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poésie 87LECTURES

Sa joie d'avoir enfin possédé Corinne

Viens décorer mon front, couronne triomphale !
Je suis vainqueur : elle est à moi,
Malgré mari, gardien, verrous, sujets d’effroi,
Cette Corinne sans égale !
Le triomphe, avant tout digne d’être chanté,
Est celui qu’aucun sang n’arrose.
Je n’ai pas pris d’assaut quelque porte mal close,
D’humbles murs, mais une beauté.
Atride, après dix ans, quand succomba Pergame,
Quelle fut ta part de succès ?
Le mien est personnel, défiant tout procès ;
Point d’aide jaloux qui l’entame.
Chef et soldat ensemble, à mes fins j’arrivai :
Cavalier, porte-aigle et vélite,
Le hasard n’a pas même appuyé mon mérite.
À moi donc, Triomphe rêvé !
Nuls conflits par mes mains, non ! L’Europe et l’Asie
Sans Hélène auraient eu la paix.
Une femme, un beau jour, des Centaures épais
À table arma la frénésie.
Une femme aux combats ramena les Troyens,
Bon Latinus, en ton royaume ;
Et toujours une femme, aux premiers temps de Rome,
Jeta Romains contre Sabins.
J’ai vu de vifs taureaux lutter pour leur génisse
Qui, l’air calme, les animait...
Moi-même, Cupidon à combattre m’admet,
Mais sans meurtres, dans sa milice.