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Si l’aveugle fureur, qui cause les batailles

Si l’aveugle fureur, qui cause les batailles,
Des pareils animaux n’a les cœurs allumés,
Soit ceux qui vont courant ou soit les emplumés,
Ceux-là qui vont rampant ou les armés d’écailles :

Quelle ardente Erinnys de ses rouges tenailles
Vous pincetait les cœurs de rage envenimés,
Quand si cruellement l’un sur l’autre animés
Vous détrempiez le fer en vos propres entrailles ?

Était-ce point, Romains, votre cruel destin,
Ou quelque vieux péché qui d’un discord mutin
Exerçait contre vous sa vengeance éternelle ?

Ne permettant des dieux le juste jugement,
Vos murs ensanglantés par la main fraternelle
Se pouvoir assurer d’un ferme fondement.