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conte 240LECTURES

Au jardin

LA BÊCHE. — Fac et spera.
LA PIOCHE. — Moi aussi.
LES FLEURS. — Fera-t-il soleil aujourd’hui ?
LE TOURNESOL. — Oui, si je veux.
L’ARROSOIR. — Pardon, si je veux, il pleuvra, j’ôte ma pomme, à torrents.
LE ROSIER. — Oh ! quel vent !
LE TUTEUR. — Je suis là.
LA FRAMBOISE. — Pourquoi les roses ont-elles des épines ? Ça ne se mange pas, une rose.
LA CARPE DU VIVIER. — Bien dit ! C’est parce qu’on me mange que je pique, moi, avec mes arêtes.
LE CHARDON. — Oui, mais trop tard.
LA ROSE. — Me trouves-tu belle ?
LE FRELON. — Il faudrait voir les dessous.
LA ROSE. — Entre.
L’ABEILLE. — Du courage ! Tout le monde me dit que je travaille bien. J’espère, à la fin du mois, passer chef de rayon.
LES VIOLETTES. — Nous sommes toutes officiers d’académie.
LES VIOLETTES BLANCHES. — Raison de plus pour être modestes, mes sœurs.
LE POIREAU. — Sans doute. Est-ce que je me vante ?
L’ÉPINARD. — C’est moi qui suis l’oseille.
L’OSEILLE. — Mais non, c’est moi.
L’ÉCHALOTE. — Oh ! que ça sent mauvais.
L’AIL. — Je parie que c’est encore l’œillet.
L’ASPERGE. — Mon petit doigt me dit tout.
LA POMME DE TERRE. — Je crois que je viens de faire mes petits.
LE POMMIER, au Poirier d’en face. — C’est ta poire, ta poire, ta poire... c’est ta poire que je voudrais produire.