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poésie 312LECTURES

Sonnet de Joachim du Bellay, à P. de Ronsard

Comme un torrent, qui s’enfle et renouvelle
Par le dégout des hauts sommets chenus,
Froissant et ponts et rivages connus,
Se fait, hautain une trace nouvelle :

Tes vers, Ronsard, qui par source immortelle
Du double mont sont en France venus,
Courent, hardis, par sentiers inconnus,
De même audace, et de carrière telle.

Heureuses sont tes nymphes vagabondes,
Gastine sainte, et heureuses tes ondes,
O petit Loir, honneur du Vendomois !

Ici le luth, qui naguère sur Loire
Soulait répondre au mouvoir de mes doigts,
Sacre le prix de sa plus grande gloire.