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Ingénieux parallèle de la guerre et de l'amour

L’Amour est général, les amants sont soldats :
Atticus, vrai, tous font la guerre.
Vénus veut la jeunesse au dieu Mars nécessaire ;
Fi des vieillards pour leurs combats !
L’âge qu’un chef demande en un guerrier modèle,
Femme l’exige d’un amant.
Tous deux veillant, tous deux reposent durement ;
L’un garde un camp, l’autre sa belle.
Sans trêve un soldat marche. Exilez ses amours,
Pour les suivre, cœur intrépide,
L’amant franchira tout, monts et torrent rapide
Dont l’avalanche enfle le cours.
Il ne saurait attendre une saison choisie,
Des zéphyrs pour passer les mers.
Qui donc, si ce n’est eux, bravera les hivers,
L’eau du ciel, la neige épaissie ?
L’un vers les ennemis s’avance en éclaireur ;
Fâcheux rivaux, l’autre vous guette.
L’un assiège des tours, l’autre d’une coquette
Brise la porte avec fureur.

Victime du sommeil, souvent une milice
Tombe immolée, au sein des nuits :
Ainsi du roi Rhésus les corps furent détruits,
Et ses coursiers captifs d’Ulysse.
Un malheur analogue atteint l’époux qui dort ;
L’amant vers lui tourne ses armes.
Enfin, ruser sans cesse et vous nourrir d’alarmes,
Guerriers, amants, c’est votre sort.

Mars trahit, Vénus trompe. Un vaincu se relève ;
Le plus fort succombe à son tour.
De sentiment oisif ne traitez plus l’amour ;
Tout noble cœur lui doit sa sève.
Du rapt de Briséis gronde Achille en courroux ;
Troyens qu’il fuit, pressez l’attaque.