14. S.M. Ta culotte. C'est la règle.

il y a
2 min
3
lectures
0

Je ne suis qu'une plume. Je sens, toutes proportions gardées, une sororité profonde avec Dominique Aury (Pauline Réage), âme pleine d'un délire qui nous a offert "Histoire d'O". Je veux partage  [+]

Elle a disparu du cadre. Elle avance invisible. Je n’entends plus que des crissements sur les graviers. Elle approche, ne m’apparaît qu’au moment d’ouvrir la grille, lorsqu’elle se retrouve sous le même éclairage que moi.
- Coralie ? fait-elle sur un ton qui ne permet de distinguer ni hostilité, ni chaleur, présumant que ce ne peut être que moi.
- C’est bien ici que...
- Mais oui.
Là, je la sens agacée. J’en perds mes moyens.
- Envel est là ?
- Pas seulement. Moi c’est Barbara.
- Coralie, répété-je, me montrant plus que bête à vouloir être polie.
- C’est bon. Tu as de la chance. T’as toute une cours pour toi, prête à faire la queue pour goûter ton cul & te prendre tout ce que t’as à offrir.
Ses mots m’ont tétanisée, même si je suis moi-même capable de faire montre d’une lourdeur tout aussi scandaleuse. Mais combien ils sont là-dedans, je me suis demandée ? J’ai eu comme une vision. Je me suis persuadée que j’allais franchir le perron en trouvant une vingtaine de mecs en rut, prêts à me sauter dessus & me culbuter non-stop jusqu’au matin. Je refréné mes pensées sombres d’un court & énergique soupir, libérant un petit nuage qui atteint la poitrine de Barbara. Envel a raison. Je devrais arrêter les films X. Ca n’amène pas que des bons trips.
Mon corps a fait un pas en arrière, mais j’ai senti frémir mon sexe. Il semble me dire : ne t’enfuis pas, surtout pas.
J’entre dans le parc. Barbara ou Barbarella nous enferme. Elle glisse la grosse clef, froide comme le givre, entre ses seins avant de s’adosser à la grille. Pas frileuse. Elle m’épate. Quel âge a-t-elle ? Vingt-trois, vingt-quatre ans ? Ses mèches de devant brouillent son visage de marbre. Elle est trop belle, possède tout ce qui me manque. Qu’est-ce qu’elle fait là ? C’est notre chaperon ?
J’ai hâte de me mettre à l’abri, mais la femme prend son temps. Elle me fait un peu peur. La peur m’excite. Entre ses cuisses, la fermeture Eclair brille. Elle a des reflets d’argent & l’allure d’une mâchoire close. Barbara irradie tout ce qui peut faire une femme inflexible. N’aurait-elle pour unique projet que de me mordre dans le cou & me vider ? Finirai-je la nuit & ma vie dans ses bras ?
Elle tend sa main noire brillant de Catwoman.
- Tu dois me confier ta culotte. Plus de culotte. C’est la règle.
- Il y en a encore d’autres des comme ça ?
- Ta culotte, s’il te plaît.
Grelotant, incapable de réfléchir, je soulève ma robe & fais glisser mon slip de dentelle noir, le plus beau que j’ai du plus beau de mes ensembles de lingerie. Barbara l’enroule en le torsadant & en faisant des boucles autours de son poignet comme pour un chouchou.
- Tu en as un de rechange ?
- Non. Je n’ai que ça & ce que je porte.
- Dans ton sac ?
- Ma trousse de toilette, du maquillage.
Je ne vois plus son visage. Pourquoi fait-elle le pied de grue, là sous la tempête ? Je me sens jugée, mesurée, classée, méprisée. Le vent m’étourdit & me pétrifie. De grosses gouttes d’eau, catapultées du haut des branches des tamaris par une bourrasque, éclatent sur mes épaules, me piquent les mollets. Bon sang ! Qu’est-ce que j’ai froid ! Qu’est-ce qu’elle attend pour me faire entrer, cette conne ? Que je sois totalement engourdie & toute mauve & que je ressemble à un chat sorti de l’eau une fois devant Envel ?
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

Miroir déformant

Manigaut

Bien musclé. C’est toujours le premier critère que j’entre. Presque gros tellement les muscles jaillissent. Muet, taquin, mais pas prétentieux dans son regard. Couleur des yeux aléatoire... [+]

Nouvelles

La Bretagne

Wynn

15 août 1606, Combrit, Bretagne, dans un champ de blé
La terre est lourde, le soleil cogne contre sa nuque. Encore et toujours, inlassablement, dans cet immense champ. C’est... [+]