Prière à Isis, pour Corinne enceinte

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Avec Virgile, Ovide est l'auteur latin le plus traduit depuis le Moyen Âge. Homme des Métamorphoses et de l'Art d'aimer, ses textes sont la somme de tous les mythes, à la fois de l'imaginaire  [+]

En voulant dans son sein étouffer un doux germe
Corinne est au seuil du tombeau.
Pareil tour méritait mon courroux bel et beau,
La crainte au courroux met un terme.
Pourtant j’enflai sa taille, ou du moins je le crois,
Souvent je crois ce qui peut être.
Isis, toi qui chéris Canope la champêtre,
Memphis, Pharos aux palmiers droits,
Enfin Parétonie et les champs que féconde
Le Nil sept fois bu par Téthys,
J’en adjure ton sistre et le front d’Anubis,
(Et qu’Osire ainsi te seconde
À jamais ; sur tes dons que veille le Serpent,
Puis, qu’avec pompe Apis s’avance) :
Tourne ici tes regards, fais double délivrance ;
La sauver, au Styx me reprend.
Bien souvent tu la vis, dans tes fêtes, se joindre
À ton cortège glorieux.
Et toi, qu’attend l’épouse, aux jours laborieux,
Quand son fruit caché tarde à poindre,
Ilithye, oh ! sers-moi, souris à mes appels :
Elle vaut que tu la défendes !
Alors, vêtu de blanc, d’encens pur et d’offrandes
J’irai parfumer tes autels.
Mon vœu dira – : « Nason pour Corinne sauvée ! »
Seulement daigne y donner lieu.
Vous, mon cœur, si je puis, tremblant, gronder un peu,
Plus d’autre atteinte réprouvée !
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