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poésie 48LECTURES

Dormez-vous encor, paroissiens ?

Dormez-vous encor, paroissiens,
hier n’est plus, les anges causent
dans leurs jardins de fleurs de roses,

et c’est matin villes en bleu,
villes en blanc, villes en Dieu,
avec les clochers au milieu

des maisons, des toits, des bâtisses,
des chapelles et des églises
et des oiseaux, haut, plein les cieux.

Or, ici, et plus près la terre,
voici oraisons et prières,
et baptême, mauvais et bons ;

puis c’est le ciel vu de la mer,
et les vaisseaux par le travers,
et le soleil par le milieu,

et lors le monde à son grand vœu,
et lors, au loin, toujours la mer,
et puis, ici, sur les chemins,

mes bonnes villes familières,
où chacun a joie de sa pierre,
de sa maison et de ses saints.

Mais alors c’est vous tous les miens,
et dormez-vous ? car le temps passe
et le pêcheur est à ses nasses ;

mais alors c’est vous tous les miens,
et dormez-vous ? car le temps vient ;
or le boulanger cuit son pain,

et si sommeil vous est un bien,
voici passé le temps de grâce ;
dormez-vous encor, paroissiens ?