2 - Rahan fouette un peu trop

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40 ans dans l'industrie, les machines et la robotique ça laisse des traces... et des interrogations ! Heureusement la découverte tardive de l'écriture me permet d'aller au delà d'une rude  [+]

Rahan descendait à la rivière pour faire des ablutions. Zolena l’y avait contraint car elle ne supportait plus son odeur de chacal. Ça puait comme ce n’était pas permis dans la caverne. Déjà qu’elle faisait une chasse sans merci aux bouts de barbaque avariés qu’il laissait traîner un peu partout, ce n’était pas pour remplacer leur odeur de charogne par celle d’un fauve.
Mais pour Rahan, se laver était insupportable. Perdre son odeur c’était perdre son identité de mâle chasseur. C’est donc de mauvaise grâce qu’il avait accepté cette corvée. Quand Zolena exigeait quelque chose, mieux valait qu’il file droit sinon elle était capable de le priver d’entrer dans sa petite grotte. Ce n’était pas que sa virilité soit à ce point intense mais contrairement aux autres femelles de la tribu, Zolena n’avait pas son pareil pour jouer au gouzi-gouzi dans le pilou-pilou comme on disait par ici.
Arrivé sur la rive du cours d’eau, il se renifla les dessous de bras pour garder en mémoire son odeur avant qu’elle soit avalée par la rivière. Il huma même un doigt qu’il venait de se passer dans la raie des fesses. Il accrocha son porte-couilles en peau de lynx à une branche basse avant de s’avancer dans l’eau. En baissant la tête il y aperçut son reflet. Ça faisait un sacré bout de temps qu’il n’avait pas eu le loisir de se contempler et pour cause. Cette fois encore, il se trouva beau. D’ailleurs tout le monde le lui disait sauf les autres mâles de la tribu que Rahan soupçonnait d’avoir des problèmes de vue.
Il arracha des herbes qui font des bulles pour se frotter avec comme il l’avait fait une fois par hasard et qu’il avait trouvé ça rigolo avant de comprendre des années plus tard à quoi ça pouvait aussi servir. Il entra complètement dans la rivière mais n’eut pas le temps de faire des bulles. Sans doute attiré par l’odeur, un silure géant s’approcha silencieusement entre deux eaux. Rahan ne l’aperçut qu’au dernier moment. Avant que le carnassier le lui morde le gouzi-gouzi, il le frappa sur la tête, le chopa par les ouïes et dans un terrible effort le balança sur la berge. Il courut se saisir de son coutelas pour lui en asséner plusieurs coups. Satisfait, il se redressa, contempla l’agonie du poisson puis poussa son fameux cri de triomphe.
Il allait se remettre à l’eau mais tout près, tapi dans les hautes herbes de la berge, une énorme panthère noire lui faisait face. Il vit dans ses yeux qu’elle était sur le point d’attaquer. Ni une ni deux, le coutelas toujours en main, Rahan se lança à l’assaut avant que le fauve ne le fasse. Il le retourna et l’égorgea. Il regarda l’animal se vider de son sang puis poussa son cri de triomphe.
Il allait remonter à la caverne raconter à Zolena son exploit lorsqu’il se souvint de la raison pour laquelle il était là. A contrecœur il se remit dans la rivière. Mais une fois de plus, il n’eut le temps de rien. Glissant silencieusement à la surface de l’eau, il vit s’approcher les yeux jaunes d’un crocodile. Comme pour la panthère, sans attendre, il se saisit d’une énorme pierre qu’il abattit sur le crâne du reptile. Ce dernier estourbi fit demi-tour en lâchant quelques larmes. Rahan le regarda s’enfuir et poussa un cri de triomphe. Décidément il avait bien fait de venir à la rivière, ça faisait longtemps qu’il ne s’était pas autant amusé.
Il finit ses ablutions et s’assis dans l’herbe pour se faire sécher au soleil. Mais là encore il n’eut le temps de rien. Il ressentit une violente piqûre à la fesse. Il se redressa d’un coup et tenta de chasser le frelon qui lui tournait autour. Peine perdue, l’insecte s’obstinait à vouloir le piquer à nouveau.
Il enfila son porte-couilles à la va-vite et à l’envers, et cavala vers la caverne en moulinant des bras avec son coutelas, poursuivi par ce frelon opiniâtre.
Zolena qui prenait le soleil avec Folora devant l’entrée de son foyer, le regarda passer. Elle se tourna vers sa copine pour lui dire dépitée: « Décidément Rahan me déçoit de plus en plus. D’après lui, il est capable de tuer un tigre à mains nues et voilà qu’il a peur d’une petite bestiole. » Puis les mains en porte-voix elle cria : « Mon pauvre Rahan, tu devrais t’habiller mieux que ça, tu as le gouzi-gouzi qui dépasse du porte-couille ! »
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Nicolas Auvergnat · il y a
Encore une pause passée à me marrer!
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Mitch31 · il y a
Merci Nicolas. Je me suis bien marré aussi en écrivant la suivante...

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