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poésie 194LECTURES

Sur un voisin insociable

Nonus est mon proche voisin,
Et ma maison est si près de la sienne
Que par la fenêtre, au matin,
Nous pourrions, sans beaucoup de peine,
Nous donner le bonjour et nous serrer la main.
Qui n'envierait cette bonne fortune,
Qui de nos deux maisons semble n'en faire qu'une,
Et qui permet que deux amis
A chaque instant soient réunis ?
Eh bien ! Terentius qui gouverne Siène,
Et, sur la plage égyptienne,
De Rome en ce moment fait respecter la loi,
N'est pas plus séparé de moi.
L'un à l'autre étrangers, pour le voir, pour l'entendre
Je ne sais plus bientôt comment m'y prendre ;
On n'est pas à la fois et plus près et plus loin.
Afin donc d'en finir, je crois qu'il est besoin
Que l'un de nous deux déménage,
Et qu'emportant avec lui son bagage,
Il cherche à l'écart quelque coin
Pour ne point voir Nonus de votre vie entière,
Faites-vous son voisin, ou bien son locataire.