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Sur la mort du perroquet qu'il avait donné à sa maîtresse

Atteint, dit-on, près de mille ans.
Et lui meurt, cet écho de toute voix humaine,
Ce perroquet, don d’outre-mer I
Presque toujours les bons vont droit au noir domaine :
Aux méchants un sort moins amer !
Protésilas succombe, enterré par Thersite ;
Hector est cendre, et Paris vit !
Nos doubles vœux pour toi, faut-il que je les cite ?
Le Notus au loin les ravit...
Vint le septième jour, un jour sans autre aurore ;
La mort t’enfonçait son épieu :
Ta langue cependant s’agita, brave encore ;
Mourant, tu dis : « Corinne, adieu ! »

Il est, dans l’Élysée, un coteau plein de chênes,
De mousse et de convolvulus :
Là, les oiseaux décents résident ; les obscènes,
Selon la Fable, en sont exclus.
C’est le séjour béni des cygnes pacifiques,
Du Phénix, seul s’éternisant ;.
Les paons y vont cerclés de leurs plumes magiques,
Et les pigeons s’entre-baisant.
Notre héros, admis dans ce lieu d’allégresse,
En charme les hôtes pieux.
Ses os, à leur mesure, un blanc tombeau les presse ;
On y lit ces vers gracieux :
« Ce marbre dit combien je plus à ma maîtresse ;
Nul oiseau ne pérorait mieux. »