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Petit lecteur et écrivain du dimanche (et encore, ceux de vacances!). N'hésitez pas à me faire part de vos ressentis! :)

Image de Prix 11-19 - 2020
Image de 15-19 ans

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On ne maîtrise pas tout dans une vie. Certaines choses nous paraissent surnaturelles. On se plaît à se croire au-delà de tout, heureusement la vie nous réattribue bien souvent nos places de simples spectateurs dans l’indifférence générale. Alors on accepte ce surnaturel, on ne tente plus de le contrôler inutilement : c’est ainsi qu’il s’installe dans nos quotidiens. C’est mon cas. J’ai vécu une expérience dont je n’arrive pas à comprendre la rationalité ; je pense ne jamais pouvoir être capable de tirer ne serait-ce un souffle de sens à mon épreuve, j’ai arrêté de chercher la possibilité d’une telle trouvaille. Il me semble plus raisonnable de vous narrer ce qui m’est arrivé :
Etant à la tête d’une start-up en agglomération parisienne, je participe régulièrement à des rencontres entre spécialistes et à des conférences techniques. Ce jeudi 12 Septembre, alors que j’allais présider une conférence préparée depuis fort longtemps, je restai emprisonné sous la toute-puissance de Morphée cette matinée. Je me réveillai en sueur et sursaut lorsque je vis l’heure déjà tournée. Non sans cascades, je me précipitai vers ma voiture en oubliant de m’excuser par écrits téléphoniques à mon auditoire. Quelle fut ma stupéfaction en remarquant mon carport vide ! Furieux, je pensai à une bande de banlieusards, ils m’ont déjà cambriolé, je ne serais pas surpris que ce soit eux qui m’aient volé ma voiture. Soit. Je courus en cravate désajustée et l’estomac vide jusqu’à la ligne de métro quelques kilomètres plus loin. Arrivé à notre station, je peinai à entrer : tous les éclairages et écrans étaient éteints. Au comble de l’infortune, je dévisage les rues aux alentours : je ne vis personne. Réellement personne. Je n’y avais pas prêté attention à mon aller, mais être dans une avenue piétonne vide à Paris me déboussola au plus haut point. Je sortis mon téléphone de ma poche, et n’arrivai pas à l’allumer. Je venais pourtant de me l’offrir il y a quelques semaines à peine. Je sens comme une ambiance pesante. Les rues désertes, le métro vide, les appareils électroniques tous en panne, sans compter ma voiture volée... Je n’arrive plus à me persuader que ce ne sont que des coïncidences. Et, je ne sais pourquoi, peut-être à cause de mon cerveau en ébullition, de la vue de cette ville déserte ou bien encore de ma conférence ratée je me mis à déglutir en pleine zone piétonne, m’allongeai sur le sol légèrement réchauffé par le soleil matinal et fermai les yeux.
Je me réveille en sursaut, dégoulinant de sueur, regarde mon téléphone et vois :
JEUDI 12 SEPTEMBRE
10H34


Je suis en retard.
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