Temps de lecture
1
min
poésie 173LECTURES

Heureux en songe, et content de languir

Heureux en songe, et content de languir, d’embrasser l’ombre et de courir après le vent, je nage dans une mer qui n’a ni fond ni rivage, je laboure l’eau, je bâtis sur le sable, et j’écris au vent.
Je me plais tellement à contempler le soleil, qu’il a déjà, par sa splendeur, éteint ma puissance visuelle : et je chasse une biche errante et fugitive monté sur un bœuf boiteux, malade et lent.
Aveugle, et fatigué pour toute autre chose que pour courir à mon propre dommage que je cherche jour et nuit le cœur palpitant, j’appelle uniquement Amour, ma Dame et la Mort.
Ainsi pendant vingt ans – lourd et long martyre ! – je n’ai connu que les larmes, les soupirs et la douleur, tellement m’a été fatale l’étoile où j’ai mordu à l’appât et à l’hameçon.