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poésie 58LECTURES

D’ordinaire je m’accuse

D’ordinaire je m’accuse ; et maintenant je m’excuse, ou plutôt je me glorifie, m’en tenant pour beaucoup plus estimable, de l’honnête prison où j’ai été, de la blessure, à la fois douce et amère, que j’ai gardée cachée autrefois pendant de nombreuses années.
Envieuses Parques, comme vous avez promptement brisé le fuseau qui dévidait un fil doux et brillant à mon lien, ainsi que cette flèche dorée et rare qui me rendit la mort plus plaisante qu’elle n’est d’habitude !
Car jamais, au temps de Laure, il n’y eut d’âme si avide d’allégresse, de liberté et de vie, qui ne changeât sa nature et ses habitudes,
Aimant mieux gémir sans cesse pour elle, que chanter pour toute autre, et satisfaite de mourir d’une telle blessure, et de vivre en un tel lien.