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poésie 71LECTURES

Il maudit les tablettes qui lui rapportaient la réponse négative de sa maîtresse

Plaignez-moi. Sa réponse est triste. Elle m’apporte
Ces seuls mots : « Impossible, hélas ! »
Les présages sont vrais : tantôt, près de ma porte,
J’ai vu Napé faire un faux pas.
Une autre fois, Napé, sois sobre et cours moins vite ;
D’un pied plus sûr quitte mon seuil.
Vous, tablettes, fuyez ! Dehors, cire maudite,
Cire où se grave un tel accueil !
Une abeille de Corse, en quête de ciguë,
Te forma d’un miel repoussant.
Au riant vermillon ta couleur semblait due ;
Erreur ! ce rouge était du sang.
Va donc aux carrefours, bois nul, bois misérable !
Qu’un char t’écrase au coin d’un mur !
Qui, pour te façonner, t’enleva de l’érable,
Des deux mains certe était impur.
Cet arbre à des pendus fournit un appui sombre ;
Il fournit des croix aux bourreaux.
Le vautour, le hibou nichèrent sous son ombre ;
L’orfraie habita ses rameaux.
Et j’ai pu confier mes vœux à sa dépouille,
La charger de propos d’amour !
Ah ! mieux lui convenaient les phrases que barbouille
Un juge hostile, à l’esprit lourd ;
Ou bien les vils calculs de l’avare, au supplice
Quand un as manque à son total.
Doubles l’on vous nomma, tablettes ; c’est justice :
Ce nombre, au reste, était fatal.
Pour mon dernier souhait, que certaine immondice
Vous entraîne à l’égout final !