Épode IX

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Les Satires d'Horace valent, entre autres, pour le répertoire de locutions et de formules qu'elles constituent. Sa langue, dense, parfois difficile, traduite fidèlement par le poète parnassien  [+]

La nef qui porte le fétide Mævius part sous de funèbres auspices. Auster, souviens-toi d’en battre de flots furieux l’un et l’autre flanc. Que le noir Eurus, tourmentant la mer, rompe les câbles et les avirons ! Que l’Aquilo se lève, autant que sur les hautes montagnes où il brise les chênes tremblants ! Que nul astre propice n’apparaisse dans la nuit noire là où tombe le morne Orion ! Qu’il soit emporté par une mer agitée, comme l’armée Graïenne victorieuse, quand Pallas détourna sa colère d’Ilios consumé sur la nef impie d’Ajax ! Oh ! quelle sueur inondera tes matelots ! Que ta pâleur sera livide ! Que de lamentations de femme et de prières à Jupiter qui te hait, quand le flot Ionien, en rugissant, aura fracassé ta carène ! Si, sur le rivage recourbé, tu réjouissais les oiseaux de mer de la grasse proie de ton corps, je sacrifierais un bouc lascif et une brebis aux Tempêtes !

(traduction: Leconte de Lisle)
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