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poésie 106LECTURES

Ne reprenez, Dames, si j’ay aymé

Ne reprenez, Dames, si j’ay aymé :
Si j’ay senti mile torches ardentes,
Mile travaus, mile douleurs mordentes :
Si en pleurant, j’ay mon tems consumé,

Las que mon nom n’en soit par vous blamé.
Si j’ay failli, les peines sont presentes,
N’aigrissez point leurs pointes violentes :
Mais estimez qu’Amour, à point nommé,

Sans votre ardeur d’un Vulcan excuser,
Sans la beauté d’Adonis acuser,
Pourra, s’il veut, plus vous rendre amoureuses :

En ayant moins que moy d’ocasion,
Et plus d’estrange et forte passion.
Et gardez vous d’estre plus malheureuses.