Je fumais tout en mon fort soupirer

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Pontus de Tyard publie à Lyon, chez Jean de Tournes, ses Erreurs amoureuses. C'est un recueil de sonnets adressé à une dame nommée Pasithée – « la toute divine ». Femme réelle ou fictive ... [+]

Je fumais tout en mon fort soupirer,
Si chaudement, que le froid de son coeur
Se distilla ; et l'ardente vigueur
Lui fit d'Amour un soupir respirer.

Mes yeux aussi, coutumiers d'attirer
A leurs ruisseaux tant de triste liqueur,
Amollissaient toute dure rigueur,
Dont me soulait ma dame martyrer.

Quand comme émue au soin de mon souci,
Me bienheurant de piteuse merci,
Merci, fin seule à mes dolents ennuis,

" Ami, dit-elle en visage amoureux,
Je mettrai fin à tes jours langoureux,
Pour commencer tes bienheureuses nuits. "

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