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poésie 105LECTURES

Tu as décoloré, ô Mort, le plus beau visage qui se vit jamais

Tu as décoloré, ô Mort, le plus beau visage qui se vit jamais, et éteint les plus beaux yeux ; tu as délié du nœud le plus charmant et le plus beau, l’esprit le plus enflammé d’ardentes vertus.
En un instant, tu m’as ravi tout mon bien ; tu as imposé silence aux plus suaves accents qui jamais s’entendirent, et moi, tu m’as rempli de gémissements. Tout ce que je vois m’est un ennui, comme tout ce que j’écoute.
Ma Dame revient bien – guidée qu’elle est par la piété – consoler tant de douleurs ; et je ne trouve pas d’autre secours en cette vie.
Et si je pouvais redire comment elle parle et comment elle brille, j’enflammerais d’amour, je ne dirai pas un cœur d’homme, mais un cœur de tigre ou d’ours.