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poésie 327LECTURES

Fragments

Je t'aimais, Atthis, autrefois...

... Tu m'oublies...

... À moins que tu n'aimes un autre mortel plus que moi.

Quelle paysanne te charme le cœur, qui ne sait pas relever sa robe sur ses chevilles ?

Atthis, ma pensée t'est haïssable, et tu fuis vers Androméda.

Pour Androméda, elle a une belle récompense.



Les étoiles autour de la belle lune voilent aussitôt leur clair visage lorsque, dans son plein, elle illumine la terre de lueurs d'argent.
Voici maintenant ce que je chanterai bellement afin de plaire à mes maîtresses.


Car ceux à qui je fais du bien, ceux-là m'outragent le plus.

Pour moi, je n'ai pas de ressentiment, mais j'ai l'âme sereine.

Ô belle, ô gracieuse...

Pour toi je répandrai sur l'autel le lait d'une chèvre blanche... et pour toi je ferai une libation...

Vous n'êtes rien pour moi.

Vers moi tout récemment l'Aube aux sandales d'or...

Mon souci...

Et je regrette et je cherche...

... qui me firent glorieuses en me donnant leur travaux.

Dors sur le sein de ta tendre maîtresse.

Envers vous, belles, ma pensée n'est point changeante.

Viens, Déesse de Kuprôs, et verse délicatement dans les coupes d'or le nektar mélé de joies.

... quant à mon sanglot : et que les vents orageux l'emportent pour les souffrances.

Et certes j'ai couché dans un songe avec la fille de Kuprôs.

La lune paraissait dans son plein, et les femmes se tinrent debout, comme autour d'un autel.

Telle une douce pomme rougie à l'extrémité de la branche, à l'extrémité lointaine : les cueilleurs de fruits l'ont oubliée ou, plutôt, ils ne l'ont pas oubliée, mais ils n'ont pu l'atteindre.

Ô soir, toi qui ramènes tout ce que le lumineux matin a dispersé, tu ramènes la brebis, tu ramènes la chèvre, tu ramènes l'enfant à sa mère.

Pourquoi, fille de Pandion, aimable hirondelle, me... ?

Le messager du printemps, le rossignol à la douce voix...

Mais Arès proclame qu'il entraînera Héphaistos par la force.

Pour moi, ni miel ni abeille...

Viens, écaille divine, et pour moi deviens harmonieuse.

L'être qui est beau à voir est bon, et l'être qui est bon, par là même, deviendra beau.

Je t'ai envoyé des voiles de pourpre pour ton giron... et tu les mépriseras : je t'ai envoyé de Phocée des présents précieux pour ton giron.

Je crois qu'une vierge aussi sage que toi ne verra dans aucun temps la lumière du soleil.

Je crois avoir reçu une bonne part dans les présents des Muses tisseuses de violettes.

Si Kupros ou Paphos ou Panormos te...

Pour moi, ce qu'on désire, je...

Et ceci, j'en ai moi-même conscience.

Pendant que vous le voulez...

Inscription à la base d'une statue :
Vierge, quoique muette, je réponds à qui m'interroge par ces inlassables paroles déposées à mes pieds : « À Aithopia, fille de Latô, je fus consacrée par Arista, fille d'Hermokleidès, fils de Saonais, Arista, ta servante, ô souveraine des femmes ! Daigne lui sourire et, bienveillante, donne la gloire à notre race. »

Latô et Nioba étaient de très tendres compagnes.

Puissé-je, Aphrodita couronnée d'or, atteindre cette récompense !

Ses pieds étaient cachés par une bandelette brodée de mille couleurs, d'un beau travail de Lydie.

... Toi et l'Érôs, mon serviteur...

Je n'espère point toucher le ciel de mes deux bras étendus.

Au-dessus de la tombe du pêcheur Pélagôn, son père Méniskos plaça la masse et la rame, en souvenir d'une vie infortunée.

Psappha, pourquoi la bienheureuse Aphrodita... ?

Venez maintenant, Grâces délicates et Muses aux beaux cheveux.

Tu me semblais une enfant petite et sans grâce.

Quand, pendant toute la nuit, il s'empare d'eux...

Leur cœur devint froid et leurs ailes retombèrent.

Et les pois d'or fleurissaient sur les rives.



(traduction: Renée Vivien)