jamais là où on m'attendait. Je ne faisais jamais ce que chacun me conseillait. Cette rébellion a débuté lorsque, toute jeune encore, je fis mon apprentissage sexuel avec l'un de mes frères. De jeune fille, je devins femme. Le fait qu'il m'initia aux plaisirs de la chair ne me choque nullement. Notre complicité était tellement forte qu'elle aboutit à un corps à corps intense et sensuel, empreint de respect et d'un réel désir l'un pour l'autre. Je ne regrette pas ce moment-là. C'était la première fois que je goûtais à une certaine liberté. Je compris que le pouvoir ne résidait pas seulement dans l'argent, mais aussi dans le corps. Je me suis très vite affirmée en tant que femme, maîtresse de son corps et de ses envies.



La chute


Voir le désir dans les yeux d'un homme m'excite. Voilà la vérité. Cela m'a conduit à des situations très extrêmes, à la limite du raisonnable, et bien sûr j'ai reçu la réprobation de mon entourage. Même mon frère préféré, celui qui est à l'origine de mon addiction pour le sexe, n'a pas apprécié. Il ne m'a pas soutenu. Il m'a laissé m'enfoncer, me détruire. Ce qui a abouti à la déchéance totale de mon être. Personne pour me guider et me remettre dans le droit chemin. En essayant de me trouver, je me suis perdue. Je n'ai pas essayé d'échapper à mon destin. Cependant, je ne pensais pas que cela me conduirait dans un cachot humide. Bien des choses se sont passées. Je n'ai pas maîtrisé les conséquences de mes actes. Je n'ai pas anticipé les dégâts irréversibles que cela a causé. À cause de moi, plus rien ne sera comme avant. Mais est-ce que c'était mieux avant ?
Quand j'ai rencontré Marco, au café où je travaillais comme serveuse, j'ai soudain vu mon ciel s'éclaircir. Il me regardait avec un air décidé, mais aussi protecteur. Il m'a rapidement proposé un autre avenir que celui que j'étais en train de me forger : serveuse de bar. Comme j'avais été une adolescente rebelle et indisciplinée, j'avais été virée de plusieurs collèges privés. Malgré le nom de mes parents et les sommes colossales qu'ils déboursèrent pour mon instruction, rien ni personne ne parvint à me convaincre d'obtenir un diplôme. Seule la découverte des sensations charnelles m'intéressait.
Marco est venu au café régulièrement, il a montré son intérêt pour moi, il m'a considérée comme une personne à part entière. Il a remplacé mon père en quelque sorte, car il m'a prodigué des conseils sans me juger. Son regard sur moi était empreint de désir, je le sentais. Je l'acceptais. Cela me flattait. Quelqu'un s'intéressait à moi. Il m'a écouté raconter mon enfance, je restai évasive cependant. Je ne révélai pas le nom de mes parents. Comme tout le monde autour de moi, il pensait que ce métier ne m'apporterait rien. Il m'offrit alors une opportunité à laquelle je réfléchis quelques jours.
Comme j'avais un parcours atypique au niveau personnel, j'avais le profil idéal pour son projet : tourner des films X avec peu de moyens, pour surfer sur la vague des vidéos amateurs. Je ne l'avais jamais fait. Mes expériences se limitaient à des rencontres faciles, j'avais l'habitude de coucher dès le premier rendez-vous. J'aimais faire l'amour. Je me rendais compte que je n'avais pas besoin d'être amoureuse. Donc la description des futures scènes que j'aurais à tourner, si j'acceptais, ne me choquait nullement . Je me doutais que je devrais faire l'amour à une femme, à deux hommes, que je devrais participer à des gang- bang peut-être et tout cela sous l’œil des caméras. Ce milieu m'attirait. J'avais déjà visionné des films pornographiques. Lors de soirées débridées avec certains de mes partenaires, il n'était pas rare qu'on en regarde ensemble, dans le but de nous stimuler. Je ne quittai pas mon job, seulement je préférais l'exercer à mi-temps pour garder un pied dans la réalité.
Les tournages commencèrent. Ils avaient lieu dans un hangar de banlieue. Les décors étaient soignés. Le casting était à la hauteur. J'avais des jeunes hommes musclés et bien membrés comme partenaires . Parfois on était complices lors de nos jeux sexuels, parfois pas. J'exécutais le scénario de la meilleure façon possible. J'aimais beaucoup faire l'actrice. J'étais une actrice, oui. Je devais me montrer différente de ce que j'étais réellement. J'avais un rôle de soubrette à jouer ? Je minaudais et jouais la pucelle timorée. D'un coup j'ouvrais la braguette de mon partenaire avec des gémissements annonciateurs de ma future jouissance, prenais son membre tendu dans ma bouche et commençais des va-et-vient soutenus. Je regardais dans les yeux l'homme qui visiblement appréciait mon savoir-faire. Il soulevait ensuite ma jupette de servante et introduisait son gland avec vigueur en me disant des mots crus. Je me courbais sous ses assauts répétés. Je devais crier de plaisir. Ce que je faisais. Mais de jouissance, je n'en avais point. Ce qui m'excitait était de découvrir de beaux corps musclés . Chaque homme avait sa façon de me prendre. Les scenarios tous différents nous permettaient de varier les situations. Pas le temps de réfléchir. On se mettait dans la peau du personnage et on essayait de faire en sorte qu'il n'y ait pas trop de prises. Un jour, nous étions sur un lit, une des filles léchait mon clitoris goulûment, tandis qu'un beau brun de type latino me tringlait. J'étais à genoux, j'avais les jambes écartées et vibrais en rythme, attentive à la montée du plaisir. Je mettais deux doigts dans ma bouche d'une manière langoureuse. Je criais :"Encore!". Ce jour-là, le réalisateur ne se montrait jamais satisfait. On dût recommencer cinq fois. Difficile de garder le sourire. C'est dans ces moments-là que je me demandais si j'allais continuer. En plus Marco ne passait qu'en début et en fin de journée. Il m'avait recrutée. Pas de place pour les sentiments. Ce boulot était très bien payé. C'était déjà ça. J'avais un train de vie égal à tous les membres de ma famille, sauf que nos activités différaient. Je n'avais plus de contact avec eux. J'avais acquis mon indépendance. Parmi les actrices que je côtoyais, une seule essaya de se rapprocher de moi. Deux solitudes ensemble. Nous prîmes même un appartement en colocation. Le soir, on ne parlait pas du travail de la journée. On se glissait dans notre grand lit et on se caressait pendant des heures jusqu'à ce que chacune ait joui. C'est ce qui m'a permis de tenir.
Quelques mois plus tard, j'étais décidée à rompre mon contrat lorsque l'actrice qui avait partagé mon quotidien et reçu mes confidences, avait découvert qui j'étais : la fille d'un très grand industriel, premier investisseur français, côté en bourse! Ce fut à ce moment-là que tout bascula. Elle eut comme obsession de profiter de cette aubaine, pour s'enrichir davantage bien sûr. Avec Marco, ils s'associèrent pour organiser un cambriolage dans la maison de mes parents. Pour arriver à leurs fins, il leur fallait l'emploi du temps de mon père, ses déplacements, ses rendez-vous. Malgré moi, prise dans une spirale infernale, je fus obligée de donner toutes les indications pour accéder à leur domicile, les codes des différentes alarmes également. Marco et sa complice avaient gardé tous mes papiers d'identité. J'étais coincée.
Le lendemain, tous les journaux relataient ce vol exceptionnel, de nombreux tableaux de peintres célèbres avaient été subtilisés, ainsi que des sculptures et des bijoux. Il y en avait pour un million d'euros de gain, si jamais ils parvenaient à tout revendre. C'est alors que je reçus un appel de mon père, qui ne m'avait plus parlé depuis un an. Il se doutait que j'étais pour quelque chose dans cette histoire. Il était au courant de mes activités. Mon frère lui en avait parlé. Il comprit que j'avais eu de mauvaises fréquentations dans ce milieu. Les paparazzi commencèrent à se poster devant leur maison et la mienne. Pendant des semaines, les articles étaient alimentés par ce pavé dans la mare. Ils s'étaient renseignés sur notre famille, découvrirent mes drôles de mœurs, balancèrent le scoop dans de grands quotidiens. Les titres accrocheurs me rendaient folle." La fille d'un grand patron français impliquée dans le cambriolage de la maison de ses parents ! "."La benjamine d'une grande famille au-dessus de tous soupçons obligée de tourner dans des films X pour vivre, car rejetée par les siens !"." La déchéance d'une adolescente pourtant destinée à un grand avenir !". Les investisseurs étrangers convoquèrent aussitôt leurs partenaires financiers. La nouvelle traversa les continents à la vitesse de l'éclair. Ils perdirent confiance en mon père, qui ne montrait plus l'image d'un grand patron digne et fiable. Trop d'histoires familiales complexes entachaient sa réputation. Ils se tournèrent vers un autre grand patron, et délaissèrent l'entreprise paternelle.
Tout le travail durement acquis au fil des années n'était plus qu'une ombre. Le téléphone ne sonnait plus. La police vint alors me chercher, j'étais accusée de complicité dans l'affaire du cambriolage. Mes anciens collègues avaient disparu à l'étranger avant même qu'on ait pu les identifier. Ainsi, mon sort était scellé : trois mois de prison pour avoir pêché par naïveté ! Lourde sentence, surtout pour mon entourage.
J'avais mis ma famille sur la paille. Je n'en éprouvais aucune émotion. Je n'ai pas cherché à m'excuser. J'avais toujours une rage folle au fond de moi. La rage de vivre, de brûler ma vie par les deux bouts, une urgence à exister.
Pourquoi étais-je devenue ainsi ? Si sauvage, si indomptable....
Peut-être que la réponse à mes interrogations se trouve dans un événement particulier survenu il y a quelques années déjà.
À l'époque, comme je l'ai dit, j'étais assez en retrait, me faufilant dans les couloirs sans bruit, à pas feutrés, pour écouter les conversations. L'une d'elles m'a particulièrement affectée : mon père et ma mère se reprochant l'un l'autre leurs incartades hors couple, s'accusant mutuellement d'infidélités. Mon père, particulièrement outré, se mit à raconter ce dont il avait été témoin. Ma mère prenait régulièrement des cours de stretching avec un professeur particulier, jeune sportif musclé et bronzé. Elle tenait à garder une silhouette svelte et entretenue, et cela lui coûtait de suivre ces cours, dans tous les sens du terme. Mais leur relation devint différente quand ma mère osa quelques caresses au niveau de son entrejambe, attirée par cet homme séduisant. Mon père était rentré plus tôt de son travail et assista aux gémissements conjoints de sa femme et de l'homme qu'il payait grassement. Ma mère, allongée sur le dos suçait avidement le beau membre tendu de son coach tandis que celui-ci léchait sa chatte bien épilée, en position du soixante-neuf.
Deux solutions s'offraient à mon père, soit il se taisait et souffrait en silence, soit il interrompait le coït et faisait un esclandre suivi du renvoi immédiat du bel éphèbe. Il choisit la deuxième solution.
Depuis ce jour, ma mère se tait,et se montre soumise vis à vis de mon père. Elle n'a plus pris de cours particuliers, et s'est bien empâtée au tournant de la cinquantaine.
Ce qui changea dans leur couple, cette année-là, fut l'annonce, trois mois plus tard d'une grossesse non désirée, dont on devina bien évidemment le responsable.
Je suis l'enfant né de cette unique union entre ma mère et un autre homme.

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