3 - Rahan ne se méfie pas assez

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40 ans dans l'industrie, les machines et la robotique ça laisse des traces... et des interrogations ! Heureusement la découverte tardive de l'écriture me permet d'aller au delà d'une rude  [+]

Un jour, Rahan en eut marre. Marre de vadrouiller de droite et de gauche, de se battre pour un oui ou pour un non, de s’occuper des affaires des autres ou qu’on s’occupe des siennes. Il y avait trop de gens méchants qui ne faisaient rien qu’à l’embêter partout où il allait et ça, franchement, Rahan ne le supportait plus. Et puis à vingt printemps passés il était grand temps qu’il se caverne (comme on disait à l’époque).
C’est pourquoi, après des lunes et des lunes d’errances et d’aventures plus extraordinaires les unes que les autres (tout le monde le sait), il avait fini par se caverner dans la tribu des Kokonobos où il restait très peu de chasseurs encore vaillants. L’arrivée d’un tel mâle au physique avantageux avait suscité la convoitise de bien des femelles. C’est Zolena qui avait arraché Rahan à la rapacité de ses consœurs. Depuis hors de question pour lui d’aller jouer ailleurs du gouzi-gouzi dans le pilou-pilou. Il l’avait bien compris, à son grand dam, car d’autres femelles aimaient bien y jouer.
Un grand blond, beau et baraqué c’était mieux qu’un nain, croisé néandertalien et bas de plafond. Par contre, Zolena avait vite découvert que son haut front n’était pas la garantie d’un esprit futé. Mais bon, il avait au moins la faculté de pouvoir se battre et le talent de savoir chasser. En ces temps farouches c’était une garantie de survie. Et puis il parlait peu, un gros avantage car il sortait moins de conneries que les autres au conseil de la tribu.
Un jour, alors qu’il faisait la sieste à se faire bronzer le gouzi-gouzi devant la grotte, Zolena lui fit comprendre qu’il devait se bouger le cul, qu’il était temps qu’il rapporte de quoi manger. Les herbes, les baies ou les champignons c’était bien (à condition de faire attention à ne pas ramasser n’importe quoi) mais de la barbaque, de la vraie, ça mettait un peu de beurre dans les épinards (comme on dira plus tard).
Il troqua son porte-couilles en peau de zébu tannée contre celui en peau de lynx, nettoya son coutelas à l’urine d’auroch, se coiffa à la graisse de mammouth (ce qu’il faisait toujours quand il était de sortie) et juste avant de partir poussa son fameux cri de guerre afin de prévenir la faune environnante que ça allait chier des bulles. Zolena lui fit remarquer que sa tactique n’était pas des plus efficaces pour surprendre le gibier mais Rahan lui répondit qu’ainsi paralysé par la peur il n’en serait que plus facile à attraper. Il leva un doigt en signe d’au revoir et s’enfonça dans la jungle. Zolena, malgré cet hommage, se rappela la hauteur de son front et n’insista pas.
Au bout de plusieurs lunes, elle commença à s’inquiéter de l’absence de son mâle. Qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre ? Elle avait les crocs (comme on disait déjà à l’époque) et aussi le pilou-pilou qui la démangeait. Elle demanda des nouvelles aux autres mâles qui franchement se réjouissaient plutôt de la disparition de ce bellâtre. Par contre pour son pilou-pilou, si elle voulait bien...
Elle décida de partir à sa recherche. Il faut savoir qu’à cette époque, se balader seule dans la jungle sans porte-couille en peau de lynx et sans coutelas en ivoire, c’était très très dangereux. Aussi, elle dut négocier avec quelques gorilles des environs pour s’assurer une protection tout le long du chemin. Elle suivit l’odeur de Rahan (heureusement qu’elle ne l’avait pas obligé à se laver avant de partir) pour atteindre deux lunes plus tard les cavernes où vivait la tribu des Kakabanas.
Quelle ne fut pas sa surprise de voir son Rahan en train de se faire bronzer le gouzi-gouzi devant la grotte d’une femelle, toute aussi surprise que lui de la voir débarquer.
Zolena folle de rage, se jeta armée d’un bâton sur Rahan qui n’eut pas le temps d’escamoter sa virilité. Il poussa son fameux cri de guerre sur une note inhabituelle avant de s’écrouler. A cette époque-là, bien avant le rouleau à pâtisserie, les femelles savaient se faire respecter par des moyens tous aussi convaincants. Joplaya, la femelle kakabanaise, qui avait compris la situation en profita pour se venger en brisant une poterie de style magdalénien sur le crâne de Rahan . Elle le chassèrent immédiatement de leurs tribus et il fut contraint de reprendre son errance.
En tripotant les griffes de son collier, il se dit que Craô le sage ne lui avait pas tout appris. S’il ne se laissait jamais surprendre par une bête féroce, il n’en était pas de même avec les femelles.
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