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poésie 99LECTURES

Étant à une fenêtre

Étant à une fenêtre, le 14 août 1859, – Paris

DÉDIÉ

À L’EMPEREUR DES FRANÇAIS


Avant que le soleil ait brillé dans l’espace
Une foule est levée en immense géant ;
De partout elle accourt.... elle veut prendre place....
Et lorsqu’elle l’a prise, elle a son œil béant.
Noble instinct d’un grand peuple acclamé par les autres,
Jamais mieux ton essor ne sut se diriger :
Vois ! canons et drapeaux pris, conquis par les nôtres,
Par des frères vainqueurs sans vouloir se venger.

Mais hélas ! il nous faut pleurer, comme sourire
À cette armée en fête, à tous ces cœurs présents ;
Regardons ce spectacle, impossible à décrire....
Mais n’oublions pas ceux qui manquent dans les rangs.

Venez, vaillants soldats, retrouver votre mère, –
Celle que vous quittez – la Gloire – a bien des maux ;
Si ses baisers sont doux, sa voix est trop amère,
Car il vient toujours du sang et des tombeaux.

Passez, braves, passez ! notre âme vous salue !
Notre âme vous admire au repos comme au feu :
Vous tous, vous ressemblez aux aigles dans la nue,
Avec votre Empereur, – Paris, la France et Dieu !

. . . . . . . . . . . . . . .

Il fallait un bouquet d’odeur majestueuse....
L’amnistie a paru.... regards calmes, cléments,
Pour dire aux égarés : « Rentrez, je suis heureuse,
« Je vous ouvre la porte, oui, grâce, mes enfants. »
Proscrits, montez alors à la plus haute cime
De la reconnaissance, – et que dès aujourd’hui,
Votre front soit courbé devant l’œuvre sublime
Du cœur si généreux qui vous rappelle à lui.