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poésie 163LECTURES

Lalagé

Elle ne peut porter encore le joug sur le cou, ni être accouplée pour le travail, ni subir le poids du taureau qui se rue pour l’amour.
L’esprit de ta génisse erre dans les vertes plaines ; maintenant elle se plaît à s’abriter, dans les fleuves, de l’ardente chaleur, et à bondir avec les veaux sous les saules humides.
Réprime ton désir de la grappe verte ; l’Automne colorera bientôt de pourpre les pâles raisins.
Lalagé te cherchera bientôt ; l’âge farouche s’enfuit et lui porte les années qu’il te ravit. Bientôt Lalagé, d’un front hardi, provoquera l’amant ;
Et elle sera plus aimée que la mobile Pholoé, ou que Chloris dont la blanche épaule brille comme la Lune claire sur la mer nocturne, ou que le Cnidien Gygès,
Lui qui, si tu le mêlais à un chœur de jeunes filles, tromperait les plus sagaces par ses cheveux dénoués, son sexe douteux et son visage équivoque.