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poésie 33LECTURES

Sonnet romain

La belle Julia languissamment s'étale
Sur les gradins du cirque, assise au premier rang,
Sans voir l'œil inquiet du Samnite mourant
Dont la vie est pendue à son doigt de vestale.

La vierge songe bien à la clameur brutale
De la plèbe, au vaincu qu'un vain espoir reprend !
Elle songe, rêveuse et le cœur soupirant,
Au beau prêtre de la Vénus orientale,

Au Syrien frisé qui sait les chants d'amour,
Et qui, le soir, marie aux sanglots du tambour
Sur un rhythme voilé sa voix chaude et lascive.

Et la vierge, qui sent tressaillir son sein nu,
Se ferait avec joie enterrer toute vive
Pour connaître par lui le mystère inconnu.