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poésie 82LECTURES

Sur les femmes

Loin de fuir les chemins du vulgaire grossier,
Je cherche maintenant l'eau sale du bourbier.
L'homme bien né doit-il d'une épouse fidèle
Gagner les serviteurs pour arriver près d'elle ;
Savoir d'eux quel endroit elle foule à présent ;
Le lieu qui la reçoit, à quelle heure et comment ?
Elle écrit. Ces travaux d'Hercule, dont la fable
Entretient, offrent-ils un succès raisonnable !
D'un farouche gardien le regard vous poursuit ;
Surpris, on peut gagner un immonde réduit.
C'est le prix d'une nuit dans une année entière.
Malheur à qui se peut dans ces obstacles plaire !

La femme court-vêtue à mon cœur sied bien mieux,
Qui, libre, va, revient, sans nul garde ennuyeux.
La fange du chemin de son pied prend la trace,
Mais à tout postulant elle s'offre avec grâce,
Et ne demande pas dans son empressement
Ce que d'un père avare on obtient rarement.
Elle ne dira pas : « J'ai peur, je t'en supplie,
Mon époux va rentrer ; pars vite, je te prie ».
Je fuirai les larcins d'un lit trop vertueux.
Les filles de l'Euphrate auront seules mes vœux,
Puisqu'il n'est aux amants d'autre liberté pleine,
Et que vouloir aimer, c'est se mettre à la chaîne.