Sur Bacchus

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Les Satires d'Horace valent, entre autres, pour le répertoire de locutions et de formules qu'elles constituent. Sa langue, dense, parfois difficile, traduite fidèlement par le poète parnassien  [+]

Croyez-moi, hommes futurs, j’ai vu Bacchus, sous les roches écartées, enseignant des chansons, et les Nymphes attentives, et les oreilles pointues des Satyres aux pieds de chèvre.
Evoé ! mon âme frémit d’une terreur récente, et mon cœur se réjouit plein du trouble de Bacchus. Evoé ! épargne-moi, Liber ! épargne-moi ! ô redoutable par le thyrse lourd !
Je veux chanter les Thyiades furieuses, et la source du vin, et les ruisseaux qui débordent de lait, et le miel qui tombe et coule des troncs creux.
Je veux chanter les honneurs de l’épouse admise parmi les étoiles, et la chute terrible des toits écroulés de Pentheus et le désastre du Thrace Lycurgus.
Tu asservis les fleuves et la mer des Barbares ; ivre, sur les montagnes solitaires, tu noues d’un nœud de vipères obéissantes les cheveux des Bistonides.
Lorsque la bande impie des Géants montait à l’assaut du royaume de ton père, tu fis tourner le dos à Rhœtus avec tes ongles et ton horrible gueule de lion.
Bien qu’on te dise plus propre aux danses et aux jeux qu’à la guerre, tu étais fait pour la paix et pour le combat.
Quand Cerbérus te vit orné de ta corne d’or, remuant doucement la queue, tandis que tu te retirais, il lécha de sa triple langue tes pieds et tes jambes.
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