François Coppée

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Théodore de Banville fut un ami intime de Charles Baudelaire, de Victor Hugo et de Théophile Gautier. Surnommé « le poète du bonheur », ses vers sont travaillés à l'extrême et tendent à la  [+]

Ce poète a un profil digne d’être gravé sur une médaille, car avant qu’il ait atteint sa trentième année, la Pensée, qui visiblement habite son front large et bien construit, et la bonne déesse Pauvreté qui fut sa première nourrice, lui ont donné des traits arrêtés à un âge où on n’en a pas encore. Il est d’ailleurs en bronze florentin, comme le Chanteur sculpté qu’il lui a plu d’animer dans Le Passant, et ce teint brun avive le gris bleu de ses yeux résolus et caressants, bien encadrés par l’arcade des sourcils. Le même hâle couvrait le maigre visage du Premier Consul, à qui Coppée aurait ressemblé, s’il l’avait voulu ; mais avec la délicatesse d’un lyrique dont l’âme répugne à toute allusion trop attendue, il a résolument coupé ses longs cheveux droits, pour éviter ce lieu commun. Le nez un peu fort, aux arêtes accentuées, aurait occupé Grandville, qui, à toute force, voulait trouver dans chaque homme la ressemblance d’un animal, car il aurait évoqué dans son cerveau l’idée d’un svelte et fringant cheval arabe. Le visage de François Coppée est vraiment ovale, ce qui est plus rare qu’on ne pense, et sa bouche bien dessinée et charmante est tout à fait celle du jeune homme qui parle une langue harmonieuse. Sa tête presque toujours inclinée en avant, a en général une expression triste, que parfois éclaire et déchire, en dépit de tout, le confiant sourire de la jeunesse, et pour dernier trait, j’ajouterais, si ce n’était abuser même des privilèges excessifs de l’hypothèse, qu’en le regardant silencieux, je songe irrésistiblement aux quatrains adressés en 1829 à Ulric G. par Alfred de Musset : Toi si plein, front pâli, etc., et pour trancher le mot, il a, en 1873 ! quoique avec la simplicité et la tenue élégante d’un parfait gentleman, quelque chose de foncièrement romantique !

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