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poésie 147LECTURES

Jouissance

Un soleil dévorant de midi marquait l’heure,
Sur mon lit j’étais mollement.
Grâce aux volets mi-clos, le jour dans ma demeure
Comme aux bois filtrait doucement.
On aurait dit des soirs le tendre crépuscule.
L’aube pâle, quand meurt la nuit.
Aux timides beautés dont la pudeur recule
Il faut ce jour qui les séduit.
Corinne m’apparut, tunique retroussée,
Cou d’albâtre, cheveux flottants :
Telle Sémiramis, si belle au gynécée,
Ou Laïs, chère à tant d’amants.
J’arrachai sa tunique, un obstacle bien frêle
Qu’elle essaya de ressaisir ;
Mais, tout en disputant, la charmante rebelle
Se laissa vaincre avec plaisir.
Quand elle s’offrit nue à mon regard avide,
Son corps sans tache m’éblouit
Quels bras je caressai ! quelle gorge splendide
À mes baisers s’épanouit !
Oh ! le ventre poli sous sa ferme poitrine !
La jeune cuisse ! les beaux flancs !
Que vous dirai-je ? en tout excellait ma Corinne ;
Et nul voile dans nos élans !
Le repos eut son tour... la cause, on la devine.
Ah ! revenez, midis galants !