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poésie 407LECTURES

La petite fée

Enfants, il était une fois
Une fée appelée Urgande,
Grande à peine de quatre doigts,
Mais de bonté vraiment bien grande.
De sa baguette un ou deux coups
Donnaient félicité parfaite.
Ah ! bonne fée, enseignez-nous
Où vous cachez votre baguette !

Dans une conque de saphir,
De huit papillons attelée,
Elle passait comme un zéphir,
Et la terre étoit consolée.
Les raisins mûrissaient plus doux ;
Chaque moisson était complète.
Ah ! bonne fée, enseignez-nous
Où vous cachez votre baguette !

C’était la marraine d’un roi
Dont elle créait les ministres ;
Braves gens, soumis à la loi,
Qui laissaient voir dans leurs registres.
Du bercail ils chassaient les loups
Sans abuser de la houlette.
Ah ! bonne fée, enseignez-nous
Où vous cachez votre baguette !

Les juges, sous ce roi puissant,
étaient l’organe de la fée ;
Et par eux jamais l’innocent
Ne voyait sa plainte étouffée.
Jamais pour l’erreur à genoux
La clémence n’était muette.
Ah ! bonne fée, enseignez-nous
Où vous cachez votre baguette !

Pour que son filleul fût béni,
Elle avait touché sa couronne ;
Il voyait tout son peuple uni,
Prêt à mourir pour sa personne.
S’il venait des voisins jaloux,
On les forçait à la retraite.
Ah ! bonne fée, enseignez-nous
Où vous cachez votre baguette !

Dans un beau palais de cristal,
Hélas ! Urgande est retirée.
En Amérique tout va mal ;
Au plus fort l’Asie est livrée.
Nous éprouvons un sort plus doux ;
Mais pourtant si bien qu’on nous traite,
Ah ! bonne fée, enseignez-nous
Où vous cachez votre baguette !