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La Russie

J’apporte à ton amour le chant tendre et rêveur
De cette Muse slave
Qui de neige vêtue, et du feu plein le cœur,
Est comme un lac d’argent où ruisselle la lave.

Je viens pour allumer ma lampe, faible encor,
À la torche superbe
Qui dès l’aube des temps luit sur le livre d’or
Où de l’humanité s’est illustré le Verbe !

Je verserai ma sève et tout mon jeune sang.
Dans tes veines lassées,
Mais que n’a su tarir le combat incessant
Que tu livras, Guerrière, aux erreurs hérissées !

Fais jaillir hors des deuils, au cri de mes coursiers,
L’éclair de ton épée,
Et dans le pur torrent des polaires glaciers
Plonge de ton beau corps la vigueur retrempée !

Car mon bras patient est prêt à te venger,
Mère, dans ta souffrance ;
Mon cœur fort pour ton cœur n’est pas un étranger :
De ton lait, de tes pleurs, je suis nourrie, ô France ! »