9. La leçon nue chez Egako (fin)

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Je ne suis qu'une plume. Je sens, toutes proportions gardées, une sororité profonde avec Dominique Aury (Pauline Réage), âme pleine d'un délire qui nous a offert "Histoire d'O". Je veux partage  [+]

(...) C’est dans l’éblouissement de la clarté de l’hiver que je couvre de mon corps la courte Yoko. De belles cuisses potelées, de fins mollets fermes, une croupe rebondie, blanche comme une dragée, un ventre un peu mou bien que plat. Yoko est d’une carnation moelleuse, agréable contre soi, à la manière d’un bain de crème. Son sexe épilé est brun violacé, pas d’une couleur engageante, mais il a des découpes dentelées aux aspects barbares. Il semble avoir été déchiré pour ouvrir une brèche dans un paradis bouillant ne connaissant que des nuits éternelles & cathartiques. Cette nymphe outrancière, cette vulve me plaît. Mais qu’est-ce qui ne me conviendrait pas chez une fille, puisque c’est tout simplement & tout miraculeusement une fille ?
Je la couvre de baisers & de caresses. Je joue à outrance avec ses seins opulents. Je les pince sans pression de mes doigts, les agace, en extirpe toutes les sensations qu’il est possible de faire découvrir à une novice. Je m’attarde à visiter son cul, la retourne pour le masser, y poser des baisers clapotant. J’abrège ces prémices, puisque Yoko est à point pour tomber dans les délices des dieux, grâce à une Coralie qui l’a si bien attisée. Il ne faut plus tarder à la posséder. Pour elle, tout comme pour Kuniko, il y a un brin d’appréhension à être pénétrée. Je lui suggère de procéder par la position qu’Egako & moi avions exécutée pour présenter l’art de s’accoupler. Elle est d’accord. Elle prend, non sans appréhension, l’initiative de me chevaucher.
Je lui laisse tout le temps de me glisser elle-même en elle.
Egako & Coralie viennent à son secours. Je crois qu’elle va pleurer. Egako l’enlace par derrière, & la serre affectueusement, tordant les mamelles à plaisir. Coralie pointe mon sexe, & quand il se trouve à l’aplomb de la chatte scellée de son hymen, je pourfends la fille d’un coup de reins qui la surprend. Elle lance un grand cri de douleur. Ses seins tressautent, & son ventre tambourine de l’intérieur. Une foudre terrible lui assène vertiges & tremblements. A croire qu’on l’éventre en lui coupant le souffle.
Le sang ruisselle. Une tâche symétrique comme sur une planche de Rorschach, forme une créature entre mon bas-ventre & le sien. Immobiles tous les quatre, Egako caresse le visage de Yoko pétrifiée. De grosses larmes coulent sur ses joues, tombent sur ses beaux seins qui tanguent mollement, rebondissent jusqu’à atterrir sur ma poitrine.
Elle murmure que c’est beau ou bon. Egako la prend alors par les hanches & l’invite à rouler du bassin lentement pour faire monter le plaisir. Yoko devient une marionnette suspendue à des élastiques.
Sans l’avoir appris, elle découvre comment se faire béliner afin d’appuyer la présence de mon sexe qui la veut toute & qui s’emparera un peu de son âme.
Sans un mot, sans un gémissement, elle accueille le plaisir qui monte. Il monte si haut en elle, dans son cœur, dans ses entrailles, dans son histoire.
Les perles de sueurs se mettent à briller entre ses seins. Mes aides de camps s’éloignent & contemplent notre coaxalie sous le soleil éblouissant.
Je pétris le cul de Yoko tout en la guidant, admire en fanatique ses seins pâles. Ils tremblotent démentiels, alléchants.
Quand elle se couche contre moi, sous les violentes contractions de ses entrailles qui la dominent, je déverse une fougue trop longtemps retenue. Toute la patiente accumulation depuis Noël, de mon désir charnel, part en typhon terrible en Yoko. Je roule dans les draps avec la jeune femme, la bascule sur le côté. Arrachant mon étui de latex, je sème du sperme autours des généreuses cuisses flageolantes, barbouillées de sang sur l’intérieur, une jambe en l’air contre ma poitrine, l’autre sous mes propres jambes repliées, & un petit coussin opportunément calé sous ses reins. Dans la posture, je sens tant de peau contre moi, que je me crois dans le parinirvâna. Me voilà saisit de la conviction mystique, pendant quelques secondes d’extase, que Yoko en est l’émanation divine descendue sur Terre pour ma jouissance. Avec toute mon inconséquence, je me précipite une dernière fois en elle, pour jouir de jouir en elle. Yoko tremble, le souffle coupé, la chair secouée. Et, alors que je lui insuffle ma passion, tel un faune insatiable, elle écarte ses fesses pour moi. Je ne comprends pas l’intérêt du geste, mais il témoigne d’une véritable envie de me plaire. Je crois lui plaire, moi aussi. Je me finis, débordant de gratitude. Quelle femme ! Quelle merveille de biscuit de Sèvres. J’ignore quel sommet elle a atteint. Mais je la tourmente aussi longtemps que j’en trouve la vigueur. Quand je m’immobilise, je l’agrippe, me tiens serré contre son cul jusqu’à ce que ma verge épuisée glisse pesante de lassitude en de longues éclaboussures.
Nous nous étendons ensuite pour nous reposer. Enlacés, plongeant dans une tendresse circonspecte, Yoko me susurre dans son pauvre français, des « je aime vous ».
Le soleil décline & il commence à faire plus frais dans la pièce. La lumière devient plus rasante. L’angle qu’elle fait en éclairant la peau de Yoko, révèle l’aspect grumeleux que provoque la chair de poule sur les bras, les cuisses, les seins. Malgré les frissons, Yoko sommeille longuement, installée en chien de fusil, les mains au chaud entre les cuisses.

Coralie se fait du bien blottie depuis longtemps contre Egako.
Un quart d’heure ou vingt minutes se sont écoulées. Je me lève, plein de vigueur & d’envie. Le sang virginal a séché sur ma verge. J’endosse le kimono & me rends à la salle de bain. J’y trouve Kuniko prostrée contre la baignoire.
Elle me fait un sourire triste en s’inclinant, jette un œil craintif sur mon sexe sanguinolent. Elle veut s’en aller pour ne pas me déranger.
- Non, tu ne me gêne pas. Reste.
Elle paraît désorientée, mais incapable de fuir. Je lui prends les mains, l’aide à se relever.
- Tu ne veux plus faire l’amour ?
- Je voudrais, mais j’ai trop peur.
- On peut faire ça une autre fois.
- Tu reviendras ?
- Tu le voudrais avec moi ?
- Ha ! fait-elle, dans sa langue, déférente, sincère, catégorique, comme si elle venait de faire un serment, & tout en s’inclinant d’un mouvement vif & déterminé.
Je baise le dos de ses mains, & me presse contre son corps. J’accomplis le plus difficile, l’embrasser. Nous nous faisons des petits baisers qui ressemblent à ceux que se font de jeunes amoureux. Je la sens rassurée. J’ai une violente envie de la prendre, mais je me prépare à toutes les frustrations.
Je tente un autre baiser dans le cou. Il la chatouille. Secouée par un grand frisson, elle se serre contre moi. Kuniko embaume la crème Nivea. Mes mains descendent, les siennes me retiennent. Insistant, je baisse sa petite culotte jusqu’au-dessus des genoux. Elle se fige. Impuissante, elle me regarde m’accroupir. Je lui fais oublier l’inquiétude que lui inspire mon sexe. Me tenant à ses pieds, je contemple le toupet de fourrure noire qui contraste plus puissamment que chez une blanche, avec sa peau de cendre.
J’y fourre mon nez, y donne des baisers & y pratique quelques succions qui surprennent Kuniko. Elle me regarde étonnée & touchée.
Les jambes de la jeune femme tremblent, tétanisés.
Ma langue s’insinue entre ses petites lèvres tapies dans l’ombre des poils.
La chatte a un goût piquant & salé que je ne connais pas. J’y trouve de quoi m’y désaltérer.
Les bras croisés sur la poitrine, mains sur les épaules, l’inconnue me laisse la pâturer impunément. Elle reste dans son état de sidération.
Mes mains s’agrippent caressantes à ses petites fesses soyeuses, tendres guimauves, encore nubiles.
Elle murmure des mots en japonais, de sa voix fluette.
Quand je juge que sa ruisselance est suffisante, je me relève.
Je sais qu’elle ne veut pas être pénétrée, alors qu’elle s’ignore plus ouverte qu’un coquillage que la marée montante vient enfin recouvrir pour lui permette de respirer. Sa chatte baie & les chairs de son sexe sont détendues, parées à chavirer.
Dès l’instant où je me redresse, toujours serré contre elle, & que mon sexe frôle ses poils un peu piquants, je la fourre en lenteur, mais sans faiblesse. Kuniko se découvre trahie. Elle émet un premier oh de frayeur, me dévisage d’abord avec colère. Or, son corps se fendille. Elle se met à faire un autre oh, plus long, celui-ci. Hébétée, elle évalue cette chose singulière qui s’est logée en elle & qui semble l’écarteler. Elle a quelques spasmes légers. Brève suffocation de fille outrée. Pendant cette tension de son corps, je suspends mon intromission, puis reprends pour visiter les profondeurs de cette chatte serrée, mais accueillante. Kuniko sait que ma possession est irrésistible. Elle se mord la lèvre inférieure, gémit comme si une petite aiguille venait de s’enfoncer sous le clitoris. Passé ce désagrément, elle paraît obtempérer, une fois bien empalée sur moi. Le tendre bélinage commence. D’autres frissons montent en elle. Elle fond & pose lourdement sa tête contre ma poitrine comme si elle allait s’évanouir & fait glisser avec légèreté ses doigts sur mes bras. La douceur de ma pénétration achève de la convaincre de faire l’amour avec moi. Je me tiens dans sa trop petite nymphe, dont le cœur est un temple de tendresse. Je tombe mon kimono afin que nous soyons peau contre peau.
Elle me laisse soulever ses cuisses menues, & là, contre les lames du chauffage où sèchent de grandes serviettes éponges, je dépucèle la jolie Kuniko à la dent de loup, comme l’on boit un vin jusqu’à la lie.
Je prends tout mon temps. Je la couche sur le tapis de bain & me mets à cajoler son corps d’avant en arrière de toute ma chair.
Ses petites jambes, ses seins rachitiques, mais joliment dessinés. Que du bonheur !
Je la soulève, la tourne, la pénètre, la lâche, la pénètre, la retourne, la pénètre encore, lui embrasse le cul, l’empale à nouveau, me retire, me passionne pour sa poitrine sans relief, reviens en elle, m’en écarte, jusqu’au moment où je la juge assez molle entre mes bras pour lui faire découvrir l’orgasme. Je lui offre le meilleur, agace le point G, une main appuyée sur son ventre. Quand elle rencontre la folie, la crise divine, je libère les brides intérieures que je m’étais attachées. Qu’il est doux de verser en ce corps à la fois banal & féerique. Miséricorde & affection.
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Jeanne VOILE · il y a
Bonjour Efflamine Triflina,
Une fois encore enflammé/e par votre verve et la merveilleuse imagination dont vous faites preuve. "Expérimentalement" néanmoins je n'aurais pas attribué des "fesses rebondies" à Yoko (je crois, celle aux gros seins) car la chose est rare chez les Japonaises plus coutumières de lignes fluides et peu prononcées (au charme discrètement fou). Mais l'auteur/e est souverainement libre des formes qu'il/elle choisit. Un envie un peu folle de "jumper" dans votre texte et le faire dériver d'harmoniques nouvelles. N'ayez crainte, le droit d'auteur est pour moi sacré ! Quel beau texte dont vous venez, une fois encore, de nous régaler. Bravo et merci !

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