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Sur l'amour

Sans nul doute ce fut un artiste excellent
Qui figura l'Amour sous les traits d'un enfant
Le premier il comprit que, prodiguant leur vie.
Les amants aux vrais biens préfèrent leur folie.
Il fit bien de donner des ailes à ce dieu
Dont le cœur, quoique humain, ne s'arrête en nul lieu,
Faisant voir que, jouet d'une onde fugitive,
L'homme ne peut jamais se fixer sur la rive.
Il mit avec raison des flèches dans ses mains,
Plus un double carquois au-dessus de ses reins,
Indiquant qu'invisible et toujours intraitable,
L'Amour surprend et fait une plaie incurable.

Oh ! l'Amour a perdu ses ailes ; car ses traits,
Son image, ses yeux ne me quittent jamais.
Contre moi, sans repos, s'exerce son empire ;
Son combat incessant défend que je respire...
Quel plaisir de m'avoir comme ton but toujours !
Dirige ailleurs tes coups ; va, trop cruel Amour,
Contre un cœur insensible essayer ta puissance.
Je ne suis plus qu'une ombre, une ruine immense.
Quoique faibles, mes vers ont de puissants effets.
Si je meurs, qui pourra célébrer désormais
La tête, les yeux noirs, les doigts de ma maîtresse,
Son pied mignon portant son corps plein de souplesse.