Image de Robyn Erzec

Robyn Erzec

3 lectures

2

Il y a bien longtemps, à bord de vaisseaux spacieux, un roi tyrannique accosta sur une île qu’il n’avait pas encore explorée. Il y régna très vite en maître. Les rebelles qui se dressèrent contre lui remportèrent leurs premières victoires sur cet abominable souverain.
Au cours d’une grande bataille, ils réussirent à dérober les plans secrets de la forteresse royale. Poursuivi par les sinistres sbires du roi, un mystérieux homme masqué, vêtu d'une large cape noire, disparaissait dans la forêt de Sherwood....
Le roi conserva cependant son emprise sur tout son royaume et s’accapara les richesses de son peuple, qui finit irrémédiablement par être réduit en esclavage.


1547, dans le royaume d’Angleterre, forêt de Sherwood

Moi, Robyn Erzec, depuis bien longtemps, je vis recluse dans les bois.

Un jour, alors que je m’entraînais seule dans ma clairière avec mon arc et mes flèches sur mes cibles, un homme de foi répondant au nom de « Petit Jean » vint à ma rencontre. Il me demanda d’intervenir, de faire quelque chose pour sauver le peuple de l’infâme Sheriff de Nottingham. Cet ignoble personnage qui m’avait dépossédée de mes terres, me rappela-t-il, comme pour mieux me convaincre d’accepter une fois de plus de jouer « les vigilantes ».

Je lui répondis sèchement par la négative.

« Le peuple n’a pas bougé le petit doigt lorsque cet abject Sheriff m’a pris ce que j’avais ! Je n’ai que faire de ce peuple ! Maintenant, déguerpis de ma vue avant que je ne te transperce de mes flèches d’acier ! »
Peu surpris par mon refus, il soupira de lassitude.

C’est alors que surgit de derrière un arbre une présence familière.
Vêtue de noir de la tête aux pieds, portant une longue cape et le visage masqué par une large capuche, elle s’approcha de moi d’un pas très lent mais assuré. Je la reconnus tout de suite malgré sa tenue d’apparat.

« Comment m’as-tu retrouvée ? Brocéliande, ça n’est pas la porte à côté ! »
La présence familière répondit en ôtant sa capuche.
« Quoi que tu fasses, où que tu ailles, à travers les siècles, je te retrouve toujours », affirma Lilas, ma compagne, que je n’avais pas vue depuis 117 ans. « Le peuple a besoin de toi, il n’y a que toi Robyn pour lui venir en aide ».
« Si c’est pour ta mère que tu es venue, tu peux repartir tout de suite, elle n’est pas là ».
« Je sais que c’est toi qui est venue la récupérer après qu’on l’a brûlée sur le bûcher à Rouen en 1430 »
« La Pucelle, qu’elle se fait appeler ! Si les gens savaient ! »
« Ce n’est pas le sujet et ça n’est pas pour ça que je suis venue ! »
« Tu es venue pour mes beaux yeux alors ?.... Ou pour te repentir d’avoir rejoint Kaamelott et filé avec Arthur peut-être ? »
« Que tu te fasses appeler « Lancelot le chevalier blanc » ou « Robyn », tu es toujours la même, tu as toujours le même caractère hautain et sauvage. Cesse de me mentir et de te mentir à toi-même ! »

Elle remit sa capuche.

« Je sais que tu finiras par revenir à la raison. Si jamais tu veux me revoir, je ne serai pas loin. Demande « Marianne » à Petit Jean », dit-elle en montrant du doigt l’homme de foi qui cueillait des champignons à l’autre bout de la clairière.

Elle se retourna, prête à reprendre la marche par le chemin d’où elle était arrivée.
Emportée par mon orgueil, je la visai avec mon arc et lui envoyai une flèche qu’elle stoppa de la main sans se retourner avant qu’elle ne l’atteigne.

« Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même » me répondit-elle avec une assurance désarmante.

Durant les vingt lunes qui suivirent, je ne parvins pas à trouver le sommeil, troublée par ce retour inattendu. Je ne savais que faire, ni à quel saint me vouer.
Un jour, je dus accepter l’évidence que je l’aimais et que si je voulais la revoir et me réconcilier avec elle, je devais venir en aide au peuple.

Au crépuscule de la lune suivante, je la retrouvai derrière une écurie.

« Qu’est-ce que tu proposes ? » lui demandai-je.
« De reprendre tes activités de truand, ma chère Robyn »

Elle désigna du regard des hommes de main au service du Sheriff de Nottingham en train de collecter un nouvel impôt aux paysans sur la place du marché.

« C’est un impôt de trop, il est temps que tu ailles reprendre aux riches et donner aux pauvres ! »
« Il y a bien trop de gardes ! »
« Tu renonces ? » me dit-elle d’un ton provocateur.
« Oh ça, sûrement pas ! »

Je me lançai alors dans l’aventure de Robyn des bois.
2

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,