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poésie 76LECTURES

Ovide prie Napé de porter un billet doux à Corinne

Toi dont le peigne excelle à parer ta maîtresse,
Toi, sa confidente, Napé,
Si propice aux bons tours d’une amoureuse ivresse,
Billets remis, mari trompé ;
Qui souvent m’amenas Corinne encor rebelle,
Toi, mon salut dans mes tourments :
Prends ces tablettes, va les porter à ma belle ;
Triomphe des empêchements.
Un cœur de roc, d’airain, ne fut pas ton partage ;
Les préjugés sont nuls pour toi.
Cupidon dans ses rangs dut te compter, je gage :
Défends donc ta bannière en moi.
Ah ! dis-lui que l’espoir d’une nuit me ravive !
Sous ce pli le reste est noté.
Mais l’heure fuit.. remets au plus tôt ma missive ;
Fais qu’on me lise en sûreté.
Remarque alors ses yeux, observe son visage ;
Il peut parler, quoique muet.
Obtiens d’elle en retour une brûlante page :
J’exècre un court et froid billet.
Qu’elle serre les mots, que son âme s’épanche
Dans le plus long des entretiens.
Mais pourquoi du stylet fatiguer sa main blanche ?
Il me suffit d’un seul mot : « Viens. »
Et pour Vénus alors je fleuris mes tablettes,
Et, dans son temple, au bas j’écris :
« Vénus, de mon bonheur à toi ces interprètes,
Naguère encor feuillets sans prix. »