À Bassus

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Le nom de ce poète latin reste attaché au genre de l'élégie. Il laisse derrière lui quatre livres ayant pour source d'inspiration une femme, Cynthia. On ne connaît vraiment Properce qu'à  [+]

Bassus, c'est pour éteindre ou ralentir mes flammes
Que tu viens m'exalter autant de belles femmes !
De grâce, laisse-moi, fidèle en mes amours,
Sous un joug qui me plaît, couler en paix mes jours.
Porte au ciel, tu le peux, la fille de Nictée,
Hermione dans Sparte ainsi qu'elle vantée.
Ces astres adorés dans les siècles passés,
Quels qu'ils soient, seront tous par Cynthie effacés,
Et, honte à qui voudrait mettre, en sa hardiesse,
De communes beautés plus haut que ma maîtresse !

Son visage est le moindre aliment de mes feux,
Car elle a des trésors plus faits pour rendre heureux,
Un beau corps, la pudeur qui voile tout son être,
Et, des charmes secrets que, seul, je puis connaître.
Aussi plus tes efforts sont nombreux et puissants,
Plus tu grandis, Bassus, la foi de nos serments.
Un châtiment fameux suivra cette infamie ;
Tu trouveras en face une ardente ennemie,
Qui, d'un si grand forfait gardant le souvenir,
En m'éloignant de toi, saura bien te punir.
Chaque jeune Romaine, aidant à sa vengeance,
Fermera devant toi la porte à la clémence ;
Nul temple, nul endroit accessible à ses pleurs,
Qui ne soit contre toi hanté dans ses fureurs,
Car perdre mon amour, vivre sans ma tendresse,
Serait pour ma Cynthie un excès de tristesse.
Ah ! puissé-je toujours, dans ses embrassements,
Ignorer l'abandon et les chagrins cuisants !
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